■ *>, *.«? ■ ■ tf.) &M ï&. 7* m ;/3 1 (>à û{Âl CfU.L- S\ I >l NOUVEAUX ELEMENS DE BOTANIQUE ET DE PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. Sixième édition REVUE , CORRIGÉE ET AUGMENTÉE, DES CARACTERES DES FAMILLES NATURELLES DU RÈGNE VÉGÉTAL, Far Achille RICHARD , o. m. p. Professeur de Botanique à la faculté de Médecine de Paris, membre de l'Académie Royale des sciences, de l'Institut de France, de l'Académie Royale de Médecine, de la Société Philomalhique, de la Société de Chimie Médicale, de la Société d'Histoire naturelle de Paris, etc., ORNÉE DE 5 PLANCHES NOUVELLES GRAVÉES SUR ACIER , et de 105 gravures intercalées dans le texte, gravées sur bois par Andrew, Best cl Leloir. OUVRAGE ADOPTE PAR LE CONSEIL ROYAL DE L'INSTRUCTION PLBLIO.UE pour l'enseignement dans tous les établissemens de l'Université. NEW YORK BOTAN1CAL QARUEN. PARIS, BÉCHET JEUNE , LIBRAIRE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE Place de l'École-de-Medecine . I 1838. 12 $2 botamcal A M. 1.1-: it titov Benjamin JMiowrt, ASSOCIE LIBRE DE L'ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES l>K L'INSTITUT DE FRANCE. HOM1CAOZ DU PROFOND RESPECT ET DE LA RECONNAISSANCE DE L AUTEUR. *y{)('//ô//e 'Ajtc/t '{/?'(/. o> CD PREFACE DE LA SIXIÈME ÉDITION. Nous signalerons ici les principaux changemens que nous avons jugé convenable de faire pour améliorer autant que possible les Élemens de botanique et de physiologie végé- tale dont nous publions aujourd'hui la sixième édition. Depuis un certain nombre d'années l'anatomie végétale a été l'objet des travaux et des investigations d'un grand nombre de natura- listes, en Allemagne, en Angleterre et en France. Nous nous sommes livré nous-même à des recherches soignées et persévérantes sur les points les plus importansde cette partie de la science, et nous croyons avoir été assez heureux pour éelairer par des observations, souvent nouvelles, quelques uns des points obscurs de l'anatomie des végétaux. Il est telle page de notre livre qui est souvent le résultat de plusieurs mois de travail et de recherches microscopiques. Nous avons aussi joint à eette nouvelle édition quatre planches gravées en taille douce, propres à représenter les principales modifi- cations des tissus delà plante. Les figures, dessinées par nous et presque toujours d'après nature, nous ont paru indispensa- bles pour bien mettre sous les yeux du lecteur les détails sou- vent si minutieux de l'organisation élémentaire des végétaux. Un chapitre tout à fait nouveau traite spécialement de la distribution des végétaux à la surface de la terre ou de la géographie botanique, partie importante dans l'histoire des i acea végétales , et dont nous n'avions pas encore fait men- tion jusqu'ici. VIII PRÉFACE. Le nombre des familles dont nous donnons ici les ca- ractères eût été encore plus considérable , si nous eus- sions eu le dessein d'y faire entrer toutes celles qui ont été successivement proposées ou établies depuis la publi- cation du Gênera plantarum de M. de Jussieu. Mais non seulement nous avons réuni à d'autres familles déjà existantes un assez grand nombre de celles qui ont été nou- vellement proposées, mais nous avons aussi pensé que, dans un ouvrage élémentaire, nous pouvions, sans inconvénient , omettre quelques familles encore trop imparfaitement con- nues, soit dans leurs caractères généraux, soit dans les genres qui doivent les composer, soit enfin dans la place qu'elles doivent occuper dans la série des ordres naturels. Nous nous hâtons de faire cette remarque, afin que Ton ne nous accuse pas de n'avoir pas parlé dans cet ouvrage de plusieurs fa- milles récemment établies. Nous devons aussi dire un mot sur la réunion que nous avons cru devoir faire quelquefois de plusieurs familles en une seule. Dans l'état actuel de la science, nous pensons qu'il y a peut-être plus de réductions à faire dans le nombre des genres et des familles, qu'il n'y a lieu à multiplier ce nombre. Un coup d'œil rapide jeté en passant sur les phases de la botanique, depuis l'établissement de la méthode des familles naturelles, démontrera suffisamment cette vérité. Dans les premières années qui suivirent la publication du Gênera plantarum de M. de Jussieu, cet ouvrage, qui de nos jours est encore un des plus beaux monumens élevés à la gloire de la botanique, en même temps qu'il est, pour celui qui sait le méditer, une source de connaissances aussi pro- fondes que positives, fut la règle invariable qui servit à ca- ractériser et les genres et les familles résultant du rappro- PRÉFACE. IX chement de ceux-ci. Mais les progrès que fit faire à la science l'étude plus approfondie de la structure de la graine et du fruit, les avantages qu'elle présenta pour la coordina- tion des genres et des familles, amenèrent de notables chan- gemens dans l'étude de la botanique. On sentit la nécessité de pénétrer encore plus profondément dans l'organisation des diverses parties de la fleur, et en particulier de l'ovaire, de la graine et du fruit, qui avaient été reconnus comme fournissant les caractères les plus importans pour y puiser les affinités naturelles des végétaux. On soumit donc à une nouvelle in- vestigation les genres réunis dans chacun des cent ordres naturels présentés dans le Gênera plantarum; et de cette analyse plus précise, dirigée surtout vers les organes les plus essentiels, résulta nécessairement la découverte d'un grand nombre de caractères , d'analogies ou de différences, qui avaient été jusqu'alors inaperçus. Cette nouvelle marche im- primée à l'étude des végétaux amena la nécessité d'introduire des modifications et dans la circonscription des genres, dont le nombre fut bientôt plus que doublé , et dans celle des familles elles-mêmes. Mais dans cette première période de l'ère nouvelle de la science, il était naturel que les observa- teurs, découvrant chaque jour une foule de modifications nouvelles qui avaient échappé à leurs devanciers, fussent plus frappés des différences qu'ils observaient entre les genres et les familles que des rapports nouveaux que l'analyse leur dévoilait. En effet, à cette époque, les genres ouïes espèces analysés à fond d'après les principes de la nouvelle école étaient encore trop peu nombreux, trop isolés, pour ne pas présenter en quelque sorte de grandes dissemblances ; et , comme il n'arrive que trop souvent dans l'étude des sciences, on généralisa trop tôt des faits qui n'étaient encore qu'isolés PREFACE. et spéciaux. De là ce grand nombre de genres et de familles nouvelles qui furent successivement établis, nombre qui lut bientôt double de celui du Gênera plantarum. Mais l'impulsion était donnée, la bonne route était ouverte. L'investigation analytique portée successivement sur un nom- bre toujours croissant de végétaux, les découvertes des voya- geurs, qui apportent chaque jour de nouveaux types d'orga- nisation, nous paraissent devoir combler successivement un grand nombre des intervalles qui séparent les groupes jusqu'à présent établis. Dans la première période, chaque analyse nouvelle amenait la connaissance d'une modilication nouvelle de l'organisation végétale, et devenait en quelque sorte un type isolé. Aujourd'hui que les observations se sont considérablement multipliées, des faits analogues sont venus se grouper autour des premiers, et, par les modifications va- riées que chacun d'eux présente, des nuances insensiblement graduées les ont en quelque sorte liés les uns aux autres, et ont formé cette chaîne, si rarement interrompue, que tous les bons observateurs ont reconnue exister entre toutes les pro- ductions de la nature. Dans ce nouvel état de choses, on voit tous les jours disparaître les caractères tranchés qu'on avait crus d'abord exister soit entre les espèces qui composent les genres, soit entre les genres réunis en famille. Il en résulte nécessairement que comme les différences disparaissent , on doit anéantir les coupes ou divisions qui avaient été fondées sur elles. Aussi, nous le répétons, les progrès toujours crois- sans de la botanique nous paraissent devoir présenter pour résultat de diminuer beaucoup et le nombre des genres actuellement établis, et celui des groupes ou familles que l'on a formés par leur rapprochement. Mais ce travail est long et demande encore de nouvelles observations. Si nous nous l'RÉFACE. XI sommes quelquefois permis de ne pas admettre les idées des autres, nous ne l'avons fait qu'avec une sage réserve, surtout avec bonne foi, et non dans cet esprit étroit et mesquin de substituer nos propres idées à celles de nos devanciers. Nous avons suivi, dans l'arrangement ou coordination gé- nérale des familles, la série présentée par M. de Jussieu, a laquelle nous avons fait à peine quelques changemens ; peu importe d'ailleurs la méthode que Ton suive, pourvu qu'on respecte, autant que possible, les affinités naturelles et évi- dentes qui existent entre les différentes familles. Car il pa- raît démontré aujourd'hui , pour tous les bons esprits, qu'il est impossible qu'une série linéaire ne rompe pas fréquem- ment les rapports naturels; et si l'on adopte, comme servant de base aux divisions que l'on y établit, soit l'insertion, ainsi que Pavait fait M. de Jussieu, soit l'adhérence ou la non- adhérence de l'ovaire, comme je l'ai essayé dans ma Bota- nique médicale , des exceptions nombreuses viennent à chaque instant contrarier la méthode. Quant à la rédaction des familles elles-mêmes, nous avons en général préféré le nom qui, le premier, a été imposé, ne croyant pas qu'un simple changement dans la désinence de ce nom dût faire attribuer à un autre l'honneur de l'établisse- ment de la famille. Nous avons cité à la suite de ce nom, soit les synonymes de la famille, soit le nom de celles que nous avons cru devoir y être réunies. Tous nos caractères, si Ton en excepte un très petit nombre dont les matériaux nous ont manqué, ont été faits d'après nature; et assez souvent nue analyse soignée des genres de chaque famille nous a amené à modifier les caractères qui en avaient été donnés jusque alors. Nous n'avons pas cru devoir, dans un ouvrage élémentaire, donner trop d'extension à ces caractères ; mais néanmoins XII PRÉFACE. nous n'avons rien omis de ce qui pouvait servir à bien dis- tinguer les diverses familles; et, comme le fruit et la graine fournissent généralement les caractères les plus importans, leur description fait toujours partie du caractère général que nous traçons de chaque famille. A la suite des caractères généraux, nous avons joint quel- ques observations, soit sur les affinités et les différences de chaque famille avec celles qui l'avoisinent, soit sur les divi- sions ou tribus qui y ont été établies, soit enfin sur les familles qui doivent être réunies; nous avons également soin d'indi- quer les genres principaux qui les composent. Afin que les personnes qui commencent l'étude de la bo- tanique puissent ne s'occuper que des familles les plus dis- tinctes, et surtout de celles dont ils peuvent trouver facile- ment des exemples dans la nature, nous avons marqué d'un astérisque ( ¥ ) toutes les familles qui renferment des genres qui font partie de la Flore française. Quant aux personnes qui, se destinant à l'art de guérir, cherchent dans l'étude de la botanique la connaissance des caractères et des propriétés médicales de tous les végétaux employés en médecine, ou de tous les médicamens empruntés au règne végétal, elles trouveront dans nos ElÉmens d'his- toire naturelle médicale tout ce que l'histoire naturelle offre d'important à faire connaître pour le médecin. l'aris, l janvier I83S NOUVEAUX ELEMENS DE BOTANIQUE PHYSIOLOGIE VEGETALE. •INTRODUCTION. La Botanique ' (JBotanica , Jîes herharia) est cette partie de la ™$"JI/™, J '' l'histoire naturelle qui a pour objet l'étude des végétaux. Elle nous apprend à les connaître , à les distinguer et à les classer. Celte science ne consiste pas, comme on l'a cru long-temps, dans la connaissance pure et simple du nom donné aux différentes plantes ; mais elle s'occupe aussi des lois qui président à leur orga - irisation générale, de la forme, des fonctions de leurs organes, et des rapports qui les unissent soit entre eux , soit avec les autres corps naturels. La Botanique, envisagée dans ses applications les plus impor- Division delà tantes, nous fait également connaître les vertus salutaires ou mal- faisantes des plantes, et les avantages que nous pouvons en re- tirer dans l'économie domestique, les arts ou la thérapeutique. Une science aussi vaste a dû nécessairement être partagée en plusieurs branches distinctes, afin d'en faciliter l'élude; c'est ce qui a eu lien en effet. 1" Ainsi l'on nomme Botanique proprement dite, suit l'ensemble Jj£jJjfcJF' DerÏTC de fSorayji , herbe, plante. gétale 2 INTRODUCTION. • de la science, soit cette partie qui considère les végétaux d'une manière générale et comme des êtres distincts les uns des autres, qu'il faut connaître, décrire et classer. Cette branche de la science des végétaux se subdivise elle-même en : Glossologie l , ou connaissance des termes propres à désigner les différens organes des plantes et leurs nombreuses modifica- tions ; cette partie forme la langue de la Botanique , langue dont l'étude est extrêmement importante , et avec laquelle on doit com- mencer par se bien familiariser. Taxonomie , ou application des lois générales de la classifica- tion au règne végétal. Ici se rapportent les différentes classifica- tions proposées pour disposer méthodiquement les plantes. Phytographie 5 , ou art de décrire les plantes, c'est à dire de faire connaître, par l'emploi des termes techniques, les caractères géné- raux ou particuliers propres a distinguer un végétal de tous les autres, physique vé- 2° La seconde branche de la Botanique porte le nom de Physique végétale , ou de Botanique organique. C'est elle qui considère les végétaux comme des êtres organisés et vivans , qui nous décèle leur structure intérieure , le mode d'action propre à chacun de leurs organes , et les altérations qu'ils peuvent éprouver, soit dans leur structure, soit dans leurs fonctions. De là trois divisions se- condaires dans la Physique végétale, savoir : L'Organographie % ou la description des organes , de leur for- me, de leur position , de leur structure et de leurs connexions. La Physiologie végétale , ou l'étude des fonctions propres à chacun des organes, et dont l'ensemble constitue la vie. La Pathologie végétale, qui nous enseigne les diverses altéra- tions ou maladies qui peuvent affecter les végétaux. * Dérivé de yÀfiwsec, mot, langue ou langage, elde ).oyo;, discours. 2 De tc.Çi; , ordre , méthode , et de vo/ioi , loi, règle ; c'est à dire règles de la classification. 3 De pvrov, plante, et de yoajsw, j'écris ou je décris ; c'est à dire art de décrire les plantes, ■* Dérivé de o/syavsv, organe, et de y/japw, je décris; c'est à dire description des organes. Cette partie est aussi appelée Terminologie, nom impropre, puis- qu'il est composé d'un mot grec et d'un mot latin. INTRODUCTION 3 2° Enfin on a donné le nom de Botanique appliquée à cette troi- „ , . •^ *- Botanique np- sième branche de la Botanique générale qui s'occupe des rapports i ,1,( i u « existans entre l'homme et les végétaux. Elle se subdivise en Botanique agricole, ou application de la connaissance des végé- taux à la culture et à l'amélioration du sol ; en Botanique médi- cale, ou application des connaissances botaniques à la détermina- tion des végétaux qui peuvent servir demédicamens, et dont le médecin peut tirer avantage dans le traitement des maladies ; en Botanique économique et industrielle , ou celle qui a pour objet de faire connaître l'utilité des plantes dans les arts ou l'économie domestique. La Botanique étant la science qui a pour objet l'élude des végé- taux , nous devons nous occuper d'abord de donner une idée géné- rale et succincte des êtres auxquels on a appliqué ce nom. Les Végétaux (en latin Veqetabilia , planta? , et en grec wra, _.„ . ° ' ' r> t Définition des Bcrâvai) sont des êtres organisés et vivans , privés de sensibilité Végétaux^ et de mouvement volontaire , mais jouissant de l'excitabilité , pro- priété qui fait le caractère spécial de tous tes êtres organisés. C'est par cette propriété, en vertu de laquelle s'exécutent les fonctions dont l'ensemble constitue la vie, que les êtres organisés résistent à l'action des causes extérieures qui tendent continuellement à les détruire. L'organisation générale des plantes est plus simple que celle des animaux , et par conséquent la vie chez les premières n'exige pas toutes les conditions nécessaires à la vie dans les derniers. Dans les végétaux elle se compose de l'exercice simultané ou successif de deux grandes fonctions , la Nutrition , par laquelle toutes les par- ties se développent , et la Génération qui perpétue les races et les espèces , en leur donnant les moyens de se reproduire. Dans les êtres organisés, toute* les parties, ou mieux tous les or- ^ . ° r Division des ganes, sont les instrumens à l'aide desquels s'exécutent les fonc- organes» deai tions. Tous doivent remplir un rôle dans la production des phé- nomènes dont l'ensemble constitue la vie. Par conséquent toutes les parties de la plante , comme la racine , la tige, les feuilles, les pétales, Jesétamines, etc., concourent essentiellement à l'une ou à l'autre des deux grandes fonctions de la vie végétale. De là nous h IM'RODUCTION. paraît découler une division toute naturelle des organes des végé- taux en deux classes, savoir: les organes de la Nutrition et les organes" de la Génération. Tel est l'ordre que nous allons suivre dans la description des divers organes de la plante. Avant de nous livrer à cette description détaillée , il nous paraît nécessaire de présenter ici un tableau succinct de toutes les parties dont la plante se compose, afin d'en donner une idée générale, qui nous servira à mieux nous faire comprendre quand nous traite- rons de chacune d'elles en particulier. Dans son dernier degré de développement, un végétal offre à con- sidérer les organes suivans : I. Organes de la Nutrition. io organes de 1 P La racine, ou cette partie qui , le terminant inférieurement , la Nutrition. s ' en f once ordinairement dans la terre , où elle fixe le végétal ; flotte dans l'eau , quand celui-ci nage à la surface de ce liquide. 2° La tige qui , croissant en sens inverse de la racine , se dirige toujours vers le ciel, du moins au moment où elle commence à se développer, se couvre de feuilles, de fleurs et de fruits, et se divise • en branches et rameaux. 3° Les feuilles , ou ces espèces ^'appendices membraneux , in- sérés sur la tige et ses divisions , ou bien partant immédiatement du collet de la racine. II. Organes de la Génération . a» organes de U° Les fleurs, c'est à dire des parties très complexes, renfermant les organes de la reproduction dans deux enveloppes particulières , destinées à les contenir et à les protéger : ces organes de la repro- duction sont \epistil et les etamim.es. Les enveloppes florales sont la corolle et le calice. 5° Le pistil, ou organe sexuel femelle , simple ou multiple , oc- cupant presque toujours le centre de la fleur, se compose d'une partie inférieure creuse, nommée ovaire, propre à contenir les rudimens des graines, ou les ovules,- d'une partie glandulaire, située ordinairement au sommet de l'ovaire, destinée à recevoir IMRODLCTION. 5 la matière fécondante de l'organe mâle , et que l'on appelle stig- mate; quelquefois d'un style , sorte de prolongement filiforme du sommet de l'ovaire , qui supporte le stigmate. 6° Les étamines, ou organes sexuels mâles, composées essen- tiellement d'une anthère, espèce de petite poche membraneuse, le plus souvent à deux loges, renfermant dans son intérieur la substance propre à opérer la fécondation ou le pollen. Le plus ordinairement l'anthère est portée sur un filet plus ou moins long -, dans ce cas Xétamine se trouve formée d'une anthère ou partie essentielle , d'un filet ou partie accessoire, et du pollen. 7° La corolle , ou l'enveloppe la plus intérieure de la fleur, sou- vent peinte des plus riches couleurs , quelquefois formée d'une seule pièce , ou mieux de pièces soudées en cercle, et dite alors. corolle monopétale ou gamopétale ; d'autres fo\s polypétale, c'est à dire composée d'un nombre plus ou moins considérable de pièces distinctes, qui portent chacune le nom de pétale. 8° Le calice, ou l'enveloppe la plus extérieure de la fleur, de nature foliacée , ordinairement vert , composé d'une seule pièce ou de pièces soudées, et dans ce cas nommé monosépale ou ga- mosépale, ou formé de plusieurs pièces distinctes , qui sont nom- mées sépales , il est appelé alors poly sépale. 9° Le fruit, c'est à dire V ovaire développé et renfermant les graines fécondées , est formé par le péricarpe et les graines. 10° Le péricarpe , de forme, de consistance très variées, est l'ovaire développé et accru, dans lequel étaient contenus les ovules, qui sont devenus les graines. Il se compose de trois parties, sa- voir : Yépicarpe , ou membrane extérieure qui définit la forme du fruit; Y endocarpe , ou membrane qui- rêvet sa cavité intérieure simple ou multiple ; enfin une partie parenchymaleuse située et contenue entre ces deux membranes , et qu'on nomme sarcocarpe. Le sarcocarpe est surtout très développé dans les fruits charnus. 11° Les graines contenues dans un péricarpey sont attachées au moyen d'un support particulier, formé des vaisseaux qui leur apportent la nourriture; ce support est le trophosperme ou pla_ cenla. Le point de la surface de la graine où s'attache le tropho- sperme se nomme hile ou ombilic. 6 INTRODUCTION. Quelquefois le trophosperme, au lieu de cesser au pourtour du hile, se prolonge plus ou moins sur la graine, au point de la recou- vrir même entièrement. C'est à ce prolongement particulier qu'on a donné le nom iïarille. La graine se compose essentiellement de deux parties distinctes: Yépisperme et X amande. 12° Vépisperme est la membrane ou le tégument propre qui recouvre la graine. 13° V amande est le corps contenu dans Vépisperme. \h° l/amande est composée essentiellement de Xemhryon , c'est à dire de cette partie qui , mise dans des circonstances con- venables , tend à se développer et à produire un végétal parfaite- ment semblable à celui qui lui a donné naissance. 15° Outre Ye?nbryon, Y amande contient encore quelquefois un corps particulier de nature et de consistance variées , sur lequel est appliqué Yembryon , ou dans l'intérieur duquel il est entière- ment caché ; ce corps a reçu les noms (ïendosperme , de péri- sperme et d'albumen. WL'embryon est la partie essentielle du végétal; c'est pour con- courir à sa formation et à son perfectionnement que tous les au- tres organes des végétaux paraissent avoir été créés. Il est formé de trois parties : l'une inférieure ou corps radiculaire ; c'est celle qui , dans la germination , donne naissance à la racine : l'autre, supérieure , est la gemmule; c'est celle qui , en se développant, produit la lige , les feuilles et les autres parties qui doivent végé- ter à l'extérieur : enfin une partie intermédiaire et latérale , qui est le corps cotylédonaire , simple ou divisé en deux parties v létaux" ^nommées cotylédons. De là , la division des végétaux pourvus Monocotylédons d'embryon en deux grandes classes : les Mouocolylédons, ou ceux etDicotylédons. J D ° 7 dont Yembryon n'a qu'un seul cotylédon; et les Dicolylédons, ou ceux dont Yembry on présente deux cotylédons. Telle est l'organisation la plus générale et la plus complète des végétaux. Mais on ne doit pas s'attendre à trouver toujours réu- nies sur la même plante les différentes parties que nous venons d'énumérer rapidement; plusieurs d'entre elles manquent très souvent sur le même végétal. C'est ainsi, par exemple, que la tige INTRODUCTION. 7 est quelquefois si peu développée , qu'elle paraît ne point exister, comme dans \q plantain, la primevère ,• que les feuilles n'existent pas du tout dans le cuscute ,- qu'on ne trouve pas de corolle dans les Monocotylédons , c'est à dire qu'il n'existe alors qu'une seule enveloppe autour des organes sexuels ; que celte seule enve- loppe disparaît quelquefois, comme dans le saule, etc.; que sou- vent encore la fleur ne renferme que l'un des deux organes sexuels, comme dans le coudrier, où les étamincs et les pistils sont conte- nus dans des fleurs distinctes ; ou enfin que les deux organes sexuels disparaissent quelquefois entièrement, et la fleur alors est dite neutre, comme dans la boule-de-neige (viburnum opulus), Y hortensia , etc. Cependant, dans les dtfférens cas que nous venons de citer, cette absence de certains organes n'est qu'accidentelle, et n'influe pas d'une manière marquée sur le reste de l'organisation ; en sorte que ceux de ces végétaux dans lesquels ces organes manquent ne s'éloignent point sensiblement, ni dansleurs caractères extérieurs, ni dans leur mode de végétation et de reproduction, de ceux qui les possèdent tous. Mais il est d'autres végétaux qui, par la privation constante des Distinct, des organes sexuels, par leurs formes extérieures , la manière dont ils nérVames et végètent et se reproduisent, s'éloignent tellement des autres plan- r yi )to s ames - tes connues, que de tout temps ils en ont été séparés pour former une classe à part. C'est à ces végétaux que Linné a donné le nom de Cryptogames, c'est-à-dire de plantes à organes sexuels cachés ou invisibles , pour les distinguer des autres végétaux connus, dont les organes sexuels sont apparens, et qui avaient reçu pour celte raison le nom de Phanérogames. Les plantes cryptogames sont fort nombreuses; elles consti- tuent environ la septième ou huitième partie des soixante à quatre-vingt mille végétaux connus aujourd'hui. Comme elles sont dépourvues de graines , et par conséquent d'embryon et de cotylédons, on les appelle aussi Inembryonées ou Acotylédones. On arrive donc ainsi à trouver dans les végétatif trois grandes divisions fondamentales, tirées de l'embryon , sa- voir : 8 INTRODUCTION. l°Les Inemhryonés ou Acotylédons , c'est-à-dire les plantes dans lesquelles on n'observe ni fleurs proprement dites , ni par conséquent d'embryon et de cotylédons ; tels sont les Fougères, les Mousses, les Hépatiques, les Lichens, les Champignons, etc. Les Emhryonés ou Phanérogames, plantes pourvues de fleurs bien évidentes, de graines et d'embryon. On les distingue en : 2° Monocohjlédons , ou celles dont le corps cotylédonaire est d'une seule pièce , et développe une seule feuille par la germina- tion ; tels sont les Graminées, les Palmiers, les Liliacées, etc. 3° Et en Dicotylédons , ou celles dont l'embryon offrant deux cotylédons développe deux feuilles séminales par la germination ; par exemple : les Chênes , les Ormes , les Lahiées , les Cruci- fères, etc. Le nombre des végétaux dicotylédons est plus considé- rable que celui des acohjlédons et des monocotylédons réunis. Telles sont les grandes divisions fondamentales établies dans le règne végétal. Nous avons cru devoir les exposer ici en abrégé, et en donner une idée succincte, parce que, dans le cours de cet ou- vrage, nous serons fréquemment obligé d'employer les noms di- cotylédons, de Monocofylédons et de Dicotylédons , qui, s'ils n'eussent point été définis d'abord , eussent nécessairement arrêté l'ordre naturel des idées. C'est ici que nous sommes forcé de convenir que la marche des sciences naturelles n'est point aussi rigoureuse que celle des sciences physiques et mathématiques. On ne peut pas toujours , dans l'exposition des faits et des notions fondamentales qui appar- tiennent à l'histoire naturelle , procéder strictement du connu à l'inconnu. Il est souvent impossible d'éviter dépasser par certaines idées intermédiaires non encore définies, et de supposer dans ceux pour lesquels on écrit des connaissances qu'heureusement ils pos- sèdent presque toujours. Nous avons, autant que possible, cherché à remédier à cet in- convénient dans l'exposition de ces notions élémentaires. Nousnous sommes efforcé d'exposer les faits dans leur dernier degré de sim- plicité, afin que ceux mêmes qui n'ont encore aucune connaissance de cette science pussent aisément suivre le développement succes- sif dans lequel nous allons entrer au sujet des différons organes des végétaux. PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. 9 PREMIÈRE PARTIE ORGANOGRAPIIIE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALES. Le nom d'Org a nogruphie, comme nous venons de le dire loul à l'heure, s'applique à eetle partie de la Botanique qui s'occupe de. nous faire connaître les divers organes dont la plante se compose, leur structure, et les modifications variées que chacun d'eux peut présenter. Et comme il nous a paru plus convenable, dans l'ordre rationnel que nous suivrons pour décrire successivement les orga- nes, d'indiquer à la suite de chacun d'eux leurs usages et la part qu'ils prennent aux diverses fonctions de la vie végétale , nous réunissons dans cette première partie la Physiologie végétale à l'Organographie. Avant de parler des organes en particulier , voyons à nous oc- cuper d'abord de leur analomie en général, c'est à dire à faire connaître les parties ou tissus élémentaires dont ils sont toujours composés. PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX OU ANATOMIE VÉGÉTALE. L'organisation première des végétaux est beaucoup plus simple que celle des animaux, et c'est là sans contredit l'une des causes principales des différences qu'on remarque entre ces deux classes des corps organisés. En effet, tandis que dans les animaux quatre tissus élémentaires, dénature et de propriétés très différentes, se combinent de manière à former les diverses parties qui les com- posent, on n'en trouve qu'un seul qui soit la base de l'organisation végétale. Lorsqu'on examine l'organisation intérieure d'un végétal à l'œil J: n '^ " w ' U{l - ' . s ° calions du i issu nu, ou mieux eneoie à l'u'il aidé d'une forte lôUpe OU du micro- élémentaire seope, on voit qu'il se compose l"de eellulesà parois mimes el «li:i- 10- PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. phanes, d'une petitesse extrême, d'une forme variable, tantôt ré- gulière, tantôt irrégulière ; 5° de tubes courts, terminés en pointe à leurs deux extrémités; 3° enfin de vaisseaux cylindriques ou angu- leux, épars ou réunis en faisceaux. Telles sont les trois formes prin- cipales sous lesquelles se présentent les partiesélémentaires qui en- trent dans la composition des végétaux, et auxquelles on a donné les noms de tissu cellulaire ,de tissu fibreux ou ligneux, et de tissu vasculaire. Ces trois tissus, qui au premier abord paraissent fort différens l'un de l'autre, ne sont cependant que des modifications d'un seul et même organe, Yutricule ouvés'îcule végétale. C'est elle L'utricuieest q U ; par les variations qu'elle subit, sansnéanmoins changer de na- l'organe fonda- .'*•»•*' ^ ' . , mental des pian- ture, est la base, le point de départ de toutes les modifications qu on observe dans les parties élémentaires dont se composent les végé- taux. L'ulricule est donc pour le règne végétal ce qu'est la forme primitive pour les minéraux. Néanmoins , nous allons traiter sé- parément des trois formes principales du tissu élémentaire, c'est à dire du tissu ulriculaire, du tissu ligneux et des vaisseaux. SECTION PREMIERE. DU TISSU UTRICULAIRE.' Tissu utricu- Le tissu ulriculaire a été aussi et est encore désigné aujourd'hui par plusieurs analomistes sous les noms de tissu cellulaire, tissu ve'siculaire, etc. C'est lui qu'on peut considérer ajuste titre comme la base de l'organisation végétale. Non seulement en effet il entre dans la composition de toutes les parties de la plante, dont quel- ques unes même en sont entièrement formées ; mais, comme nous le montrerons par la suite, il est l'origine, le point de départ de toutes les autres modifications du tissu élémentaire qui consti- tuent les organes des végétaux. Use compose Examiné avec des movens amplifians capables d'en bien faire d'utricules ar- , ,, . , roudies d'abord reconnaître la structure , ce tissu se montre compose d utncules ou libres* de vésicules d'une extrême ténuité, de forme variable, et soudées intimement les unes avec les autres, de manière à former une massé continue. C'est par suite de cette soudure des ulricules entre elles que pendant, long-temps on a considéré le tissu cellulaire comme 1)1 TISSU UTRICULAIRE. Il formant une niasse que Ton a comparée tour à tour,soii à une éponge, soit à la mousse qui s'élève à la surface de l'eaade savon agitée ou des liqueurs alcooliquesen fermentation, ou à une masse continue dans laquelle des vacuoles ou cellules auraient été creusées. Mais il est re- connu aujourd'hui, et admis par la généralité des phytotomistes, que le tissu utriculaire se compose de petits corps vésiculaires à parois extrêmement minces, unis et soudés entre eux. Cette structure avait déjà été parfaitement indiquéepar Malpighi dans son anatomie des plantes, qui se sert du nonuYulricules pour exprimer les parties con- stituantes du tissu cellulaire. Sprengel en 1802, MM. Link, Dutro- chet , et un grand nombre d'aujres botanistes , ont mis cette vérité dans tout son jour. D'abord cette séparation des utricules se fait quelquefois naturellement dans l'intérieur de quelques organes pa- renchymateux,dont l'accroissement a été très rapide. Mais on peut l'obtenir très facilement , soit en faisant bouillir pendant quelques minutes le tissu utriculaire dans de l'acide nitrique , soit tout sim- plement dans de l'eau pure. On voit alors les diverses parties con- stituantes du tissu végétal se séparer les unes des autres et se mon- trer avec leur forme première. Pour bien faire connaître le tissu utriculaire , nous allons exa- miner successivement : 1° La forme des utricules; 2° La nature de leurs parois-, 3° Les moyens de communication des utricules en- tre elles; U° Les matières qu'elles contiennent; 5° Enfin leur mode de développement et de multiplication. §1. Forme des utricules. La forme des utricules est très variable. Originairement, c'est à Lc „ r f 0rmc dire dans les végétaux ou les organes des végétaux , à la première es période de leur développement, elle approche plus ou moins de la globuleuse( PI. 1, fig. 1 ).Mais il est rare qu'elle se conserve long- temps dans cet état. Par suite de leur multiplication et des pressions variées auxquelles les utricules sont soumises, cette forme primitive est singulièrement modifiée. Ainsi elle devient plus ou moins nngu- 'euse ou polyédrique. Dans le plus grand nombre des cas, chaque iili'ieule présente une forme dodéeaédrique, de sorte que la coupe 12 PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. d'une masse detissu utriculaire offre un grand nombre de petites ca- vités hexaédriques (PI. 1, fig. 2), et par cela même quelque ressem- Fig. i. blanceavecun gâteau d , alvéolesd'abeilles(Fig.I). Rarement celle forme est parfaitement régulière , quoiqu'on l'observe quelquefois, quand la masse de tissu utriculaire a été exposée à des pressions à peu près égales dans tous les sens. Mais le plus ordinairement chaque utricule , bien que conser- vant sur la coupe transversale la forme hexago- nale, est plus ou moins irrégulière , parce qu'une ou plusieurs de ses faces ont pris un dévelop- pement plus considérable aux dépens des autres. Cette inégalité est quelquefois tellement marquée, qu'il est assez difficile au premier abord de reconnaître la forme hexagonale. Dans ces pressions inégales, il n'est pas rare de voir les utricules perdre successivement un de leurs côtés et offrir une coupe pentago- nale, ou même à quatre côtés seulement, cellules alon- Les cellules ont parfois une forme plus ou moins alongée : on peut alors les comparer à de petits prismes à six, à cinq ou à qua- tre pans (PI. 1, fig. 3), tronqués carrément à leurs deux extrémités. Cellules irré- Enfin, il y a des utricules dont la forme est très irrégulière et guiières. lr £ g anoma i e Telles sont celles qu'on observe au dessous de l'épi- derme de la face inférieure d'un assez grand nombre de feuilles. Elles semblent être, par leur forme anomale, le résultat de la sou- dure de plusieurs cellules entre elles , mais dont les cloisons ont complètement disparu. Ainsi, dans les feuilles du lis blanc (Jilium cancliduni), on voit, quand on enlève 1'épiderme delà face infé- rieure, une couche d'utricules offrant de chaque côté des parties arrondies et saillantes, séparées par des sinus obtus et rentrans. Ces parties saillantes se touchent ordinairement par leurs extrémi- tés avec celles des cellules contiguës, et forment ainsi des espaces arrondis et vides. Dans le nénuphar jaune (jtupharhitea), ainsi que l'a bien observé et figuré M. Ad. Brongniart dans son mémoire sur la structure des feuilles, ces utricules sont rameuses, cylindra- cées, -anastomosées, et forment une sorte de parenchyme à larges mailles, laissant de très grands espaces vides entre elles. Xon s re- viendrons sur celte singulière organisation, quand nous" traiterons gees. DL TISSU LTRICLLAIUi:. 13 on son lieu de la structure intime des feuilles. Seulement nous ferons remarquer ici en passant que ces cellules anomales ne sont pro- bablement qu'une réunion de plusieurs utricules unies entre elles. Les utricules sont quelquefois disposées sans ordre ; mais le plus souvent cependant, en se superposant régulièrement les unes au dessus des autres, elles forment des séries longitudinales. Cette dis- position s'observe plusspécialement dans lesplantesmouoeolylédo- néés, et particulièrement dans letissu ulriculaire qui formela masse de la tige, et au milieu duquel sont éparsles faisceaux vasculaires. Assez souvent les utricules de deux ou plusieurs séries con- Meais inter- tiguës, ne se touchant. pas par tous les points de leur surface ce ua " extérieure, laissent là un petit espace vide dont la continuité con- stitue ce que l'on a nommé espaces, méats ou conduits interceUu- laires. Quelques auteurs en ont nié l'existence , et en effet ils ne sont pas toujours très appareils, les parois des cellules conti- guës se touchant presque complètement par tous les points, et # ne laissant entre elles que des vides presque imperceptibles. Mais ils sont d'autres fois très apparens. Ainsi, lorsque les utri- cules ont une forme qui approche plus ou moins de la globuleuse, on comprend qu'elles ne peuvent se toucher que par un certain nombre de points, et que par conséquent elles doivent, par leur réunion, laisser d'assez grands espaces vides. Ces espaces vides ou méats existent également lorsque les utricules ont une forme anguleuse et polyédrique. Leur forme est très variable. Ils sont quelquefois à trois ou à un plus grand nombre d'angles ; d'autres fois au contraire ils sont tout à fait irréguliers. Les méats contien- nent souvent de l'air, ce que l'on reconnaît facilement à la manière obscure dont ils se dessinent sur les tranches minces de tissu cellulaire qu'on soumet à l'observation du microscope. Celte opinion est confirmée par les observations de M. Amici, qui re- marque que les grands pores ou stomates de l'épidémie, qui ne li- \ n ut passage qu'à de l'air, correspondent toujours à l'un de ces espaces ou méats intercellulaires. Selon le même observateur, quand letissu cellulaire est trop serré pour laisser entre ses utri- cules des méats, les porcs corticaux manquent également. Mais quelques physiologistes, M . Kieser entre autres, font jouer aux petits canaux formés par les espaces intercellulaires un rôle dullaires. iU PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. bien plus important dans les phénomènes de la nutrition. Selon eux , en effet, ils seraient les véritables conduits de la sève. Nous reviendrons sur cette opinion quand nous parlerons de la marche de la sève en traitant de la nutrition dans les végétaux. Rayons mé- Il y a encore une autre modification des utricules que nous de- vons mentionner, ici, ce sont celles qui forment les rayons ou pro- longemens médullaires, c'est à dire les' lignes qui, sur une coupe transversale d'une tige ligneuse de dicotylédon, partent du centre vers la circonférence. Leurs utricules sont alongées dans le sens transversal,et attachées carrément les unesà la suite des autres. Du reste, la structure de leurs parois est parfaitement simple. Nous reviendrons avec plus de détails sur ces organes, quand nous trai- terons de la structure de la tige. § 2. Nature de la membrane qui forme les utricules. Nature de la Notre intention n'est pas de discuter ici sur la nature intime de membrane. ^ membrane des utricules, et de dire avec les uns que cette mem- brane est formée de fibres intimement soudées, et avec les autres qu'elle se compose de molécules disposées en spirale. Nous nous bornerons à exposer ici les notions qui peuvent être vérifiées par le secours de nos sens, et non les idées plus ou moins ingénieuses, mais le plus souvent spéculatives, qui ont été émises par les diffé- rens phytotomistes. Elle est mince La> membrane qui forme les utricules est ordinairement très mince, parfaitement incolore et transparente. Quand le tissu utri- culaire paraît coloré, cette coloration dépend des matières conte- nues dans l'intérieur des vésicules; car, nous le répétons, celles-ci ont constamment leurs parois hyalines et incolores. Quand le tissu cellulaire est réuni en masse, chacune des petites lamelles ou cloisons, qui sépare deux utricules conliguës, est formée de deux feuillets intimement unis, puisque, comme nous l'avons dit précé- demment , le tissu cellulaire se compose de petits corps vésicu- laires soudés entre eux. Prétendus po- Quoique, dans le plus grand nombre dgs cas , la membrane qui !a membranc. de forme les parois des utricules paraisse parfaitement simple et transparente comme une lame mince d'un verre incolore, cepen- DU TISSU UTRICULAIUE. 15 dant on voit quelquefois des utricules qui semblent présenter des pores et des fentes. L'existence de œs pores et de ces fentes a été l'objet de nombreuses contestations de la part de ceux qui se sont occupés de l'anatomie des végétaux. M. de Mirbel, et plus récem- Opinion >( ie ment M. Amici, sont les observateurs qui ont le plus soutenu Amici. r l'existence de ces ouvertures, non seulement pour le lissu uiricu- laire, mais pour les vaisseaux. Cependant il ne paraît pas que celte opinion soit bien rigoureusement fondée , car la plupart des phy ■ lotomistes la rejettent, et l'observation directe des faits ne la con- firme pas. Plusieurs causes ont pu souvent en imposer aux obser- vateurs, et leur faire croire à l'existence de pores, c'est à dire de perforations complètes dans les parois des utricules. Ainsi il ar- rive assez souvent que la face interne des cellules porte des gra- nules extrêmement fins et transparens de fécule, qui auront pu dans certaines circonstances en- imposer (PI. 1, fig. 3). Et en effet, ces corps, à cause de leur forme très souvent sphérique et de leur transparence, concentrant dans leur milieu les rayons lu- mineux, montrent un point très éclairé entouré d'une partie circu- laire plus obscure. Le point lumineux a été pris pour un trou et la partie qui l'environne pour un bourrelet saillant. Il existe encore une autre cause d'erreur. J'ai eu plusieurs fois occasion d'obser- ver que le lissu ulriculaire,.qui touche les lubes ou vaisseaux désignés sous les noms de vaisseaux poreux ou ponctués, offrait bien souvent des ponctuations qu'au premier abord on est quel- quefois tenté de considérer comme des pores ; mais un examen attentif m'a fait voir que ces ponctuations n'étaient que des em- preintes résultant du contact du tissu cellulaire avec les vaisseaux ponctués, et ne présentaient aucune porosité-. Mais»les deux cas que nous venons de citer ne sont pas ceux dans lesquels on a cru le plus à des fentes et à des pores. On voit, comme nous l'avons dit précédemment, des utricules qui offrent l'apparence de fentes (PI. 1, fig. 5) ou de pores (Id. fig. li) , c'est à dire dont les parois sont traversées par des lignes transversales plus claires et plus diaphanes , ou par des points présentant les mêmes caractères et disposés de la même manière. C'est dans ce cas surtout qu'on a admis des ouvertures linéaires ou poncliformes. • M. Mohl en a présenté de nombreuses figures dans son Mémoire M °Çioia n d ° 16 PARTIES ELEMENTAIRES DES VEGETAUX. sur les pores des tissus végétaux et dans son Anatomie des Pal- miers et des Fougères. Cet habile observateur a bien mieux fait connaître l'organisation de ces cellules, ainsi que nous l'explique- rons plus loin, en traitant des prétendues fentes et des pores des vaisseaux. Pour le moment, nous nous contenterons de dire que la membrane des ulricules n'est pas perforée, ei que ces lignes trans- versales et ces points ne sont dus qu'à un amincissement de la paroi interne de la membrane, amincissement qui laisse toujours intacte sa partie la plus extérieure. La figure h A de la planche première représente une cellule à enfoncemens poncliformes , coupée de manière à laisser- voir ces enfoncemens qui forment comme autant de petites niches. Ainsi la membrane qui constitue l'utricule peut être parfaite- ment continue et d'égale épaisseur dans tous ses points, ou bien offrir des parties amincies dont la forme linéaire ou ponctiforme l'ai fait croire fendue ou poreuse. communica- Q u0 ' Q u ^ en S0li i ^ es cellules d'une masse tissulaire communi- îeTentre "elles"" quent entre elles. C'est un fait incontestable, et que prouve la faci- lité avec laquelle les fluides aqueux s'élèvent dans l'intérieur d'un corps formé de tissu utriculaire. Si on ne peut admettre- des pores visibles et appréciables, peut-on se ranger de l'opinion de Spren- gel et dé Rudolphi, qui ont dit qu'il existait dans le tissu cellulaire des fentes le plus souvent accidentelles , et que c'était par ces so- Par des fen- huions de continuité que s'établissaient les communications entre tCS- * les.diverses parties du tissu utriculaire ? L'-existence de ces fentes me paraît fort problématique et fort contestable. J'ai fait un grand nombre d'observations microscopiques , sur des plantes très va- riées, et jamais ces fentes ne se sont offertes à mes recherches. Je suis loin cependant de prétendre avoir tout vu et vérifié'tous les faits. Ceux qui se sont occupés de recherches microscopiques sur les tissus végétaux savent combien souvent il devient difficile d'ar- river au même résultat, même en se plaçant dans des circonstances qui paraissent identiques. Par les pores La non-existence de voies de communication appréciables à notre invisibles. »-■»»- à .„ . ,... vue, même aidée des moyens amplifians qui sont a notre disposition, a dû faire admettre une opinion qui paraît en effet hors de doute , l'existence de pores intermoléculaires et invisibles. Toutes les DU TISSU UTRICULAIRE. 17 membranes organiques en effet sont plus ou moins poreuses; de là leur perméabilité par l'eau, ou les autres fluides aéri formes ou liquidés. On admet donc généralement aujourd'hui , ainsi que Bernhardi l'avait déjà avancé , que c'est au moyen de ces pores intermoléculaires et invisibles que les utricules communiquent entre elles. § 3. Des matières contenues dans les utricules. Les matières contenues dans les utricules sont assez variées, et souvent même elles diffèrent dans les mêmes parties aux diverses époques de la végétation où on les observe. Ces matières peuvent être des gaz, des liquides ou des solides. Lorsqu'on examine le tissu cellulaire dans une plante ou un or- s.-vo. ganc encore jeune, et qui n'a point encore acquis tous ses déve- loppemcns , non seulement on trouve communément les parois des utricules un peu plus épaisses, mais encore leur cavité souvent remplie par un liquide aqueux qui n'est que de la -sève. Si l'on prend une jeune branche de sureau ou d'une plante herbacée, la moelle qui occupe le centre de celle branche, et qui est unique- ment formée de tissu cellulaire, est abreuvée d'un liquide qui remplit en grande partie ses diverses cavités. Petit à petit, et à mesure que les organes foliacés de la tige ou de la branche se développent, ces sucs aqueux disparaissent, les parois des uiri- cules deviennent plus minces, et la moelle finit par former une masse spongieuse , sèche et légère, qui ne contient plus que de l'air dans ses cavités. Indépendamment de la sève, on trouve encore quelques autres H uiies K ta8«9 liquides dans les utricules du tissu cellulaire, observés dans les el vola s différentes parties du végétal. C'est ainsi qu'on y observe des huiles volatiles et particulièrement des huiles grasses. Ces der- niers matières sonl assez communes, par exemple, dans le tissu charnu du fruit de l'olivier, de quelques lauriers et cornouillers, mais spécialement dans les graines (lu chou, du navel el d'autres Crucifères; de l'amandier; du pin; du ricin ei autres Euphorbia- cées, etc., etc. La présence de l'air et des autres gaz qui peuvent se développer \ ir . par suite de la nutrition est facile à vérifier par les observations •) 48 PAUTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. microscopiques les plus faciles et les plus vulgaires. Un fragment même très mince de ce lissu, placé sur le porte-objet du micro- scope , montre ordinairement un très grand nombre de petites bulles opaques, correspondant chacune à la cavité d'une desutrieu- les. Ces petites bulles sont formées par l'air ou les autres gaz ren- fermés dans ces cavités minimes, et qui se voient comme autant de petits points opaques. C'est même par cette opacité qu'on peut reconnaître que l'air est contenu dans les organes élémentaires et creux des tissus végétaux. Parmi les matières solides contenues dans les utricules, nous trouvons : l°la Chromule, ou matière colorante; 2° la Fécule ; 3° les Raphides et d'autres cristaux; h° les Biforines. chromule. 1° Matière colorante ou Chromule. — Ainsi que nous le savons déjà, le tissu cellulaire est parfaitement incolore, et les colora- tions qu'il présente assez souvent sont dues à des corps solides que les utricules contiennent dans leur intérieur. La couleur verte est la plus généralement répandue dans les végétaux, et pendant long-temps on l'a désignée sous le nom de chloro- phylle. Si on examine , par exemple , le lissu cellulaire qui forme le parenchyme des feuilles, on aperçoit dans ses cavités des granules verts plus ou moins abondans , qui sont la cause de la coloration du tissu. Ces granules, soumis à l'observation du mi- croscope, se montrent comme autant de petites vésicules ordinai- rement de forme globuleuse, dont les parois sont elles-mêmes in- colores, mais dont l'intérieur est rempli par des granules verts d'une excessive ténuité. C'est là que s'arrête l'observation directe ; mais il n'est pas impossible que cette sorte d'emboîtement aille en- core plus loin. Si, au lieu du tissu cellulaire d'une feuille, on observe celui d'un pétale ou de tout autre organe diversement coloré, la matière co- lorante offre toujours la même apparence, c'est à dire des vésicu- les transparentes contenant des corpuscules dont la nuance seule est différente. Ces deux parties sont donc à distinguer dans la ma- tière colorante des végétaux, à laquelle M. De Candollea donné le nom de chromule. La cou our Quant à la coloration blanche que présentent les pétales ou les blanche est pro- > dujte pat de autres parties des plantes, elle dépend non pas de granules de l'.iir- nu tissu utiucuî. uni:. 19 celte couleur, mais de l'air contenu dans leurs utricules, qui sont tout à fait dépourvues de chromule. C'est ce qui résulte d'expé- riences tentées à ce sujet par M. Dutrochct, quia vu que des pétales blancs, placés sur l'eau et soumis à l'action de la machine pneu- matique, perdaient leur couleur blanche opaque et devenaient transparens et incolores, parce que l'eau pénétrant dans leur tissu y remplaçait l'air. Il arrive quelquefois que, dans certaines parties colorées, on Liquides coto- trouve dans le lissu cellulaire un liquide coloré. L'observation m'a r(S ' fait voir que, dans le plus grand nombre des cas, la coloration du liquide n'est qu'accidentelle, et qu'elle a été produite par la macé- ration des granules de chromule dans ce liquide, qui en a dissous la matière colorante. Il ne faut pas confondre la coloration accidentelle des liquides Coloration des dont nous venons de parler avec celle de quelques sucs propres " qu'on rencontre dans un assez grand nombre de végétaux. Ces sucs laiteux doivent ordinairement leur coloration blanche, jaune ou rougeatre , à des corpuscules excessivement fins qui nagent dans un liquide incolore, et dont la grosseur et les formes sont excessi- Yi'incnt variables. C'est à l'aide de ces corpuscules suspendus et nageantdansle liquide, par lui-même incolore, que l'on a pu suivre le mouvement et la direction de ces fluides, dans les vaisseaux ou les cellules qui les contiennent. Devons-nous dire ici, en passant, qu'un très habile et très ingé- système ner- nieux expérimentateur, M. Dutrochel {Mémoire sur l'anatomie pltaux "selon de la xeii.sitivè), a voulu faire jouer un rôle fort important aux M Dutlocliel - corpuscules qui existent dans l'intérieur du tissu utriculaire, et quelquefois sur les parois des vaisseaux. Les ayant essayés, pour en connaître la nature, par les réactifs chimiques, il a vu que la matière qu'ils contenaient était concrescible par le moyen de l'acide nitrique , et qu'ensuite les alcalis la ramenaient à son état primitif. Or, c'est absolument de celte manière que la substance cérébrale des animaux se comporte avec les mêmes réactifs, il arrive donc à celte conséquence, que cette matière ver- dàtre est un véritable système nerveux, ou plutôt en est les ele- mens épais ; il les nomme corpuscules nerveux. Celte considéra- tion, dit-il, appuyée sur l'analogie de la nature chimique des 20 PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. corpuscules globuleux, est encore fortifiée par l'observation de la structure intime du système nerveux de certains animaux. Ainsi, dans les Mollusques gastéropodes, la substance médullaire du cerveau est composée de cellules globuleuses agglomérées, sur les parois desquelles il existe une grande quantité de corpuscules globuleux ou ovoïdes, qui ne sont que de très petites cellules rem- plies de substance médullaire nerveuse. La similitude de cette organisation avec celle que nous venons d'indiquer dans les végé- taux est parfaite, selon M. Dulrochet, et force à convenir que les végétaux sont pourvus d'un système nerveux. Nous nous sommes contenté d'exposer ici les opinions émises récemment par ce célèbre physiologiste : nous les examinerons plus en détail en parlant de la molilité des végétaux, après avoir étudié les fonctions des feuilles. Fécule. 2° Fécule. La fécule existe dans un grand nombre de parties des végétaux, dans des racines, des tubercules souterrains, des liges, des feuilles, des fruits, des graines, etc. Elle se montre sous la forme de vésicules parfaitement incolores et transparentes, d'une forme et d'une grosseur très variables, adhérentes ou libres à la face in- terne des ulricules. C'est par leur incoloréité et leur volume ordi- nairement plus considérable, que les granules de fécule se distin- guent de la chromule. Si l'on prend, par exemple, une tranche très mince d'un tubercule de pomme de terre, et qu'on l'examine au mi- croscope, on voit les cellules du tissu qui forme la masse charnue du tubercule, remplies de corpuscules incolores d'un volume extrême- ment variable, puisque les uns ont jusqu'à un dixième de millimè- tre, tandis que les autres ont à peine un centième ou un deux ces? tième de millimètre. Parmi ces granules, les uns ont une forme globuleuse, les autres sont ovoïdes, alongésou même anguleux, mais à angles mousses. Ces globules se composentd'une membrane assez épaisse, parfai- tement incolore, offrant quelquefois des stries disposées diverse- ment. Ainsi, dans la pomme de terre, elles sont circulaires, et en- tourent un point que quelques auteurs considèrent comme un hile ou point d'attache. D'autres fois elles forment une sorte d'étoile, ctr. Dans l'intérieur de cette membrane ou tégument, est une matière également transparente qui, par sa nature, se rapproche assez. Ses DU TISSU UTRICÛLAIRE. 31 gommes, c'est à dire qui est soluble dans l'eau. Lorsqu'on ajoute une goutte de teinture d'iode sur ces grains de fécule tenus en sus- pension dans l'eau, ils prennent subitement une belle coloration bleue violacée. C'est à l'aide de ce réactif qu'il est facile de recon- naître la présence de la fécule dans les tissus des végétaux. 3° Raphides. On trouve dans le tissu cellulaire de la lige et de Raphides la racine d'un assez grand nombre de végétaux des corps très grêles, incolores, (ransparens, qui, sous la forme d'aiguilles, sont ordinairement groupés et réunis ensemble dans l'intérieur des Htrleuies (PI. 1, fig. 10). Ces corps ont été désignés par M. De Cnndolle sous le nom de Raphides. On a reconnu, comme Kiescr (Orga)t. desplunt., p. 94 et 112) l'avait indiqué 16 premier, que les Raphides ne sont que des cristaux , soit d'oxalale , soit de phosphate de chaux, très alongés (Ib. fig. 10, A), mais où la forme est encore quelquefois très appréciable, eu employant des gros- sissemens convenables. On les observe dans un grand nombre de végétaux très différons, appartenant aux Monocolylédons cl aux Dicotylédons indistinctement. Les Raphides sont insolubles dans l'eau, même bouillante, de même que dans l'alcool; mais elles se dissolvent et disparaissent avec facilite'' dans l'acide nitrique. J'ai observé aussi dans quelques végétaux, et entre autres dans cristaux rhom ,••... , . , , , si T ,. boedriques. I intérieur des utricules composant la tige du Connu Indien, des petits corps transparens, isolés, et ('pars sur les parois mêmes des utricules, ou réunis et groupés. Ces corps, qui rie sonLsolubles ni dans l'eau ni dans l'alcool, ont généralement la forme de tables rhomboédriques (PI. 1, fig. 12). Ce sont évidemment des cris- taux, peut-être de carbonate de chaux, à en juger du moins par leur forme. Dans VHedyehium cornnarium , j'ai trouvé des cristaux de même forme, non plus minces et en tables, niais ayant des dimensions à peu près égales dans tous les sens. U" Biforiné». C'est entre les utricules des feuilles de plusieurs Bjfor - plantes de la famille des Aroïdées, et primitivement dans celles du chou caraïbe [caîadium esculentum), que M. Turpin vient iU-iU'- eouvrirun organe nouveau, auquel il a donné le nom de bifortnes. Quoique les Biforines n'existent pas dansl'intérieur même des utri- 22 PARTIES ELEMENTAIRES DES VEGETAUX. cules, mais soientplacéesentre elles, nous croyons cependant devoir en parler ici, à cause de leurs rapports avec le tissu cellulaire et les raphides. Ce sont en effet des espèces d'ulricules (PI. 1, fig. 11), dont la grandeur est presque double de celles du tissu cellulaire en- vironnant. Leur forme est celle d'un hexagone très alongé ; on l'a comparée d'autres fois à celle d'une navette ou d'un grain d'avoine. A chaque extrémité se trouve une ouverture dont les bords sont un peu épaissis. La première de ces vésicules en contient une se- conde occupant à peu près le tiers de sa capacité, et dont les ex- trémités viennent rejoindre celles de la vésicule extérieure. La vésicule intérieure forme une sorte de boyau longitudinal conte- nant un grand nombre d'aiguilles cristallines d'une extrême té- nuité. Sa couleur jaunâtre la distingue facilement de la vésicule extérieure. Les aiguilles qu'elle contient sont de véritables ra- phides. Observées sous l'eau, à une température de 20 à 25 degrés centrigrades, on voit bientôt sortir de leurs ouvertures, et par saccades ou décharges intermittentes, une partie des raphides qu'elles renferment. Après leur expulsion complète, le boyau ou la vésicule intérieure s'affaisse et ne présente plus que l'aspect d'un cordon flexueux. § h. Des Lacunes. lacunes. Avant de passer au développement du tissu cellulaire, nous de- vons dire quelques mois desLacwies. On appelle ainsi des cavités accidentelles, qui se # forment au milieu des organes composés de tissu cellulaire. Ces lacunes sont ordinairement le résultat de la déchirure et de la destruction partielles du tissu cellulaire. Ainsi on les trouve abondamment dans les tiges et les feuilles d'un grand nombre de végétaux qui vivent au voisinage des eaux, comme les carex, les joncs, les scirpes, les souchels, etc. La cavité qu'on observe dans l'intérieur de la lige des Graminées, des Ombclli- fères, et d'un grand nombre d'autres plantes herbacées, dont la r>aru les liges, croissance a été très rapide, est une véritable lacune. La moelle du noyer présente aussi un grand nombre de chambres superpo- sées, Réparées par des cloisons minces, auxquelles on doit égale- ment donner ce nom. Toutes les parties dans lesquelles on les ob- m. rissi i ir.it.i i.aiiîi;. 2-3 serve ont d'abord clé pleines et continues; c'est par suile de leur développement que ces cavités se sont formées à leur intérieur, par la destruction partielle du tissu cellulaire. La cavité des lacunes n'est pas tapissée par une membrane propre , mais par une sorte de membrane accidentelle, résultant de la condensation du tissu cellulaire , aux dépens duquel elle a été formée. Leur forme est très variable. Le plus souvenl elle est tout à fait irré- gulière. D'autres fois au contraire, quoique plus rarement, elle offre une régularité remarquable. Les lacunes généralement con- tiennent de l'air, quelquefois des sues résineux. Il y a une autre espèce de lacune qui a été décrite par M. Amici. Lacunes car- /. , , . .... . • niés de poils Le sont des espaces plus ou moins réguliers, qui ne sont pas formés parla destruction du tissu cellulaire, et dont les parois contiennent quelquefois des poils d'une structure particulière , disposés en houppes ou pinceaux. Le même observateur dit qu'on doit distinguer deux sortes de cavités aériennes: les unes ayant pour orifices les porcs corticaux', communiquant avec l'air exté- rieur ; les autres, sans aucune communication externe. Ces der- nières existent surtout dans les plantes qui manquent de tubes aériens. § 5. Du mode de formation et de développement du tissu utricu- laire. (.'est un phénomène fort digne de remarque et hors de toute cou- Formation .i» testalien, que l'accroissement de la niasse du tissu cellulaire par la [à"". " l " '""" multiplication des utricules qui le composent. Celte dernière cause vA de toute évidence; sans contredit, c'est celle qui contribue le plus puissamment à celle augmentation de volume. Mais on doit reconnaître aussi qu'indépendamment de cette cause il en existe encore une autre ; c'est l'expansion en tous sens des jeunes uti icu- les, depuis le moment où elles commencent à se montrer jusqu'à celui de leur complet développement. Mais comment sciait cette multiplication des ulricules? Diverses opinions, souvent fort différentes, ont été émises sur ce sujet ; et si auci d'elles ne peut s'appliquer à expliquer tous les faits , c'esj que la multiplication du tissu ulriculaire, comme nous le montre- -J.'l . PARTIES ÉLÉMEM 'AIRES DES VÉGÉTAl'X. rons bieniùt, se fail de plusieurs manières tout à fait différentes opinion (k Selon MM. Treviranus et Turpin, ee sont les granules contenus nus 1 'et Turpïn" dans les utricules du tissu cellulaire qui sont les élémens fie leur multiplication. Ces granules, colorés de diverses teintes, sont ceux que nous avons fait connaître précédemment sous le nom de chro- mule. M. Turpin , dans un mémoire publié dans le tome xn des Mémoires du Muséum, a de nouveau appelé l'attention sur ces Giobuiinc. corpuscules, et leur a donné le nom général de globuline. Chaque grain de globuline ou de chromule, comme nous l'avons dil pré- cédemment, est une petite vésicule à parois diaphanes, contenant • d'.autres vésicules plus petites , que le même botaniste appelle glo- bulins. Ce sont ces vésicules secondaires ou globulins , toujours selon M. Turpin , qui, en prenant de l'expansion, se gonflent, dé- ehirentla membrane ou vésicule-mère qui les contenait, pour for- mer chacun autant de nouvelles utricules. Plus tard, chacune de ces nouvelles cellules contenant de la globuline éprouve les mêmes changemens, de telle sorte que, par suite de cet em- boîtement presque indéfini, le développement du tissu cellulaire n'a en quelque sorte pas de limites précises. Dans l'épais- D'autres physiologistes admettent que c'est dans l'épaisseur parois" 1 me eb même des parois des utricules que se développent celles qui vien- nent en augmenter le nombre. Aussi, selon eux, cet accroissement n'a-t-il lieu que tant que ces parois conservent une certaine épais- seur. On sait en effet que quand le tissu cellulaire est desséché, il n'est plus susceptible d'accroissement. Le professeur Kieser voit la source de cette multiplication des vésicules dans ces globules si petits, que l'on trouve épais et na- geant dans les fluides nutritifs des végétaux/ et qui, après s'être fixés dans une place, s'y développent et forment de nouvelles cel- lules. Recherches de Le beau travail que M. le professeur Mirbel a publié, en 1832, sur m. de Mirbel. p organisation du marchait tia , tend à jeter un jour tout nouveau sur celle importante question. Pour arriver à un résultat plus cer- tain, M. Mirbel a pris le ftoafçhatttia strictement ah ovo , c'est à dire qu'il a suivi sa formation organique, depuis la graine ou séminule , jusqu'à son entier développement. Or, cesséiuinules de marchanda sont aussi simples que possible; ce sont autant d'utri- Dl TlSSl l TKICL L\n;r. 25 cules membraneuses transparentes, remplies de globules jaunes. En les soumettant à la germination sur des laines de verre humides ou dans du sable très fin, elles se gonflent, deviennent sphériques, et leurs globules prennent une teinte verte ; peu à peu chaque ntri- eule s'alonge dans un point de sa périphérie en un tube clos à son extrémité. Ce tube se renfle bientôt en une nouvelle ulricule, ('■met- tant un autre tube, et ainsi de suite. Dans ces utricules nouvelles et souvent dans les tubes, on voit des granules verts. Il suit de là que chaque jeune individu représente une sorte de chapelet, ou de cordon noueux , souvent ramifié. Le nombre des utricules allant ainsi en croissant, il en résulte d'abord une masse amorphe, mais qui petit à petit prend l'apparence foliacée, que la plante adulte doit conserver. De cette observation nouvelle railleur déduit cette conclusion: Que ce n'est pas par l'alliance d'ulricules d'abord libres que le tissu cellulaire du marchait fia se produit , mais par la force génératrice d'une première utricule qui en engendre d'autres douéesde la même propriété. Si l'on suit avec attention ce développement du tissu cellulaire dans un grand nombre de végétaux, ou même d'organes différens, UO reconnaît qu'il n'a pas toujours lieu de la même manière et qu'il peut être rapporté à trois modes ou à trois types distincts : 1° Les utricules nouvelles se forment à l'extérieur même des an- ciennes, par suite d'une force génératrice qui leur est propre. On appelle cette sorte d'accroissement extra-utri&ulaire, et le mar- chantia , dont nous venons de parler tout à l'heure, nous en a of- fert un exemple bien remarquable. 2°Tantôi c'est cuire les utricules déjà existantes que la force gé- nératrice agit , et les utricules nouvelles viennent s'interposer en- tre les plus anciennes, qu'elles tendent sans cesse à écarter et à éloi- gner les uires des autres. Ce second mode a recule nom d'accrois- sement inter-utritnlaire. 3° Enfin il arrive parfois, sans que ce mode soit général , comme l'avaient cru MM. Turpin el Tre\ il anus, que dans l'intérieur même d'une utricule s'en développent d'autres quj finissent par en déchi- rer les parois. On a donné à ce troisième mode fe nom d'accrois- sement rntra-ulricuîaire. 26 PARTIES ÉLÉMENTAIUES DES VEGETAUX. $ § G. Tissu fibroso-utriculaire. Tissu r.broso- Nous venons de décrire le tissu ulriculaire dans son étal de sim- utricuiaue. plicilé, nous pourrions presque dire de pureté, et tel qu'on le ren- contre dans le plus grand nombre de cas. Mais il arrive aussi qite les utricules, indépendamment de la membrane qui forme leurs pa- rois , se composent encore d'une lame ou d'un fdet roulé en spi- rale, continue ou interrompue. C'est à cette modification qu'on a donné les noms de tissu fibroso-utriculaire , cellules fibreuses ,etc. Celle modification des utricules existe dans plusieurs parties des Cellules «- végétaux, comme les feuilles, les racines, la moelle et a élé succes- ■breus's. t> t > > , ( sivement signalée par un assez grand nombre d auteurs. Mais c est particulièrement le docteur Purkinje qui, dans sa dissertation spé- ciale sur les cellules fibreuses des anthères, a publié le plus grand nombre d'excellentes observations sur ce sujet. Il a fait voir que le tissu qui forme la face interne des anthères était, en grande partie, composé d'utricules de formes extrêmement va- riées, mais offrant ordinairement une lame mince, roulée de ma- nière à former des dessins 1res divers. il coi tient Enfin M. Slack (Trans. of soc. of arts, mdnuf.yvol. ^6, et une ame spi- ^ ^ ^ 1 , p. 193) a présenté un assez grand nombre de modi- fications de ce singulier tissu, dont il a en même temps publié d'excellenles figures. La disposition de cette lame intérieure est fort variée ainsi que nous venons de le dire. Quelquefois elle est roulée en spirale , d'une manière plus ou moins régulière , de sorte que ces utricules ressemblent à des trachées extrêmement courtes. Cette première forme du tissu cellulaire fibreux est celle qu'on ob- serve le plus fréquemment -, ainsi on la trouve dans la moelle du framboisier du Canada (rubus odçratus), dans les fej.iilles et les racines aériennes de plusieurs plantes de la famille des Orchidées (dans Yepidendrum elatum c'est ce lissu qui forme la couche épi- dermoïdeblanchequi revêt les racines aériennes), dans le tégument propre de plusieurs graines, comme l'a fait voir M. Lindley, etc. Le plus souvent lestours de la spire sont assez éloignés les uns des au- tres, et parconséquent peu nombreux (PI. 1, fig. 6); d'autres fois ils sont très rapprochés et parconséquent trèsmullipliés(Pl. 1, fig. 7). nu TISSU FIBREUX. 27 AI. Slack a décrit et figuré des utricules dans lesquelles la lame spirale était évidente, niais où quelques points de la membrane parié- tale en étaient dépourvus et semblaient au premier abord autant de trous: mais il a constaté que la membrane pariétale existait dans ces points, qui seulement n'étaient pas tapissés intérieurement par le fil spiral. Il arrive quelquefois aussi , comme l'ont montré AIAI. Purkinje et de JMirbel que, par les progrès de la végétation, la membrane qui forme l'ut ricule venant à disparaître, il ne resteplus que la lame spirale, qui représente alors une sorte de berceau àjour. D'autres fois chaque utricule contient deux fils roulés en spirales contraires, de manière à former une sorte de réseau, dont lescom- parlimens sont quadrilatères et presque réguliers. C'est ce que AI. Lindleya observé dans le tégument de la graine du Maurandia Barcieyana(¥\. I, fig. «). Enfin le fil spiral peut encore offrir quelques autres modifica- tions, qui se rapprochent plus ou moins des deux précédentes. Les belles observations de AI. de Mirbel sur le développement des utricules (dans son Mémoire sur le marehantia) ont prouvé qu'originairement les utricules étaient simples et dépourvues de fil spiral ; et que ce n'était qu'à une certaine période de leur dévelop- pement que la lame spirale commençait à se montrer à leur inté- rieur : nous reviendrons plus tard avec détail sur ce sujet impor- tant. SECONDE SECTION. DU TISSU FIBREUX. Entre le tissu utrieulaire proprement dit et les véritables vais- Dénominations, -eaux , il existe une modification du tissu élémentaire qui sert à combler l'intervalle qui semble les séparer, et à n'en former que des modifications d'un seul et même élément anaiomique. C'est cette modification que l'on a tour à tour désignée sous les noms de tissu alowgé t de prost mchyme , de tubillcs , de tubes ou vai*- ■ <(i,/.r fibreux , de tissu ligneux , de closlres , etc. Ce tissu tient é\idemmeul le milieu entre fulriculc et le vaisseau. Il se compose de « tllules très alongées ou de vaisseaux courts (PI. 2, fig. 1), pflrant pour caractère presque constant que leurs deux extremi- 28 PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. lés, au lieu d'êire coupées transversalement ou carrément , sont toujours taillées obliquement, et par conséquent terminées en pointe. Ainsi leur peu de longueur les distingue des vaisseaux pro- prement dits, et l'obliquité de leurs deux extrémités les sépare des ulricules. Quelquefois la pointe terminale est formée aux dépens d'un seul côté (PI. 2, fig. 1); d'autres fois ce sont les deux côtés qui convergent insensiblement l'un vers l'autre (PI. 2, fig. U), et for- ment alors une pointe souvent très alongée. C'est dans ce cas queces organes, présentant la forme d'un fuseau ou d'une navette extrê- mement alongée, justifient le nom de closires (qui en grec signifie fuseau) qui a été proposé par M. Dulrochet, mais qui n'a pas été généralement adopté. Les tubes fibreux ont une forme variable en raison des pressions auxquelles ils sont soumis , mais à peu près égale dans toute leur étendue. Ces organes sont placés bout à bout les uns au dessus des autres , de manière à former comme des fibres ou de longs vaisseaux , offrant des cloisons transver- sales et obliques. Toujours ils sont réunis en faisceaux plus ou moins épais. Trois modifi- D'après ce simple exposé , on voit qu'on pourrait à la rigueur canons. ela blir trois modifications dans le tissu fibreux : 1° les Utricules i" uiricuics fibreuses ou Cellules alongées (PI. 1, fig. l), qui par leur forme et hbreuses. ^^ dimensions ressemblent tout à fait aux ulricules du tissu cel- lulaire, dont elles diffèrent par l'obliquité de leurs extrémités et 20 closires. l'épaisseur de leurs parois ; 2° les Clostres (PI. 1 , fig. l\) ou Tubes fusiformes, très distincts par leurs extrémités amincies en pointe T, Tubes fl- aux dépens de chaque côté et leur forme de fuseau très alongé; breux. 3 „ enfin lég j u j ies fibreux, égaux en diamètre dans toute leur lon- gueur, et ayantleurs extrémités terminées en pointe oblique et uni- latérale. Mais ces trois formes ne sont pas tellement distinctes que l'on ne puisse trouver facilement des intermédiaires de l'une à l'au- tre, souvent sur le même végétal et presque dans la même partie. u forme le Le tissu fibreux forme la masse du bois dans les végétaux dico- bois ei le i.ber. lv i édonc ; s . c » est au milieu de ce tissu que sont répandus les vais- seaux proprement dits. Il existe également dans chacun des faisceaux ligneux des végétaux monocoiyledonés. C'est lui qai forme aussi les faisceaux du liber, c'est-à-dire de la part ie la plus intérieure de l'éeorce où il constitue une sorte de re- ' I)U TISSU FIBREUX. 29 seau à mailles plus ou moins larges. Toules les fibres textiles ex- traites des végétaux et qui servent à la fabrication des cordes et des toiles, et en particulier celles du chanvre, du lin, etc., sont for- mées par ce tissu , qui offre une force de résistance extrêmement considérable. Enfin on le trouve encore dans les pétioles et les nervures des feuilles, et dans tous les autres organes foliacés. C'est pour celle raison qu'on peut aussi extraire des feuilles de certains végétaux, comme le Phormium tenax, ou lin de la Nouvelle-Zé- lande , l'agave , etc. , une matière textile qui ne le cède en rien à celle que fournit la partie corticale de la lige de quelques autres plantes. Nous reviendrons sur les dispositions variées de ce tissu, quand nous parlerons plus tard de la structure analomique de ces divers organes. L'organisation des tubes fibreux les fait distinguer très facile- organisation. ment des deux autres modifications principales du, tissu élémen- taire des plantes. Ainsi , si on les examine dans les faisceaux li- gneux d'une jeune branche de l'année, ou dans les faisceaux corti- caux qui constituent le liber, on voit que leurs parois sont transpa- rentes, diaphane*, mais d'une épaisseur extrêmement considérable (P1.2,fig. 2-3). Aussi, lorsqu'ils sont coupés en travers, les recon- naît-on immédiatement à la ténuité de leur calibre intérieur, ei au contraire à la grande épaisseur de leurs parois. Il arrive bien fré- quemment aussi qu'en employant des grossissemens assez forts, on voit que leurs parois sont formées de plusieurs membranes su- perposées, intimement unies entre elles (Ib., fig. 3), mais dont on distingue encore la superposition par les zones concentriques que présente leur coupe transversale. Plusieurs ailleurs pensent (pie ces diverses couches, qui forment en quelque sorte autant de tubes emboîtés les uns dans les autres , se sont ainsi formées successivement et par les progrès de la végétation; Nous ne parta- geons pas cette opinion; car nous avons trouvé, en examinant les tubes fibreux sur des branches exeessivemeiil jeunes, et presque, dêsle moment où ilscomniençaientà se distinguer des aùtreStiàsuS, que déjà leur épaisseur était très considérable, et à peu près telle qu'on la voit plus lard. 11 esi vrai qu'à cette époque il est presque impossible , dans le plus grand nombre des cas, de distinguer plu- sieurs COUChèS dans ces parois. Ce n'est que plus lard que celle . 30 PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. distinction se manifeste; mais leur épaisseur est déjà très grande. Les vaisseaux fibreux paraissent être clos à leurs deux extréniiiés pointues. Cependant M. Slack assure leur avoir vu présenter quel- quefois une très petite ouverture de communication. il offre 1rs On peut trouver dans les tubes fibreux les mêmes modifications caS quï'iië que celles que nous avons signalées en parlant tout à l'heure des tissu utricuiaire. utr j cules Ainsi-, quoique généralement les parois soient parfaite- ment transparentes et sans addition d'aucune partie étrangère, cependant on en voit qui offrent suit des espèces do taches, soit comme des tubercules plus ou moins saillans, ainsi que M. Lindley l'a décrit et figuré dans ïOncidium altissimum , soit une lame spirale diversement contournée, comme dans l'if (Taxus bac- cata, L.) (PI. 2, fig. 9), soit enfin des points opaques ou dos ponctuations transparentes, qui ont été considérées comme de véritables Irojis. Tissu fibreux Les fibres ligneuses des Conifères et des Cycadées sont les des Conifères. seu i es ^ans lesquelles plusieurs excellons observateurs croient à l'existence de véritables perforations. Lorsqu'au moyen du microscope on examine le tissu ligneux de ces arbres, on voit leurs tubes fibreux offrir des points transparens, tan lût arrondis, tantôt alongés, qui, au premier abord, paraissent entourés d'une sorte de bourrelet saillant et plus obscur (PI. 2, fig.6).Déjà Molden- haver, dans son Anatomie des plantes, avait donné de très bon- nes figures de cette disposition du tissu ligneux des Conifères. Depuis cette époque , le même sujet a été l'objet de recherches nombreuses, et en particulier de la part de MM. Kieser, Liuk. , Brongniart et Mohl. Mais ces différens observateurs ne sont pas d'accord ; les uns croyant à la perforation des corpuscules qu'on aperçoit à la surface des tubes ligneux dans ces deux familles; M. Mohl, au contraire, assurant que ces points ne sont nullement perforés. Selon ce dernier, en.effel, les prétendus pores entourés d'un bourrelet, signalés dans les fibres ligneuses des Conifères, ne sont que des points où la membrane qui forme les tubes, et qui, comme on sait, a une épaisseur très notable, est* subitement et abruptement amincie. Ce sont donc autant de petits enfoncemens ponctiformes où la membrane, quoique très mince, existe toujours extérieurement. Cette opinion a été adoptée et confirmée par les DU TISSU VASCULAIRE. 31 observations plus récentes de M. Unger. Ce point d'organisation est sans contredit l'un des plus difficiles de l'anatomie végétale et sur lequel les opinions des observateurs sont le moins concordantes. Pour lâcher de l'éclairer, nous nous soimnes livré nous-nième aux recherches les plus persévérantes et les plus variées sur ce sujet, et nous croyons que l'opinion de M. Mohl approche plus de la vérité, bien que nous ne soyons pas d'accord avec ce savant sur tous les points. Nous reviendrons avec plus de détail sur ce sujet, quand nous traiterons par la suite de l'organisation spéciale de la tige des. Conifères. TROISIEME SECTION. nil TISSU VASCULAIRE. Le tissu fibreux, que nous venons d'étudier précédemment, nous Définition. conduit tout naturellement aux vaisseaux proprement dits. Ce sont des tubes ou canaux à parois minces, plus ou moins alongés, sim- ples ou rameux, isolés ou réunis en faisceaux, qu'on observe dans les différentes parties de la plante, dont ils sont un des principaux organes de la nutrition. Ces vaisseaux présentent des différences notables dans l'organi- sation de leurs parois, dans leur position, et surtout dans les flui- des qu'ils sont destinés à contenir. De là les diverses sortes de vais- seaux qui ont été établies par les auteurs qui se sont occupés de ranatomie des végétaux. Mais, quand on suit le développement des vaisseaux dans toutes leurs périodes, on ne tarde pas à reconnaître que la plupart des distinctions admises par les physiologistes ne sont souvent que des modifications ou des états différais d'une îiiènie espèce, et que par conséquent on peut de beaucoup réduire le nombre de ces espèces, de manière à en simplifier l'étude et la description. On peut admettre deux sortes principales de vaisseaux dans Division eu les |)lantes:4 or les vaisseaux séoeux ou ceux qui contiennent Selon DU TISSU VASCULAIRE. 35 M. le Mirbel, ce seraient eux qui formeraient les faisceaux vascu- laircs, dont la réunion constitue le liber dans Pécortse des arbres ou plantes à deux cotylédons. Cependant telle ne paraît pas être l'opinion de M. Schultz. Et en effet, les faisceaux du liber sont composés de tubes courts ou de cellules alongées terminées en pointe àleursdeux extrémités, ayant des parois extrêmement épaisses ; et c'est au milieu de ce tissu qu'on aperçoit quelquefois de la manière la plus distincte les vaisseaux contenante latex. Par conséquent ces vaisseaux kitexifères ne doivent pas être confondus avec les tubes fi- breux qui forment les faisceaux du liber. Dans les érables, par cxcni- 'plc, il est 1res facile de distinguer les vaisseaux latexifères, et de reconnaître qu'ils sont tout à fait différens des faisceaux du liber. Quand nous traiterons de l'organisation des tiges, nous re- viendrons encore sur les vaisseaux du latex, qui jouent un rôle si important dans lès phénomènes de la nutrition. 3° Vaisseaux propres. Les Vaisseaux propres, admis par la plupart des physiolo- v . gistes, doivent-ils être distingués comme une espèce à part, ou propres. faut-il, comme l'ont fait plusieurs auteurs, les confondre avec les vaisseaux latexifères? Nous pensons qu'il y a ici une distinction importante à établir. Sous le nom de Vaisseaux propres, on a on a confondu „ , , c . ,.„,, ,, , plusieurs parties confondu des organes lort dillerens, puisque 1 on a donne ce nom sous ce nom à toutes les cavités contenant des sucs spéciaux, comme de la résine, des huiles, des liquides blancs, jaunes, rouges, etc. Ainsi Kiescr, et plus tard M. de Mirbcl, ont donné ce nom : 1° aux ré- servoirs qui , dans l'écorcc des Conifères , contiennent le suc . résineux. Ces résorvoirs ne sont véritablement que des la- cunes, c'est à dire des cavités accidentelles, de forme variable , ordinairement eylindracées, dloitesou fléchies, qui se sont déve- loppées dans la masse du tissu cellulaire par l'accumulation des sucs résineux. Ici évidemment il n'y a pas lieu à appliquer le nom de vaisseaux à ces lacunes vasiformes. kieser admet d'antres vaisseaux propres, formés tout simple- ment par une dilatation des espaces ou méats intercellulairet^ C'est ;i dire du vide laisse au point de i •«'•union d«'S angles des utri- 36 PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. cules. Le suc propre, en s'y accumulant, les dilate et donne à ces espaces ou méats l'apparence de vaisseaux. Cette manière d'en- visager les vaisseaux propres a été partagée par plusieurs bota- nistes et entre autres par MM. De Candolle et Lindley. C'est un point encore douteux pour nous que cette origine des vaisseaux du suc propre aux dépens des espaces intercellulaires. Et dans les nombreuses recherches auxquelles nous nous sommes livré , nous n'avons rien observé qui pût nous porter à admettre cette manière d'envisager ces vaisseaux. Nous devons même ajouter que, selon les mêmes auteurs, les vaisseaux latexifères de M . Sclmliz ne seraient autres que les méats intercellulaires plus dilatés. Sur ce point , nous ne sommes pas d'accord avec ces sàvans , et nous ne doutons pas que le grand travail de M, Sclmliz, qui nous est inconnu, n'ait levé en grande partie les incertitudes qui pou- vaient encore exister sur ce point. Enfin M. de Mirbel admet des vaisseaux propres grêles, réunis en faisceaux, et distribués avec plus ou moins de symétrie dans le tissu cellulaire de l'écorce, dans le chanvre par exemple, dans les asclépias. Ces vaisseaux nous paraissent être ceux qui constituent les faisceaux du liber, et que ce célèbre phytotomiste a plus tard assimilés, peut-être à tort, aux vaisseaux latexifères de M. Schultz. De tout ceci il résulte que dans l'état présent de la science on ne peut pas admettre de véritables f aisseaux propres, tels que ce mot était autrefois défini ; mais que les sucs propres sont contenus soit : 1° dans des espèces de réceptacles ou de réservoirs parti- culiers, qui ne sont que des cavités accidentelles, de véritables la- cunes creusées dans l'épaisseur du tissu utriculaire, comme on l'observe pour les sucs résineux des Conifères; 2° dans un système spécial de vaisseaux, ramifiés et anastomosés entre eux, nommés F aisseaux laticifères; tels sont les sucs propres gommo-résimux desEuphorbiacées, Urlicées, Papavéracées, Campanulaeécs, etc., en un mot de toutes les familles naturelles de plantes contenant des sucs propres colorés. Les premiers , c'est à dire les sucs résineux déposés dans des réservoirs ou lacunes accidentelles, nous paraissent des fluides excrémentitiels , produits de la végétation, mais servant peu à la nutrition générale de la plante. Les seconds, au contraire, circu- DU TISSU VASCULAIRE. 37 iant dans des vaisseaux qui communiquent ensemble par de fré- quentes anastomoses, semblent être le fluide réparateur qui doit porter et déposer dans les différens organes les matériaux de l'assimilation. § 2. Vaisseaux aériens. Les trachées ou vaisseaux en spirale sont essentiellement les vaisseaux aé- vaisseaux aériens des plantes, et représentent pour les végétaux nens- les organes respiratoires des animaux. On rapporte aussi à la même classe les diverses espèces de vaisseaux que l'on a désignées sous les noms : 1° de fausses trachées , vaisseaux fendus, rayés ou scalari formes; 2°V. réticulés; 3°V. poreux ou ponctués. I. Des Trachées on p aisseaux en spirale. Trachées. Grew (1682) et Malpighi (1686) connaissaient déjà très bien l'existence des trachées, qu'ils considéraient, à cause de leur forme et de leurs fonctions, comme les analogues des organes respira- toires de certains animaux. Fig. h. Le caractère le plus saillant qui distingue cette es- ~t^ pèce de vaisseau , c'est l'existence d'un corps filiforme, ou d'une lame étroite, mince et transparente , roulée en hélice ou en spirale (1) et dont les tours plus ou moins rapprochés , souvent même contigus, forment un tube cylindrique plus ou moins alongé. Nous pro- posons de désigner sous le nom de spiricule (jspiri- s P' ncule - eula) le. corps diaphane qui se roule en spirale et qui forme le caractère dislinctif de la trachée. On a beaucoup écrit sur là structure de ces vaisseaux; et comme ils jouent un rôle fort important dans les phénomènes nu- 1 1 il ifs des plantes, nous entrerons dans quelques détails à leur égard. 1° Les trachées sont-elles composées de deux parties, à savoir d'un tube cylindrique et d'une laine spirale ou spiricule? L.'existence du tube n'est pas toujours facile à démontrer. ( ** «ubccxïstc- • 1 Ces -vaisseaux ont une grande ressemblance avec les ressorts en fil de laiton qa'oo met dans les bretelles et <|ni chacun représentent uutuhcpar l'enroule- ment en spirale du fil et le rapprochement de ses tours. 58 PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. Ainsi, quand les iours de la spire sont tellement rapprochés qu'ils sont exactement en contact, il devient presque impossible d'aper- cevoir aucune trace du tube membraneux. C'est dans ce cas que quelques auteurs ont dit d'une manière trop générale que la tra- chée n'était formée que par la lame spirale. Selon Kieser et M. Du- trochet, les tours de la lame roulée sont soudés par une membrane extrêmement mince placée entre eux, et qui se déchire avec la plus grande facilité. D'autres au contraire, et c'est Hedwig qui a.sur- tout émis cette opinion, ont prétendu que le tube était intérieur et que la spiricule était roulée sur sa surface externe. Mais cette opinion a été bientôt abandonnée, parce qu'en effet on n'a jamais pu constater par l'observation directe l'existence de ce tube intérieur. Quand les tours de la spire sont plus ou moins éloignés les uns des autres, on peut alors fort souvent reconnaître d'une manière positive l'existence du tube membraneux. Pour mon compte, je l'ai distingué et dessiné dans une foule de circonstances (PI. 3, fig. .3 et h), de manière à n'avoir aucun doute à cet égard. Ces observations me porteraient assez à croire à l'existence de ce tube, même dans les trachées à spires contiguës, bien qu'on ne puisse matériellement la constater. Ce tube de.la trachée est mince, parfaitement simple, transpa- rent et sans aucune trace de corps étrangers quelconques. Il paraît peu résistant, est fort élastique, se déchire et disparaît avec la plus grande facilité. Nature de la 2 ° Quelle est la nature de la spiricule ou du corps filiforme spincuie. rou j£ en S pi ra i e ^ans l'intérieur du tube? Les uns la considèrent comme une lame ou comme une fibre cylindrique et pleine ; les autres au contraire comme un tube extrêmement fin-. Hedwig est encore celui qui a émis cette dernière opinion. Pour lui, la tra- chée se compose de deux tubes : 1° un tube intérieur et cylin- drique qui' contient de l'air, et que pour celte raison il nomme pneumatophore , et un tube excessivement délié, roulé en spirale . sur sa face externe, qui contient de la sève et auquel il donne le »nom de vaisseau adducteur ou chijlifère. Cette manière d'envi- sager les trachées a été adoptée par Mustel et plus récemment encore par MM. Link (Elem. philos, botan., p. 92) et Viviani de Gênesdansle trailé d'Anatomie et de physiologie végétales, qu'il a DU TISSU VASCLL.VIRE. 39 puMié en 1832. M. do Mirbel {Cours complet d'ugric, t. 9, ar- ticle Siemens organ.) ne paraît pas éloigné d'admettre cette opinion. Mais si-l'on excepte ces auteurs, dontle témoignage acer- tainement un grand poids, aucun autre phytolomisle ne U» partage. En effet en employant des grossissemens convenables, il est eHc est pleine, facile dans le plus grand nombre des cas de reconnaître que le corps roulé en spirale est généralement une lame ou un corps plein cylindrique ou comprimé. Duhamel a donné une assez bonne idée, quoiqu'un peu grossière, d'une trachée, en disant qu'elle ressemblait à un ruban étroit qui aurait été roulé en spirale autour d'un bâton. Il arrive quelquefois, comme l'a observé et représenté M. de Mirbel ,* que les bords de la spiricule sont un peu plus épais et comme en quelque sorte ourlés. Cependant j'ai observé aussi assez souvent que quand le corps roulé était très étroit , au lieu d'être sous la forme d'une lame , il était à peu près cylindrique. Mais dans ce dernier cas, comme lorsqu'il est plane, je n'ai pu voir aucun canal dans son intérieur. Fig. m. . La spiriculeestquelquefoissimpleetindivise, d'autres Eiieesisimpte fois elle est bifurquée et comme dicholome. Quand on la ou dlv,sec déroule de l'intérieur d'une trachée , chaque tour se compose de deux (Fig. III), de, trois, quatre, cinq, et même souvent d'un très grand nombre de rubans réu- nis et soudés de manière à former un ruban composé. Cette dernière structure s'observe assez fréquemment dans les plantes nionocolylédonées et en particulier dans" le bananier. Nous figurons ici (PI. 3, f. 5) une trachée com- posée, que nous avons observée dans la tige de VHedychwm coronarium. Elle se compose de dix tours (h; spire réunis, mais ce nombre varie- dans la longueur du ruban composé qui se dé- roule; car , comme le fil spiral se ramifie, nous en avons compte Jusqu'à douze et lrei/.e dans les diflérens points de celle trachée soumis à notre observation. Quoique, dans le plus grand nombre des cas , la lame spirale se j. : n c „„ „,. (1 ,._ dcniule avec mie grande facilité , cependant il arrive quelquefois rjJJJj, ,)as lou " que les différens tours sont tellement unis entre eux qu'on ne peut 1rs séparer. Çé sont alors des trachées à spires soudées. UQ PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. Ainsi que nous l'avons dit précédemment, les trachées sont des tubes cylindriques , généralement simples , c'est à dire non rami- fiés. Quelques auteurs ont même dit qu'elles ne "se divisaient ja- mais. Mais quoique celte division soit rare, elle existe quelquefois, et tout récemment M. Brongniart en a publié un exemple (Aun. se. nat. 1, p. 202, t. 7, f. 33) tiré des nervures des feuttles du po- tiron. La lame spirale offre ordinairement une assez grande régularité dans tous les points de son étendue, et les tours de spire sont géné- ralement espacés d'une manière à peu près égale. D'autres fois, au contraire , quoique plus rarement, on observe une inégalité marquée dans la manière dont la lame spirale est disposée dans vaisseauxspi- l'intérieur du tube. Une de ces dispositions qui est fort remar- ro-annuiaires. qmh ^ c > est que que iq U efois la lame spirale, après avoir formé des spires continues , s'arrête, forme plusieurs anneaux, complets et isolés les uns des autres, et continue ensuite à donner naissance à des spires. Nous en figurons ici (PI. 3, f. 6) un exemple que nous avons observé dans les faisceaux, ligneux de VArundo donax. Moldenhaver (Anat., lab. 1, f. 3) et Slack (Ann. se. nat. 1, t. 7, f. 20 et 21) en ont également publié des exemples. Cette modifica- tion pourrait prendre le nom de vaisseaux spiro- annulaires. Terminaison On n'a pendant long-temps rien eu de positif sur le mode de ter- des trachées. . , , , . . , . , .._ , ,-., minaison des trachées à leurs deux extrémités. L est ainsi , par exemple, qu'on avait dit qu'elles se terminaient en utricules ou en tissu cellulaire. Mais on connaît aujourd'hui très positivement la forme de la trachée à ses deux extrémités. MM. Nées ab Esenbeck et Dutrochet sont les premiers qui aient levé nos doutes à cet égard. Cette terminaison a toujours une forme de cône, tantôt aigu, tantôt et plus souvent un peu émoussé (PI. 3, f. 2). Position des Lesvaisseaux spiraux ont une position déterminée dans les vé- trachées.. gétaux. Dans les Dicotylédons , on les trouve dans la lige et les branches, dans les parois du canal qui contient la moelle, et nulle part ailleurs dans la tige. Ainsi il n'en existe aucune trace ni dans le bois ni dans l'écorce. Mais ils existent également dans le péliole et les nervures des feuilles , dans les calices, les pétales , les filets des étamines et les parois, de l'ovaire. Dans les plantes monocoty- lédones, ils font partie des faisceaux vasculaires qui sont épais I)L TISSU YASCCEURE. 41 dans le tissu cellulaire de la tige, ainsi que dans les autres parties où on les trouve dans les Dicotylédons. On a cru long-temps que les racines en étaient dépourvues. Mais Elles existent d'abord , dans un grand nombre de plantes dicotylédones , les ra- daus les rac ' Deï " cines, ayant un véritable canal médullaire, offrent des trachées très évidentes. On les a également observées dans des racines de plan- tes monocotylédones. Voyez plus loin ce que nous en disons en parlant de l'organisation de la racine. Les trachées ne sont jamais réunies en grand nombre "à la fois, c'est à dire qu'elles ne constituent pas à elles seules des faisceaux. Le plus souvent elles sont solitaires, cependant on en trouve quel- quefois plusieurs dans un même faisceau ligneux. Elles peuvent alors être très différentes les unes des autres, quant à leur volume et à la manière dont la lame spirale est enroulée. Ainsi que nous l'avons dit déjà , il y a une telle analogie entre les différentes modifications du tissu organique, que l'on passe par des nuances insensibles de l'une à l'autre. Ainsi on trouve dans le tégument propre de quelques graines, des cellules alongées qui offrent absolument la même organisation que les trachées , dont elles ne diffèrent que par leur brièveté. Les autres formes des vaisseaux aériens sont les vaisseaux réti- culés, les vaisseaux rayés ou scalari formes, et les vaisseaux ponc- tués. II. Vaisseaux réticulés. Lesvaisseaux réticulés (PI. 3, f. 7) ne sont probablement qu'une Vaisseaux rè- simple modification des trachées. La lame intérieure, au lieu d'être roulée régulièrement et d'une manière continue, est interrompue dans quelques points, quelquefois ramifiée, et ses diverses parties anastomosées entre elles. On observe cette sorte de vaisseaux dans la iigedela1»alsamine. Moldenhaver en a donné de très bonnes figures ( tant. t. 3,fig. 1, 10, H, 12; t. 6,fig. 9). Quelques au- teurs paraissent avoir à tort confondu ces vaisseaux avec les vais- seaux rayés ou fausses trachées. Je lésai trouvés en très grande Dans les raci- abondance dans la racine du coquelicot des jardins, et la figure <|'"' nous en donnons ici a été dessinée par nous dans cette plante. rayes W2 PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. lll. Vaisseaux rayés. vaisseaux On les a aussi désignés sous les noms de vaisseaux fendus , annulaires, fausses trachées ou de vaisseaux scalariformes, etc. Ce sont des tubes cylindriques ou anguleux (PI. 3, f. 8), simples, à parois diaphanes, qui offrent des lignes transversales ordinaire- ment disposées d'une manière régulière les unes au dessus des au- tres, et dont la longueur est fort variable relativement au périmètre du tube. Lorsque ces lignes sont assez étendues et disposées bien régulièrement les unes au dessus des autres (PI: U, f. 9), on ap- pelle plus spécialement ces vaisseaux scalariformes; celte dispo- sition est excessivement fréquente dans la tige herbacée ou li- gneuse , et dans le pétiole des feuilles des Fougères. Leur position. Ces vaisseaux existent dans les faisceaux ligneux de la lige des Monocotylédons, tantôt solitaires, tantôt réunis au nombre de deux à trois seulement : ils en occupent ordinairement la partie cen- trale. Ils sont aussi abondans dans les couches ligneuses des arbres dicolylédons, et sont placés au milieu des tubes fibreux qui consti- tuent la niasse du bois. Dans les Fougères, et spécialement dans les espèces ligneuses , ils forment par leur réunion des faisceaux quel- quefois très considérables. Les noms différens sous lesquels ces vaisseaux ont été désignés indiquent assez les idées diverses que les auteurs se sont faites sur leur nature. Nous reviendrons tout à l'heure sur ce point , quand nous aurons parlé des vaisseaux ponctués. lis se déroulent I 1 arrive quelquefois que les vaisseaux rayés ou scalariformes s U i e r'aië er ° is e " se séparent en lanières roulées en spirale , comme les vraies tra- chées. Ces lanières se composent d'un nombre plus ou moins grand de ces enfoncemens linéaires qui forment le caractère spécial de celte sorte de vaisseaux. J'ai observé ce déroulement accidentel dé ces vaisseaux, entre autres dans les faisceaux vasculaires d'une tige de fougère arborescente. IV. Vaisseaux ponctués. vaisseaux Ce sont Icsjaisseaux poreux de quelques anatomistes, et en par- ponetues. , . , . . , , . tieulier de M. de Mirbel. Ils ressemblent tout a fait aux precedens, DU TISSU VASCULAIRE. £3 dont ils ne diffèrent qu'en ce qu'au lieu de lignes transversales ils offrent simplement des ponctuations plus ou moins fines (PI. 3 , f. 1 0). Ces ponctuations sont ordinairement disposées avec une ré- gularité plus ou moins grande, et en lignes transversales. Ordinai- rement ces lignes transversales sont interrompues par des espèces de bandes longitudinales qui n'offrent pasde ponctuations. Les vais- seaux ponctués ne sont qu'une très légère modification des vaisseaux rayés. Très souvent, on trouve ces deux modifications dans les dif- férens points d'un même tube. Comme eux , on les trouve soit au milieu des faisceaux vasculaires de la tige des Monocotylédons , soit dans l'épaisseur des couches ligneuses dans les plantes dico- tylédones. Ordinairement leur diamètre est extrêmement considéra- ble, comparativement à celui des autres espèces de vaisseaux , et suffit pour les faire reconnaître (PI. h, f. 7, a). Comme nous venons de le dire tout à l'heure, les auteurs d'ana- opinions sur là nïiturc des tonne végétale sont loin d'être d'accord sur la nature des vaisseaux ponctuations et rayés et des vaisseaux ponctués. Un très grand nombre d'anato- mistes pensent que ces vaisseaux sont fendus ou percés. Quand on examine avec de très forts grossissemens un de ces vaisseaux, on est. d'abord porté à admettre cette opinion. En effet, si c'est un vaisseau scalariforme par exemple, on croit voir autant de pertes de substan- ces, étroites et alongées, ou de fentes, et qui paraissent telles parce que lepoint qu'elles occupent paraît encore plus diaphane queletube lui-même, et que dans leur contour elles sont quelquefois environ- nées par uneparlie légèrement ombrée. Mais dans les coupes longi- tudinales et transversales de ces tubes, on parvient quelquefois, ce qui est fort difficile et exige un excellent microscope et de fortes len- tilles, à apercevoir une membrane d'une extrême ténuité qui s'étend sans interruption d'une deslèvres à l'aulredechacunede ces préten- dues fentes. C'est un fait que j'ai pu observer dans plusieurs circon- stances avec assez de netteté pour le dessiner. Les belles recherches deM.Hugo Mohl mettent l'existence de celte membrane hors de doute. Selon cet habile observateur, il y a, dans les deux espèces de vaisseaux que nous avons nommés rayes cl ponctués, une perle de substance d'une partie de L'épaisseur des parois, et qui n'attetot • pas le feuillet le plus superficiel OU externe de ces vaisseaux. (Voyez PI. 3, f. 11.) /j/ ( l'AKTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. D'autres anatomistes ont pensé que les lignes et les points étaient produits par des corps saillans, existant tantôt à la surface ex- terne, tantôt et plus souvent à la surface interne des tubes. Celte opinion est celle qui avait prévalu parmi les phytotomistes , jus- qu'à la publication des importons travaux de M. Hugo Mohlsur ce sujet. Parmi ceux qui l'avaient adoptée, les uns, comme MM. Link et Rudolphi, croyaient ces points produits par des grains de matière amylacée, attachés à la paroi interne des vaisseaux ; M. Treviranus au contraire les regarde comme déjeunes cellules encore tout à fait à l'état rudimentaire , développées dans l'épaisseur même des parois et destinées à l'accroissement et à la multiplication dutissu organique. Ces opinions nous paraissent tout à fait inadmissibles, et les auteurs qui les ont émises nous semblent avoir fort à tort appliqué aux vaisseaux rayés et ponctués des observations relatives aux utricules. Il arrive en effet fort souvent que l'on voit à l'intérieur des utricules des globules de fécule adhérens à leur paroi interne. Mais il est alors facile de reconnaître la nature de ces corps , soit par l'observation directe , soit par leur disposition irrégulière , soit enfin par l'emploi delà teinture d'iode, qui leur communique de suite une teinte bleue violacée. Mais les points en litige , dans les vaisseaux rayés et ponctués et même dansles utricules de beaucoup déplantes, ne prennent nullement cette, coloration par l'emploi de l'iode; ils ne sont donc pas de nature amylacée. Quelques physiologistes, et plus spécialement M. Slack dans le mémoire que nous avons déjà cité , émettent encore une autre théorie. Les vaisseaux rayés et ponctués ne sont que des modifi- cations des trachées. Dans le premier cas, la lame spirale ësl in- terrompue de distance en distance, et forme ces raies ou ces lignes qui distinguent ces vaisseaux. Dans le second cas, elle est réduite à des fragmens poncliformes adhérens à la face interne du tube. Cette opinion n'est pas plus admissible que celle que nous venons de combattre tout à l'heure, et cependant nous ne pouvons nous empêcher d'admettre que M. Slack est très probablement parti de faits vrais et bien observés pour arriver à un résultat erroné. Il ■ est en effet très possible, quoique des exemples de ce genre ne se soient jamais offerts bien clairement à notre observation, que la lame d'une trachée, en éprouvant dans différens points de son I)U TISSU VASCULAIRE. US étendue des interruptions alternatives et inégales, ne puisse ainsi donner à ces points d'un même vaisseau l'apparence d'un tube raye' ou ponctue. Mais nous le disons avec conviction, ce n'est pas ainsi que sont formés et organisés les vrais. tubes rayés et ponctués. Loin d'être plus épaisse que le reste du tube, ce qui de- vrait être de toute nécessité dans la théorie de M. Slack, la partie qui forme les raies ou les points est plus mince, plus transparente. Elle n'est donc pas due à des fragmens de lame spirale adhérons à la face interne du tube. Enfin, nous ajouterons une dernière con- sidération qui détruit l'idée de la transformation des trachées en vaisseaux rayés et ponctués. C'est celle de la différence de situation de ces vaisseaux. Les trachées, comme nous l'avons déjà dit, ne se voient, dans une tige déplante dicotylédone, que dans les parois de l'étui médullaire, les couches ligneuses ni corticales n'en contien- nent jamais. Or, c'est particulièrement dans les couches ligneuses qu'on trouve les tubes rayés ou ponctués, c'est à dire là où n'ont jamais existé de trachées. De ces diverses considérations, on peut, je crois, tirer la conséquence qu'ils constituent une espèce de vais- seaux distincte des vraies trachées, quoique offrant avec ces der- nières une analogie qu'on ne saurait nier. Existe-t-il des vaisseaux mixtes ? Quelques auteurs, et en particulier M. de Mirbel, ont admis des F.xiste-i-u des vaisseaux mixtes, c'est à dire des tubes offrant alternativement, Sf caux mi "' dans lesdifférenspoints de leur longueur, les caractères des diverses autres espèces de vaisseaux. L'existence de ces vaisseaux n'a pas été généralement admise. Et en effet, on n'observe jamais ainsi réunis sur un même tube les caractères assignés aux diverses espèces de vaisseaux, ce qui annoncerait que ces organes peuvent se transfor- mer l'un dans l'autre. Il est vrai que quelquefois, ainsi que nous avons eu plusieurs fois occasion de le dire, on voit une trachée de- venir un vaisseau réliculaire, un tube rayé prendre les caractères d'un tube ponctué. Mais cette transformation ne va pas plus loin, c'est à dire qu'une trachée ne devient jamais un tube rayé OU ponctué (tel que nous avons décrit ces vaisseaux), ou bien un de ces derniers ne prend pas les caractères de la trachée. On ne peut donc admettre de vaisseaux mixtes, tels que M. de Alirbel les avait caractérisés, c'est ;i dire des \;iisse;mx qui seraient alterna 66 PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VÉGÉTAUX. tivement, et dans les différens points de leur étendue, trachées, vaisseaux ponctués, rayés, etc. En résumé, on peut constater trois espèces principales de vais- seaux dans les.plantes : 1° Les vaisseaux du latex ou de la sève élaborée; 2° Les trachées, dont les vaisseaux réticulaires ne sont qu'une simple modification ; 3° Enfin les vaisseaux rayés et ponctués qui ne diffèrent que par l'étendue des places excavées à leur surface interne. Fibres. Les vaisseaux, en se réunissant entre eux, forment des faisceaux plus ou moins volumineux que l'on désigne communément sous le nom défibres. Les fibres végétales, comme on le voit , sont donc creuses et non pleines comme la plupart de celles qu'on observe dans les animaux. Ce sont elles qui constituent la trame et en quel- que sorte le squelette de la plupart des organes et surtout des or- ganes foliacés des végétaux. Parenchyme. On appelle, au contraire, paretîchyme, la partie ordinairement molle, composée essentiellement de tissu cellulaire, que l'on ob- serve dans les fruits, dans les feuilles, etc. Celte expression s'em- ploie par opposition au mot fibres. Toute partie qui n'est point fi- breuse est composée de parenchyme. C'est en s'unissant de diverses manières que les tissus parenchy- mateux et fibreux constituent les différens organes végétaux. Dans .tous, en effet, nous ne trouvons par l'analyse que ces deux modi- fications essentielles du tissu fondamental. Division des Comme nous l'avons déjà dit, il y a cependant des végétaux qui cufaire U s X e e tceUu- ne sont composés que de tissu utriculaire. Ils manquent de vais- laires. seaux ; tels sont, par exemple, les Champignons, les Algues, les Lichens et plusieurs autres familles déplantes cryptogames. C'est d'après ce caractère que M . De Candolle a divisé le règne végétal en deux grands embranchemens : 1° Les végétaux vasculaircs, qui sont composés à la fois de tissu cellulaire et de vaisseaux. 2° Les végétaux cellulaires, dans la structure desquels il n'entre que du tissu utriculaire. DU TISSU VASCULAIRE. t\l § 2. De l'origine et de la formation des vaisseaux. On a beaucoup discuté sur la nature et principalement sur l'ori- 0ri „ ini , des gine des vaisseaux des végétaux. Quand on examine une plante à vai ? s,;ll,v son étal naissant, elle nlest encore composée que de tissu cellu- laire ; pins lard, au contraire , on y trouve des vaisseaux. On a dû naturellement se demander comment ces nouveaux organes s'é- taient formés au milieu du tissu cellulaire, où on les observe alors et où ils n'existaient pas auparavant. Celle question de la plus haute importance avait été souvent agitée, sans qu'on ait pu la résoudre directement par l'observation. Ainsi, les uns ont dit que c'était la sève qui, en s'élevant des racines vers les parties su- périeures du végétal , se frayait des conduits à travers le tissu cel- lulaire , et qu'ainsi les vaisseaux n'étaient formés en quelque sorle que par une cause "mécanique. Mais, en admettant que cette hypo- thèse fût vraie, ce que nous sommes loin de croire, elle n'explique- rait pas cetie diversité de forme et de structure qui existe dans les diverses sortes de vaisseaux, et spécialement celles des trachées, et d'ailleurs la sève ne monte pas par les vaisseaux. D'autres ont avancé que les tubes n'étaient qu'une modification n snesonl que du tissu cellulaire , et nous nous étions nous-même rangé à cette Giflées." opinion sans pouvoir l'admettre autrement que par le raisonne- ment. On disait que les organes lubuleux des plantes ne sont que des uiriciiles diversement modifiées. Le second mémoire que M. de Mirbel a lu ( 3 décembre 1832 Recherohesde .~~„\ v .» i , / - . n . • » M. de Mirbel et 7 janvier 1833) , a 1 Académie des Sciences, nous parait propre sur le mnrehan- t il à jeter un jour tout nouveau sur cet important problème. Par- tant toujours de ce principe, qui entre ses mains a déjà élé si fécond en résultats nouveaux, que, pour bien connaître un organe, il faut le suivre dans toutes lespliasosde son développement, M. de Mirbel, en étudiant la structure des organes reproducteurs du marchanda poîymûrpha , esi arrivé à l'un de ces grands résul- * laisqui marquent une époque nouvelle dans une science. La fece inférieure de cette expansion foliacée en forme de chapeau décou- pé , où sont placés tes organes reproducteurs femelles, présentée l'époque de s;i maturité des lames contournées en hélice ou tire- US PARTIES ÉLÉMENTAIRES DES VEGETAUX. bouchon, qui servent à lancer comme autant de ressorts les pro- pagules dont leurs parois sont recouvertes. Ces organes ont été nommés élatbres , et il est impossible de n'y pas reconnaître la même structure que dans les vaisseaux trachées ; celte analogie a été admise par plusieurs phytotomisles. Or, en examinant ces or- ganes au moment où on commence à les apercevoir, le célèbre physiologiste dont nous analysons le travail, a reconnu qu'ils con- sistaient d'abord chacun en une simple utricule. Ce fait est telle- ment important que nous laisserons M. de Mirbel parler lui-même : « Quand le pistil eut atteint le degré de développement que j'ai indiqué précédemment , les utricules intérieures se détachèrent les unes des autres , tandis que celles de la superficie restèrent étroitement unies, et constituèrent un sac ballonné bien clos - , dans lequel les utricules intérieures se trouvèrent emprisonnées. Celles- ci n'eurent pas toutes le même sort ; il y en eut qui se dévelop- pèrent en longs tubes grêles, pointus aux deux bouts, et qui, si je ne me trompe, adhéraient par l'un de ces bouts à la face interne du sac, et d'autres, enbeaucoup plus grand nombre, qui, de polyèdres qu'elles étaient d'abord , passèrent à la forme sphérique en arron- dissant insensiblement leurs angles. Sur chaque utricule alongée en tube était faiblement collée une double série de ces utricules arrondies : les unes et les autres étaient encore remplies de sphé- rioles vertes. » En avançant en âge , les utricules composant le sac et les utri- cules alongéesen tubes éprouvèrent des modifications sur lesquelles je dois attirer toute l'attention des physiologistes. Trois ou quatre anneaux, placés parallèlement l'un au dessus de l'autre, parurent en léger relief sur chaque utricule du sac. Ils faisaient corps avec la membrane ulriculaire, et toutefois ils s'en distinguaient par leur opacité. Sans la présence de cette membrane, je les aurais confon- dus avec les tubes à jour auxquels on a donné le nom de vaisseaux annulaires. » Les utricules alongées en tubes ne différaient d'abord des autres utricules que par la forme ; elles avaient donc une paroi membraneuse, mince, unie, diaphane, entière, incolore; mais elles ne lardèrent pas à s'épaissir, à perdre leur transparence, et elles se marquèrent tour à tour, dans toute leur longueur, d<' Observations TISSU VASÇULAIRE. tïQ deux, stries parallèles très rapprochées cl tracées en hélice. Puis elles grandirent, et leurs stries devinrent des l'entes, qui décou- pèrent d'un bout à l'autre la paroi de chacune en deux fdets, et les circonvolutions des filets s'écartèrent, imitant les circonvolu- tions du tire-bourre. Enfin, les deux filets se colorèrent en jaune de rouille, et la métamorphose fut si complète, que si je n'avais pas suivi les modifications pas à pas, je me garderais bien de dire aujourd'hui que ces deux filets furent primitivement une simple ulricule ; mais le fait est constant, et j'ai la conviction que qui- conque recommencerait la série de mes observations avec la forte volonté de ne rien laisser échapper de ce qu'il est possible de voir, arriverait au môme résultat que moi. •» Chaque paire de filets roulée en hélice est désignée sous le nom d'élatère par les botanistes. L'identité organique est notoire entre les élatères du ?narehantia polymorpha et les tubes dé- coupés en hélice, que Grew a nommés aer vessels et Malpighi trachées. » Plus loin l'auteur arrive à un résultat tout à fait semblable, en examinant la structure progressive de cette lame intérieure df3eei;oieT e obreu^ (issu cellulaire qui. revêt la face interne des anthères dans les vé- ses «tes anthères, gélaux phanérogames. A l'époque où les loges de l'anthère s'ou- vrent pour laisser échapper le pollen, les ulricules de celte lame celluleuse se présentent sous des formes très variées, mais plus souvent découpées en lanières étroites et enroulées en hélice. ■ A l'origine des ulricules (j'entends à l'âge le plus jeune où il me fut possible de les observer) je trouvai qu'elles étaient mem- braneuses et closes. Cet état de choses dura presque jusqu'au moment de la déhiscence de l'anthère et de la maturité du pollen. Ce fut alors seulement qu'un changement extraordinaire se mani- festa dans une ou plusieurs couches d'utricules placées immédia- tement au dessous de la lame utriculaire superficielle. Ses ulri- cules s'agrandirent dans tous les sens, et leurs parois se divisèrent ° les radicelles ou le chevelu : ce sont les fibres plus ou DE LA RACINE. 63 moins déliées qui terminent ordinairement la racine à sa partie in- térieure. 1° Le corps de la racine n'est, selon nous, que la prolongation «°Lëeorjw. de la tige. Fort souvent, en effet, il est assez difficile de reconnaître avec précision la ligne de démarcation qui dislingue ces deux organes. Aussi sommes-nous assez porté à ne les considérer que comme une seule et même partie à laquelle on pourrait conserver .le nom de candex, qui lui a été donné par Linné, et appeler cau- dex ascendant ou tige la partie qui s'élève au dessus du sol, ei candex descendant ou souche celle qui croît sous la terre. Nous sommes encore confirmé dans l'opinion que nous émettons ici , par la structure intérieure de cette partie de la lige souterraine que l'on nomme vulgairement le corps de la racine. En effet, pres- que tous les pliytotomistcs avaient dit que les racines se distin- guent des tiges par l'absence du canal médullaire. Nous avons prouvé il y a déjà fort long-temps {Bull. soc. plu'/oni.') que si en effet , dans un certain nombre de plantes herbacées, le ca- nal médullaire s'arrête au collet de la racine, cependant on le voit très manifestement se prolonger dans le corps de la ra- cine de plusieurs arbres, surtout quand on les examine à un âge peu avancé. C'est ce que l'on reconnaît avec la plus grande facilite dans un jeune marronier d'Inde de deux ou trois ans, dont on coupe la tige et le corps de la racine longiludinalement. On voit le canal médullaire se prolonger sans interruption de l'une à L'autre. Mais il ne s'étend pas dans les ramifications du corps de la racine. Assez souvent par les progrès de l'âge il finit par disparaître dans ce dernier. On le concevra facilement, en songeant au milieu d;uis lequel celte partie est plongée, et qui est peu propre au dévelop- pement d'un organe destiné plus particulièrement à contenir de l'air. 2° Le chevelu nous paraît être la partie essentielle de la racine, 2" Lechereta la seule qui doive retenir ce nom, puisque le Gorps et ses ramifica- tions ne sont que la prolongation inférieure du candex ou axe végétal. Il est analogue dans ses fonctions aux feuilles qui se dé- veloppent sur les ramifications du candex ascendant exposées à l'air. Sa position et ses fonctions sont les. mêmes que celles de ces dernières. C'est la seule partie souterraine active dans l'acte de la (54 ORGANES DE LA MTRITION. nutrition, puisque, comme nous le dirons tout à l'heure, c'est par les extrémités des fibres qui le composent que se fait l'absorption des sucs de la terre qui doivent constituer la sève ou fluide nutritif des végétaux. Comme les feuilles, le chevelu tombe et se reproduit chaque année ; et ce qui prouve mieux que toute autre chose l'ex- trême analogie du chevelu et des feuilles , c'est que quand une racine, ou pour parler plus exactement une branche du caudex descendant, en rampant superficiellement à la surface du sol , se trouvera exposée à l'action de l'air et de la lumière , les mêmes parties qui auraient donné naissance à du chevelu si cette branche fût restée enfouie dans le sol, produiront des feuilles et des rameaux. Les extrémités des fibres dont la réunion constitue le chevelu sont terminées par un petit corps, rarement dilaté, et globuleux plus communément, qui n'en est nullement disliuct et qu'on nomme spongiole. Ces spongioles, qui ne présentent aucune ouverture vi- sible et qui ne sont composées que de tissu cellulaire, sont les or- ganes absorbans des racines. Ce sont généralement les seules par- ties de ces organes qui soient susceptibles d'alongement, ainsi que nous le verrons en traitant de l'accroissement des racines. 3» Le rouet. 3° Le collet ou nœud vital est un point très souvent fictif, par exemple dans les végétaux, ligneux où les deux parties de l'axe végétal , c'est à dire le caudex ascendant et le caudex descendant, ne sont nullement distinguées l'une de l'autre. Mais dans les plantes herbacées vivaces, c'est le point de la racine d'où naît, chaque an- née, la nouvelle tige. Encore, faut-il remarquer que, dans le plus grand nombre des cas, cette partie souterraine est une véritable tige ou une souche que tous les botanistes considèrent , à tort , comme une racine ; dans l'asperge commune, par exemple. Ainsi, physiologiquement parlant, on ne doit donner le nom de racine qu'à la réunion de fibres plus ou moins ténues qui com- posent le chevelu. Le corps ou la partie centrale de la racine est de même nature que la tige, dont il n'est que la prolongation souterraine, et le collet n'est pas toujours distinct, parée. A. Suivant leur durée , les racines ont été distinguées en an- nuelles, bisannuelles, rivaces et ligneuses. Les racines anrmeile* sont celles des plantes qui , dans l'espace I)K LA RACINE. ()"i d'une année , se développent , fructifient et meurent : tels sont le blé, le pied-d'alouette (dèlphinium consolida), le coquelicot (pa- paverrhœas), etc. Les racines bisannuelles sont celles des plantes à qui deux an- Racines i>is- , . , n • i ' i annuelles. nées sont nécessaires pour acquérir leur parfait développement. Les plantes bisannuelles ne produisent ordinairement, la première année, que des feuilles ; la seconde année elles poussent une tige el meurent après avoir fleuri et fructifié, comme la carotte, l'ona- gre, etc. On a donné le nom de racines vivaces à celles qui appartiennent Racines -h a- aux plantes ligneuses et surtout aux plantes herbacées qui, du- rant un nombre indéterminé d'années , poussent des tiges qui se développent et meurent tous les ans, tandis que leur racine vit pen- dant un grand nombre d'années : telles sont celles des asperges, des asphodèles, delà luzerne, etc. Dans les ouvrages de botanique descriptive, on emploie des signes em- , , , ployès pour re- signes abreviatifs pour designer la durée des végétaux. Ces signes présenter la du- ... , , rée des plantes. sont ceux par lesquels les astronomes représentent quelques unes des planètes. Ainsi les plantes annuelles sont représentées par le signe du Soleil (®) , parce que la révolution de la terre autour de cet astre dure une année. Les plantes bisannuelles par le signe de Mars (c?), dont la révolution sidérale est d'environ deux ans (686 jours). Les plantes vivaces par le signe de Jupiter (Z u ), dont la révolution sidérale est de plus de douze ans (4, 332 jours), et enfin les plantes ligneuses par le signe de Saturne (^), dont la révolution autour du soleil est de près de trente ans (10,758 jours). Cette division des végétaux en annuels, bisannuels et vivaces, Circonstances ° ' (iui nindilienl la suivant la durée de leurs racines , est sujette à varier, sous fin- '' ul,r des i' l;m - fluence de diverses circonstances. Le climat, la température , la situation d'un pays, la culture même , modifient singulièrement la durée des végétaux. Il n'est pas rare de voir des plantes annuelles végéter deux ans , et même davantage , si elles sont mises dans un terrain qui leur soit convenable , et abritées contre le froid. Ainsi le réséda odorant, qui chez nous devient une plante annuelle, est une plante vivace dans les sables des déserts de l'Egypte. Au contraire, des plantes vivaces et même ligneuses de l'Afrique et de l' Amérique, transplantées dans les régions septentrionales, y deviennent an - 5 G6 ORGANES DE LA NUTRITION. nuelles. La belle-de-imit (nyclago hortensia), le cohœa , sontvi- vaces au Pérou, et meurent chaque année dans nos jardins. Le ri- cin , qui , en Afrique , forme des arbres ligneux , est annuel dans noire climat. Cependant il y reprend son caractère ligneux quand il se retrouve dans une exposition convenable. En herborisant aux environs de Villefranche, près de Nice, sur les bords de la Méditer- ranée, au mois de septembre 1818 , j'ai découvert sur la montagne qui abrite l'arsenal de celle ville, au couchant, un petit bois formé de ricins en arbre. Leur tronc est ligneux, dur. Les plus hauts ont environ vingt-cinq pieds d'élévation , et présentent à peu près le même aspect que nos platanes. Il est vrai que la situation de Ville- franche, exposée au midi, défendue des vents d'ouest et du nord par une chaîne de collines assez élevées, la rapproche singulière- ment du climat de certaines parties de l'Afrique. En général toutes les plantes exotiques vivaces, dont les graines peuvent donner naissance à des individus qui lleurissent dès la première année dans nos climats, y deviennent annuelles. C'est ce qui arrive pour le ricin, le cohœa, la belle-de-nuit, etc. Les racines ligneuses ne diffèrent des racines vivaces que par leur consistance plus solide, leur tissu ligneux, et par la persi- stance de la tige qu'elles supportent : telles sont celles des arbres et des arbrisseaux. Division des ra- B. Suivant leur forme et leur structure, les racines peuvent se cines en quatre . . .„ , ,, ,. 7 . s classes: diviser en : 1 pivotante (radtx perpendicularis) , 2 fibreuse (radix fibrosa), 3° lubériforme (radix tuberiformis) , k° bul- bifère (radix bulhifera). î" Racine pi- Fig. iv. \° L es racines pivotantes sont celles qui s'enfoncent volante. ^ .. perpendiculairement dans la terre (Fig. IV). Elles sont simples et sans divisions sensibles , comme dans la rave, la carotte ; rameuses dans le frêne et le peuplier d'Ita- lie, etc. Elles appartiennent exclusivement aux végétaux dicotylédons. Ainsi que nous l'avons dit précédemment, le pivot et ses ramifications ne sont qu'une prolongation souterraine de la tige. Racine li- 2° La racine fibreuse se compose d'un grand nombre de fibres, quelquefois simples et grêles, d'autres fois épais- ses et ramifiées. Telle est celle de l'asperge, le l'héméro- DE LA RACINE. G7 calle et de la plupart des Palmiers. Elle ne s'observe que dans les piaules mouocolylédoues. Fif? v 3° J'appelle racines tubéri formes s° Racine m- (Fig.V) celles qui sont renflées bérlforme en forme de tubercules, telles sont celles des dalhias, des pivoines, de la filipendule. Il ne faut pas confondre les racines lubériformes, qui ne sont que des fibres radicales plus ou moins renflées, quelquefois dans presque toute leur longueur, comme celles des dalhias et des pivoines, d'autres fois dans un point limité seulement, comme'dans la filipendule, avec les véritables tubercules. Ces derniers naissent constamment sur des portions de tiges souterraines, et leur caractère essentiel elphy- siologique, c'est qu'ils contiennent toujours de véritables bourgeons qui doivent se développer à l'air ; tels sont la pomme de terre, les tubercules des orchis, etc. k° La racine bulbifère est formée par une espèce de tubercule 4°feacinebul horizontal, mince et aplati, qu on nommep/afeaM, qui est une vé- ritable tige produisant par sa partie inférieure une racine fibreuse, et supportant supérieurement un bulbe ou ognon, qui n'est rien au- tre chose qu'un bourgeon d'une nature particulière , formé d'un grand nombre d'écaillés ou de tuniques appliquées les unes sur les autres : par exemple, dans le lis, la jacinthe', l'ail, et en gé- néral les plantes qu'on appelle bulbeuses. Celle racine, comme on le voit, n'est qu'une simple modification de la racine fibreuse. Nous traiterons des bulbes dans un chapitre spécial. Telles sont les modifications principales que présente la racine considérée en général. Avouons cependant que ces différences ne sont pas toujours aussi tranchées que nous venons de les présen- ter. Ici, comme dans ses autres ouvrages, la nature ne se prête |>;is servilement à nos divisions systématiques. Elle fait quelquefois disparaître par des nuances insensibles ces différences, que nous ;i\ ions crues d'abord si constantes et si bien établies. Le chevelu ries racines, ou cette partie formée défibres plus ou Le chevelu moins déliées et qui les constitue réellement, sera d'autant plus 68 ORGANES DE LA NUTRITION. abondant el plus développe que le végétal vivra dans un terrain plus meuble. Lorsque par hasard l'extrémité d'une racine ren- contre un filet d'eau, elle s'alorige, se développe en fibrilles capil- laires et ramifiées, et constitue ce que les jardiniers désignent sous le nom de queue de renard. Ce phénomène, que l'on peut produire à volonté, explique pourquoi les plantes aquatiques ont, en général, des racines beaucoup plus développées. C. Relativement à sa consistance, la racine est charnue, lorsque, étant manifestement plus grosse et plus épaisse que la base de la lige, elle est en même temps plus succulente : telle est celle de la betterave, de la carotte, du navet, etc. Elle est ligneuse, au contraire, lorsque son parenchyme, plus solide, approche plus ou moins de la dureté du bois. C'est ce que l'on observe dans la plupart des végétaux ligneux. Fig. vi. D. La racine peut être simple (simplex), c'est à dire formée par un pivot absolument indivis (Fig. IV, VII, VIII), comme la bette- rave, le panais, la rave, etc. D'autres fois elle est rameuse (ramosa), ou divisée en ramifications plus ou moins nombreuses et déliées (Fig. VI), toujours de même nature qu'elle : telle est celle de la plupart des ar- bres de nos forêts, du chêne, de l'orme, etc. E. Considérée quant à sa direction, la racine peut être verticale, comme celle de la carotte, de la rave ; oblique, ou enfin horizontale, comme dansXerhusradicans, l'orme, etc. Assez souvent l'on trouve ces trois positions réunies dans les différentes ramifications d'une même racine. F. Les formes les plus remarquables sont les sui- vantes : 1° Fusiforme, ou en fuseau (fusiformis) , lorsqu'elle est alongée, renflée à sa partie moyenne, el va en s'amin- cissanl insensiblement à ses deux extrémités, comme la rave (Fig. VII). 2° Napi forme, ou en forme de toupie (napiformis), quand elle est simple, arrondie, et renflée à sa partie su- Eig.VIII. DU LA RACINE. G!) périeure , amincie et terminée brusquement en pointe inférieurement : le navet, le radis, etc. (Fig. VIII). 3° Conique (conica), celle qui présente la forme d'un cône renversé: la betterave, le panais, la ca- rotte. (Fig. IV.) h" Arrondie ou presque ronde (subrotunda), comme dans lebunium bulbocastauum, etc. 5° Noueuse ou filipendule'e (jiodosà), lors- que les ramifications de la racine présentent de distance en distance des espèces de renlïemens on de nœuds ' qui lui donnent quelque ressemblance avec un chapelet ; c'est ce que l'on observe dans la filipendule. 6" Grenue (tjranulatd), celle qui présente sur différens points de son étendue de petits bourgeons souterrains éeailleux et pisi- formes : par exemple dans la saxifrage grenue. 7" Fasciculée (fasciculata), quand elle est formée par la réu- nion d'un grand nombre de fibres renflées plus ou moins alon- gées, partant toutes delà base de la tige, comme celles des aspho- dèles, des dahlias (Fig. V), des renoncules 2 . 8° Un appelle racine capillaire (capillaris) celle qui est formée de fibres capillaires très déliées, comme dans la plupart des Gra- minées, le blé, l'orge. 9° Chevelue (co?nosa), quand les filets capillaires sont rameux ci tirs serrés, comme dans les bruyères. La manière plus précise et plus physiologique dont nous avons organes r„-i , . .. ... _ _ racines reluli- la force et la grandeur des tiges quelles supportent. Les Pal- vementàtatige. miers et les Conifères, dont le tronc acquiert quelquefois une hau teur de plus de cent pieds, ont des racines courtes, s'étendant peu profondément dans la terre, et ne les y fixant que faiblement. Des plantes herbacées, au contraire, dont la tige faible et grêle meurt chaque année, ont quelquefois des racines d'une force et d'une longueur considérables relativement à celles de la tige, comme on l'observe dans la réglisse, la luzerne, et dans Vononis arvensis . (qui, à cause de la ténacité et de la profondeur de ses racines, a été appelé amête-hœuf). L'usage principal des racines est d'absorber dans le sein de la Elles absor- terre l'eau chargée des substances qui doivent servir à l'accroisse- nutritifs. ""^ ment du végétal. Mais tous les points de la racine ne concourent pas à cette fonction. Ce n'est que par l'extrémité de leurs fibres les plus déliées que s'exerce cette absorption. Ces fibres sont terminées par les spoiigiohs , ou extrémités des .p.™ lesspon- fibres radicellaires, seules parties par lesquelles se fait la succion g '° des liquides. Il n'est point d'expérience plus facile à faire que celle au moyen de laquelle on démontre d'une manière péremptoire le point de la racine parlequel se fait l'absorption. Si l'on prend un radis ou un navel , qu'on le plonge dans l'eau par l'extrémité de la radicule qui le termine, il poussera des feuilles et végétera. Si, au con- traire, on le place dans l'eau de manière à ce que son extrémité inférieure soit hors du liquide, il ne donnera aucun signe de dé- veloppement. Les racines de certaines plantes paraissent excréter une ma- Excrétionsdea tière particulière , différente dans les diverses espèces. Duhamel rac,nes rapporte! qu'ayant fait arracher de vieux ormes, il trouva la terre qui environnait les racines plus onctueuse et d'une couleur plus foncée. Cette matière onctueuse et grasse était le produit d'une sorte d'excrétion faite par les racines. Lorsque l'on fait végéter des jacinthes, des narcisses ou toute autre plante dans l'eau, un voit la surface des racines m: recouvrir d'une sorte d'enduit muqueux , qui linit par communiquer à l'eau une odeur plus ou moins désagréable et fétide, et qui est une véritable excrétion de la racine. C'est a celte 72 ORGANES' DE 1> A NUTRITION. matière, qui, comme nous l'avons dit , est différente dans chaque espèce végétale, que l'on a attribué les sympathies et les antipathies que certains végétaux ont les uns pour les autres. On sait , en ef- fet , que certaines plantes se recherchent en quelque sorte , et vi- vent constamment les unes à coté des autres , ce qui forme les plantes sociales; tandis qu'au contraire d'autres semblent ne pou- voir croître dans le même lieu. Tendance des On a remarqué que les racines ont une tendance marquée à se bonne S terre! a diriger vers les veines de bonne terre, et que souvent elles s'alon- gent considérablement pour se porter vers les lieux où la terre est plus meuble et plus substantielle : elles s'y développent avec plus de force et de rapidité. Duhamel dit que , voulant garantir nn champ de bonne terre des racines d'une rangée d'ormes qui s'y étendaient et en épuisaient une partie, il fit faire le long de cette rangée d'arbres une tranchée profonde qui coupa toutes les ra- cines qui s'étendaient dans le champ. Mais bientôt les nouvelles ra- cines , arrivées à l'un des côtés du fossé , se recourbèrent en sui- vant la pente de celui-ci jusqu'à la partie inférieure : là, elles se portèrent horizontalement sous le fossé, se relevèrent ensuite de l'autre côté , en suivant la pente opposée , et s'étendirent de nou- veau dans le champ. Leur force de Les racines , dans tous les arbres , n'ont pas la même force pour pénétration. pénétrer dans le tuf Le meme Duhamel a fait l'observation qu'une racine de vigne avait pénétré profondément dans un tuf très dur, tandis qu'une racine d'orme avait été arrêtée par sa dureté, et avait en quelque sorte rebroussé chemin. Tendance des La racine , ainsi que nous l'avons dit précédemment , a une ten- cS e e s v d e e rs ,'a dance naturelle et invincible à se diriger vers le centre de la terre. lcrre Cette tendance se remarque surtout dans cet organe , au moment où il commence à se prononcer, à l'époque de la germination de l'embryon; plus lard elle est moins manifeste, quoiqu'elle existe toujours, surtout dans les racines qui sont simples, ou dans le pivot des racines rameuses ; car elle est souvent nulle dans les ramifica- tions latérales de la racine. Quels que soient les obstacles que l'on cherche à opposer à cette tendance naturelle de la radicule, elle sait les surmonter. Ainsi, disposez une graine germante de fève ou de pois de manière que les DE I.V RACINE. 73 cotylédons soient placés dans la lerre et la radicule en l'air, vous verrez bientôt cette radicule se recourber vers la terre pour aller s'y causes do cet te enfoncer. On a donné beaucoup d'explications diverses de ce plié- actlon ' nomène : les uns on dit que la racine tendait à descendre , parce que les fluides qu'elle contenait étaient moins élaborés, et par con- séquent plus lourds que ceux de la tige ; mais celte explication est contredite par les faits. En effet, ne voit-on pas dans certains vé- gétaux exotiques , tels que le china rosea , etc. , des racines se dé- velopper sur la tige aune hauteur très considérable, et descendre perpendiculairement pour s'enfoncer dans la terre? Or, dans ce cas , les fluides contenus dans ces racines aériennes sont de la même nature que ceux qui circulent dans la tige ; et néanmoins ces racines, au lieu de s'élever comme elle, descendent au con- traire vers la terre. Ce n'est donc pas la différence de pesanteur des fluides qui leur donne celte tendance vers le centre de la lerre. D'autres ont cru trouver celle cause dans l'avidité des racines Expériences ,,,.,., de Duhamel. pour 1 humidité, humidité qui est plus grande dans la terre que dans l'atmosphère. Duhamel, voulant s'assurer de la réalité de cette explication, fil germer des graines entre deux éponges hu- mides et suspendues en l'air : les racines, au lieu de se porter vers l'une ou l'autre des deux éponges bien imbibées d'humidité, glissèrent entre elles, et vinrent pendre au dessous, en tendant ainsi vers la terre. Ce c'est donc pas l'humidité qui attire les racines vers le centre de la terre. Serait-ce la terre elle-même par sa nature et par sa masse? , Expériences r l de Dulrocnet. L'expérience contredit encore cette explication. M. Dutrochet remplit de lerre une caisse dont le fond était percé de plusieurs trous; il plaça dans ces trous des graines de haricots germantes, et il suspendit la caisse en plein air à une hauteur de six mètres. De cette manière, dit-il, les graines, placées dans les trous prati- ques a la face inférieure de la caisse, recevaient de bas en haut l'influence de l'atmosphère et de la lumière : la terre humide se trouvait placée au dessus d'elles. Si la cause de la direction d( celte partie existait dans sa tendance pour la lerre humide, on devait voir la radicule mouler dans la terre placée au dessus d'elle, ci la lige au contraire descendre vers L'atmosphère placée au des- sous : c'est ce qui n'eut point lieu. Les radicules des graines des 74 ORGANES DE LA NUTRITION. cendirent dans l'atmosphère, où elles ne lardèrent pas à se dessé- cher; les plumules, au contraire, se dirigèrent en haut dans la terre. Roues tour- M. Knight, célèbre physicien anglais, a voulu s'assurer par l'ex- ilantes de , . . .. . , ,. , m. Knight. penence si cette tendance ne serait pas détruite par le mouvement rapide et circulaire imprimé à des graines germantes. Il fixa des graines de haricots dans les augets d'une roue mue continuelle- ment par un filet d'eau dans un plan vertical, cette roue faisant cent cinquante révolutions en une minute. Ces graines, placées dans de la mousse sans cesse humectée, ne tardèrent pas à germer ; toutes les radicules se dirigèrent vers la circonférence de la roue, et toutes les gemmules vers son centre. Par chacune de ces direc- tions, les radicules et les gemmules obéissaient à leurs tendances naturelles et opposées. Le même physicien fit une expérience ana- logue avec une roue mue horizontalement et faisant deux cent cinquante révolutions par minute ; les résultats furent semblables, c'est à dire que toutes les radicules se portèrent vers la circon- férence et les gemmules vers le centre, mais avec une inclinaison de dix degrés des premières vers la terre, et des secondes vers le ciel. Ces expériences, répétéespar M. Dutrochet, ont eu les mêmes résultats, excepté que dans la seconde l'inclinaison a été beaucoup plus considérable, et que les radicules et les gemmules sont deve- nues presque horizontales. Des diverses expériences rapportées ci-dessus il résulte évi- demment que les racines se dirigent vers le centre de la terre, non parce qu'elles contiennent un fluide moins élaboré, ni parce qu'elles y sont attirées par l'humidité ou par la nature même de la terre , mais par un mouvement spontané, une force intérieure , une sorte de soumission aux lois générales de la gravitation , à moins qu'on ne veuille admettre dans l'axe végétal une propriété spéciale , une sorte de polarité qui entraîne chacune de ses deux extrémités dans un sens opposé. Les plantes Mais, quoiqu'on puisse dire que celte loi de la tendance des ra- Béfcsenf pas "à" cines vers le centre de la terre soit générale , néanmoins quelques râle 6 loi 8 ' né " végétaux semblent s'y soustraire : telles sont en général toutes les plantes parasites , elle gui (viscum album) en particulier. Cette plante singulière, qui vit en parasite sur le pommier, le peuplier, el DE LA RACINE. 75 une foule d'aulres arbres où elle forme des touffes d'un beau vert, Expériences pousse en effet sa radicule dans quelque position que le hasard la S " place ; ainsi, quand la graine, qui est enveloppée d'une glu épaisse et visqueuse , vient à se coller sur la parlie supérieure d'une bran- che, sa radicule , qui est une sorte de tubercule évasé en forme de cor de chasse , se trouve alors perpendiculaire à l'horizon : si , au contraire, la graine est placée à la partie inférieure de la branche, la radicule se dirige vers le ciel. La graine est-elle située sur les parties latérales de la branche , la radicule se dirige latéralement. En un mot , dans quelque position que la graine soit fixée sur la branche, la radicule se dirige toujours perpendiculairement à l'axe de la branche. M. Dutrochet a fait sur la germination de cette graine un grand nombre d'expériences pour constater la direction de la radicule. Nous rapporterons ici les plus intéressantes. Cette graine, qui trouve dans la glu qui l'enveloppe les premiers matériaux de son accroissement, germe et se développe non seulement sur du bois vivant ou mort, mais encore sur des pierres, du verre, et même sur du fer. M. Dutrochet en a fait germer sur un boulet de canon. Dans tous les cas la radicule s'est toujours dirigée vers le centre de ces corps. Ces faits prouvent, ainsi que le remarque cet ingé- nieux expérimentateur, que ce n'est pas vers un milieu propre à sa nutrition que l'embryon du gui dirige sa radicule , mais que celle- ci obéit à l'attraction des corps sur lesquels la graine est fixée, quelle que soit leur nature. Mais cette attraction n'est qu'une cause éloignée de la tendance de la racine du gui vers les corps. La véritable cause est un niou- \ tiiiciii intérieur et spontané exécuté par l'embryon à l'occasion de l'attraction exercée sur sa radicule. M. Dutrochet colle une graine de gui germée à l'une des extrémités d'une aiguille de cuivre, sem- blable à une aiguille de boussole, et placée de même sur un pivot; une petite boule de cire mise à l'autre extrémité forme le contre- poids de. la graine. Les choses ainsi disposées, M. Dutrochet ap- proche latéralement de la radicule une petite planche de i><>is, à environ un millimètre de distance. Cet appareil est ensuite recou- \ni d'une cloche de Terre, afin de le garantir de l'action des agens extérieurs. Au bout de cinq jours la tige de l'embryon s'est 76 ORGANES DE LA NUTRITION. fléchie , et a dirigé la radicule vers la petite planche qui l'avoisi- nait, sans que l'aiguille ait changé de position, malgré son extrême mobilité sur le pivot. Deux jours après , la radicule était dirigée perpendiculairement vers la planche avec laquelle elle s'était mise en contact , sans que l'aiguille qui portait la graine ait éprouvé le moindre dérangement. La radicule du gui présente encore une autre tendance con- stante , c'est celle de fuir la lumière. Faites germer des graines de gui sur la face interne des vitres d'une croisée d'appartement, et vous verrez toutes les radicules se diriger vers l'intérieur de l'ap- partement pour y chercher l'obscurité. Prenez une de ces graines germées , appliquez-la sur la vitre en dehors de l'appartement , et sa radicule s'appliquera contre la vitre, comme si elle tendait vers l'intérieur de l'appartement pour fuir la lumière. usagesécono- Dans l'économie domestique, beaucDiip de racines sont utile- » fi U s? s des ra ~ ment employées comme alimens. Ainsi les carottes, les navets , les panais, les salsifis, et beaucoup d'autres racines sont trop univer- sellement usitées pour que nous soyons obligé d'entrer dans des détails à cet égard. On extrait de la betterave , par des procédés que la chimie a singulièrement perfectionnés , un sucre identique avec celui de cannes , et qui peut avantageusement remplacer celui que nous tirons à grands frais des colonies. Ce principe existe aussi dans la carotte, le navet et un grand nombre d'autres racines. Certaines plantes ayant la faculté de pousser des racines qui se ramifient et s'étendent à de grandes dislances, on s'en est servi pour consolider les terrains mouvans. C'est ainsi qu'en Hollande, aux environs de Bordeaux, on plante le Carex arenaria, VJrundo arenaria, sur les dunes et les bords des canaux, afin de fixer les terres. Dans plusieurs autres pays on plante, pour remplir le même objet, YHippophae rhamnoides ou argousier, le genêt d'Espagne, etc. Plusieurs racines sont employées avec avantage dans la teinture. Telles sont celles de garance, d'orcanetle, d'épine-vinelle, de cur- cuma, etc. usages médi- Quant aux usages médicinaux des racines, on sait que la théra- ni,aux peulique leur emprunte des médicamens précieux. Relativement à DE LA RACINE. 77 la saveur qui y prédomine, les racines officinales -ont été divisées en : § 1. Racines fades : principe muqueuxou amylacé. Guimauve officinale (Althœa ofjtcinalis, Z.). Grande Consolide (Symphytum officinale, Z.). Chiendent (Triticum repens, Z.), etc., etc. § 2. Racines douces et sucrées. Réglisse (Glycyrrhiza glahra, Z.). Polypode (Polypodium commune, Z.), etc., etc. § 3. Racines peu sapides, ou légèrement amères. Salsepareille (Smilax Sarsaparilla, Z.). Squine (Smilax China, Z.). Bardane (Arctium Lappa, Z.). Patience (Rumex Paiientia, Z.). § h. Racines aromafiq ues et odorantes. Valériane (/ aleHana officinalis, Z.). Serpentaire de Virginie (Aristolochia serpenlaria, Z.). Angélique (Angelica Archangelica, Z.). Aunée (Inula Helenium, Z.). Benoite (Geum urbanum, Z.). Raifort (Cochlearia armoracia, Z.). Ginseng (Panax quinquefolium, Lamk.). § 5. Racines amères. Grande Gentiane (Gentiana lutea, Z.). Rhubarbe {Rheum palmatum et/?, undulatum, Z.). Columbo (Cocculus palmatus, DC.}. Polygala amer (Polygala amara, Z.). Chicorée sauvage (Cichorium Intyhus, Z.). § 6. Racines acerbes. Bistorte (Pohjgonum Bislorta, Z.). Tormentille (Tormentilla crecta, Z.). § 7. Racines acres et nauxêulto nd es. Ipécacuanha annelé ' (Cephœlis Ipccacuanha , Rich.). ïpéoacuanha simple ou strié (Ptychotria enwlica, Z.). 1 Voyez mon Mémoire sur les deux espères à' ipécacuanha tirées de la famille des Bubiacées, inséré dans les bulletins de la Société de la Faculté pour L'année 1818, et mon Histoire naturelle et médicale des différentes espèces d'ipécacuanhs du commerce. Paris, 1820, Un vol. in-'i ", (i-. Chei Béchèl jeurie. 78 ORGANES DE LA NUTRITION. Cabaret (Asarum europœum, L.). Hellébore noir (Helleborus niger). Hellébore blanc (Peratrum alhuin). Jalap (Convolvulus Jalapa, Z.), etc., etc. CHAPITRE II. DE LA TIGE (Caulis, Z.). Définition. Nous venons de voir la racine tendre généralement à s'enfoncer vers le centre de la terre. La tige, au contraire, est cette partie de la plante qui, croissant en sens inverse de la racine, cherche l'air et la lumière, et sert de support aux feuilles, aux fleurs et aux fruits, lorsque la plante en est pourvue. Rappelons-nous cepen- dant que la prolongation inférieure de l'axe végétal fait également partie de la tige, dans laquelle on peut ainsi reconnaître une por- tion aérienne ou lige proprement dite, et une portion souterraine ou souche. Tous les vé- Tous les végétaux Phanérogames ont une tige proprement dite, getaux. 01 ]\|ais quelquefois cette tige est si peu développée, tellement courte, qu'elle paraît ne pas exister. Les plantes qui offrent cette disposi- tion ont été dites sans tige ou acaules ; telles sont la primevère, la jacinthe et beaucoup d'autres. uampe. Ne confondons pas avec la véritable tige la Hampe et le Pédon- cule radical. La Hampe (Scapus) est un support de fleurs nu, ou un pédoncule ne portant pas de feuilles, qui part du collet delà ra- cine, et qui se termine par une ou plusieurs fleurs, comme dans la jacinthe. Pédoncule ra- Le Pédoncule radical (Peduncuhis radicalis) diffère de la Hampe en ce qu'au lieu de naître du centre d'un assemblage de feuilles radicales il sort de l'aisselle d'une de ces feuilles : par exemple dans les plantains (Planlago média, P. lanceolata,etc), les primevères, etc. cinq espèces On distingue cinq espèces principales de tiges, fondées sur leur organisation et leur mode particulier de développement. Ces es- i° Tronc. DE LA TIGE. 79 pèces sont : 1° le Tronc, 2° \c Stipe, 3° le Chaume, U° la Souche, h" la Tige proprement dite. 1" On appelle Tronc (Truncus) la tige des arbres de nos forêts, du chêne, du sapin, du frêne, etc. Il a pour caractères d'être li- gneux, conique, alongé, c'est à dire d'offrir sa plus grande épais- seur à sa base. Il est nu et simple infërieurement, terminé à son sommet par des divisions successivement plus petites, auxquelles on a donné les noms de branches, de rameaux et de ramilles ou ramuscules, et qui portent ordinairement les feuilles et les organes de la reproduction. Le tronc est propre aux arbres dicotylédones ; composé intérieurement de couches concentriques, ou de cônes emboîtés , il croît en longueur et en épaisseur par l'addition de nouvelles couches à sa circonférence. 2" Le Stipe ( Frons, Stipes de Linné ) est une sorte de tige qu'on 2° stipe. n'observe que dans les arbres monocotylédonés, tels que les Pal- miers, les Dracœna, les Yucca, et dans certains dicotylédons, sa- voir, le Cycas et leZamia. Il est formé par une espèce de colonne 1 cylindrique, c'est à dire aussi grosse à son sommet qu'à sa base (ce qui est le contraire dans le tronc), souvent même plus renflée à sa partie moyenne qu'à ses deux extrémités, rarement ramifiée, cou- ronnée à son sommet par un bouquet de feuilles entremêlées de (leurs. Son écorce, lorsqu'il en a une, est ordinairement peu dis- tincte du reste de la lige. Son accroissement en hauteur se fait par le développement du bouton qui le termine supérieurement; il s'accroît en épaisseur par la multiplication des filets vasculaires qu'il contient dans son intérieur. Nous ferons voir bientôt, en traitant de la structure analomique des liges, que le stipe ne diffère pas moins du tronc par son orga- nisation intérieure que par les caractères physiques que nous ve- nons d'indiquer. S Le Chaume (Culmus) est propre aux Graminées, c'est à dire 3°chamaa au blé, à l'orge, à l'avoine, etc., aux Cypéracées el aux joncs, etc. C'est une tige simple, rarement ramifiée, le plus souvent fislu- leuse - (c'est à dire creuse dans son intérieur), et séparée de ' On le désigne souvent par le nom de tronc ou tige à colonne. - Quelquefois cependant elle est pleine intérieurement, comme dans la canin a sucre, le mais. 4° Souche. 80 ORGANES DE LA NUTRITION. distance en distance par des espèces de nœuds on cloisons, des- quels partent des feuilles alternes et engainantes. U° La Souche ou llhizoma ' (Fig. IX). On a donné ce nom aux Fiï. IX. J tiges souterraines et horizontales des plantes vivaces, cachées entièrement ou en partie sous la terre, poussant de leur extrémité antérieure de nouvelles tiges, à mesure que leur extrémité posté- rieure se détruit. C'est à cette tige souterraine que l'on donne, en général, les noms impropres de racine progressive, de racine succise,- exemple : l'iris, la scabieuse succise, le sceau de Salo- mon. Outre sa direction à peu près horizontale sous la terre, un des caractères principaux de la souche, caractère qui la distingue de la racine, c'est d'offrir toujours sur quelques points de son étendue les traces des feuilles des années précédentes , ou des écailles qui en tiennent lieu, et de s'accroître par sa base ou point le plus rapproché des feuilles ; ce qui est le contraire pour la véri- table racine. Le nombre des plantes pourvues de souche ou de tige souter- raine est beaucoup plus considérable qu'on ne l'imagine commu- nément. Un grand nombre de plantes dites sans tiges, ou acaules, et de plantes vivaces, sont pourvues d'une souche plus ou moins développée. C'est ce que l'on observe, par exemple, dans la sylvie {anémone nemorosd), la moschatelline (adoxa nioschatellina), le paris quadrifolia, etc. La partie de ces plantes qui a été dé- * Rhizoma, «lérivé de pi~v-, racine, et u«o ( u«, corps. DE LA TIGE. SI ente comme une racine tubéreuse, est une véritable souche. C'est à la souche ou tige souterraine qu'on doit «apporter, ainsi que nous l'avons déjà annoncé dans le chapitre précédent, plu- sieurs autres modifications qu'on avait à tort regardées comme des racines ; telles sont les prétendues racines horizontale des Iris, succise des scabieuses, articulée des gratioles, sigillée du sceau de Salumon, contournée de la bistorte. Toutes ces prétendues racines ne sont en effet que des tiges souterraines, et ce sont les fibres cylindriques qui en naissent qui seules constituent la vraie racine. 5° Enfin l'on donne le nom commun et général de fines à celles :i ° Ti s e P r °- . ,.«w , , , ,, ° premeni dilc qui, ditlerentes des quatre espèces précédentes, ne peuvent être rapportées t à aucune d'elles. Le nombre des végétaux pourvus d'une lige proprement dite est beaucoup plus considérable que celui des végétaux qui ont un stipe, une souche, un chaume ou un tronc. Nous allons maintenant étudier la tige en général, quant aux modifications qu'elle peut offrir. A. Sous le rapport de la consistance, on distingue la ti^e : Sa ron s'stanro. 1° Herbacée (herbaceus), celle qui est tendre, verte, et périt chaque année : telles sont celles des plantes annuelles, bisan- nuelles et vivaces, le mouron des champs, la bourrache, la con- solide, etc. Toutes ces plantes prennent le nom général d'herbes (JierhtB). 2° Demi-ligneuse on sous-ligneuse (suffruticosus), quand la base est ligneuse et persiste hors de terre un grand nombre d'an- nées, tandis que les rameaux et les extrémités des branches pé- rissent et se renouvellent tous les ans : telles sont celles de la rm-, odorante (ruta graveolens), du thym des jardins {thymus ru!- garîs), de la sauge officinale (salvia officinalis). Les végétaux qui offrent une semblable tige portent le nom (iesous-arhrisscau.r (su/Jrutices). Ils sont dépourvus de bourgeons écailleux. 3° Ligneuse lignosus), quand la tige est persistante, et que sa dureté est semblable à celle que l'on connaît au bois en général. Les végétaux à lige ligneuse se divisent en : Arbustes (frutices), quand ils sont de petite taille, qu'ils s. ramifient dès leur base et ne portent pas de I -tons écailleux ; par exempte, les bruyères, lesdaphné, les phylica. (i 82 ORGANES DE LA NUTRITION. Arbrisseaux (arbusculœ), s'ils sont ramifiés dès leur base et portent des bourgeons écailleux, comme le noisetier et lelilas, etc. Enfin ils retiennent le nom $ arbres proprement dits, lorsqu'ils présentent un tronc d'abord simple et nu dans sa partie inférieure, ramifié seulement vers sa partie supérieure : le chêne, l'orme, le pin, etc. Cette division est tout à fait arbitraire, et n'existe point dans la nature. En effet, un arbre de la même espèce peut offrir Jces trois modifications de grandeur, suivant les expositions auxquelles il est soumis, ou par l'art du cultivateur. Ainsi, l'ormille, le petit buis, dont on fait des bordures de plates-bandes dans nos jardins, en ayant soin de les tailler fréquemment, et qui souvent n'ont pas plus de quatre à six pouces d'élévation, sont absolument de la même espèce que l'orme et le buis ordinaire, dont les tiges, sur- tout celles du premier, s'élèvent ordinairement à une grande hau- teur, lorsque ces végétaux sont abandonnés à eux-mêmes. 4° Solide ou -pleine (solidus), quand elle n'offre aucune cavité intérieure. Par exemple, la canne à sucre, le tronc de la plupart des arbres. Cette épithète s'emploie toujours par opposition à la suivante. 5° Fistuleuse (fistulosus), offrant une cavité intérieure, conti- nue ou séparée par des cloisons horizontales : Yarundo donaor, Y angéYique, Y œnanthe fistulosa, le bambou, le cecropiapellata, grand arbre de l'Amérique méridionale, dont le tronc toujours creux est pour celle raison nommé bois-canon par les habitans de la Guiane française. 6° Médulleuse (jnedullosus) , remplie de moelle : l'hyèble, le sureau, le figuier. 7° Spongieuse (spongiosus), formée intérieurement d'un tissu cellulaire élastique, spongieux, compressible, retenant l'humidité à la manière des éponges : ex., typha latifolia , scirpus lac us- tris, etc. 8° Molle {mollis, flarcidus) , quand elle ne peut se soutenir d'elle-même et qu'elle tombe sur la terre : par exemple, le mou- ron des champs (anagallis arvensis). 9° Ferme ou raide (rigidus), lorsqu'elle s'élève directement et se soutient droite : ex., la historié (polygonum bistorla). DE LA TIGE. 83 10° Flexible (fie xibilis), quand on peut la plier ou la fléchir aisément sans qu'elle se rompe : l'osier. 11° Cassante (fragilis), quand elle est raide et se casse faci- lement : celle de l'herbe à Robert {géranium robertianurri) , les différentes espèces de charognes, etc. 12° Charnue (succulentus) , celle qui renferme une grande quantité de sucs ou de substance aqueuse : par exemple, la bour- rache, le pourpier. Les tiges charnues peuvent être laiteuses, c'est à dire renfer- mer un suc blanchâtre et lactiforme ou jaunâtre, comme les eu- phorbes, la grande éclaire (chelidonium majus), le pavot, etc. B. Quant à sa forme , la lige peut offrir un grand nombre de modifications ; ainsi on l'appelle : 1° Cylindrique 1 (cylindricus, teres), quand sa forme générale approche de celle d'un cylindre, c'est à dire que sa section trans- versale offre un cercle dont les différens diamètres sont à peu près égaux. Cette forme se trouve dans le tronc de la plupart des arbres de nos forêts , et dans une foule de plantes herbacées, comme la stramoine (datura stramoniuni) , le lin, etc. 2° Effilée (vir g atus) , ou en baguette, celle qui est grêle , lon- gue, droite, et s'alongc considérablement en diminuant de la base vers le sommet : tellecst celle de la guimauve (althœa officinalis), de la gaude (reseda luteola) , de la salicairc (Jythrum salicarià). 3° Comprimée (compressus) , lorsqu'elle est légèrement aplatie sur deux côtés opposés (le poa compressa). U" Ancipitéc (ancepi), quand la compression est portée jusqu'au point de former deux tranchans semblables à ceux d'un glaive. Ex : l'androsème (androsœmum officinale), le poa anceps, etc. 5° Angulée (angulatus), lorsqu'elle est marquée d'angles ou de lignes saillantes longitudinales, dont le nombre est déterminé. Selon que ces angles sont aigus ou obtus, on la dit : icutangulée ou ohtasangulée. 1 Remarquons ici que dans le règne organique les formes géométriques ne sont jamais aussi régulières, aussi rigoureusement déterminées que dans les mi- néraux. Ainsi, quand on dit d'une tige qu'elle est cylindrique, on exprim< s, ni, n " '"' I"' ' r "'"' 'i 1 "- c'est < I « i cylindre que sa forme m- rapproche davantage. Sa forme. S/i ORGANES DE LA NUTRITION. Suivant le nombre des angles , et par conséquent des (aces dis- tinctes qu'elle présente, on la nomme : Triangulaire , trigone ou triquètre (triangularis , trigonus , triqueter), quand elle offre trois angles : tels sont beaucoup de carex , le scirpus sylvaticus, etc. Quadrangulaire , tétragone (quadrangularis, tetragonus), quand elle a quatre angles et quatre faces.- Si les angles sont égaux ainsi que les faces, elle est carrée : telles sont la plupart des La- biées, comme la menthe , la sauge, le marrube , etc. Pentagone (jientagonus) , lorsqu'elle présente cinq faces. Hexagone (Jiexagonus) , quand elle en offre six. 6° On dit de la tige qu'elle est anguleuse (angulosns) , lorsque le nombre des angles est très considérable, ou que l'on ne veut pas le déterminer avec précision. 7° Noueuse (iiodosus) , offrant des nœuds ou renflemens solides de distance en distance : les Graminées, \egeraniumrobertianum. 8° Articulée (articulatus) , formée d'articulations superposées et réunies bout à bout : le gui , beaucoup de Caryophyllées , etc. 9° Géniculée (geniculatus), quand les articulations sont fléchies angulairement : exemple, Y a/sine média, le géranium sangui- ne uni. 10° Sarmenteuse (sarmentosus) , une tige frutiqueuse trop fai- ble pour pouvoir se soutenir elle-même, et s'élevant sur les corps voisins, soit au moyen d'appendices particuliers, nommés vrilles, soit par sa simple torsion autour de ces corps : par exemple , la vi- gne , le chèvre-feuille. 11° Grimpante (scandens, radicans) , celle qui s'élève sur les corps environnans et s'y attache au moyen de racines, comme le lierre (Jxedera hélix) , le hignonia radicans , etc. 12° Foluhile (volubilis) , la tige qui s'entortille en forme de spirale autour des corps voisins. Une chose bien digne de remar- que, c'est que les mêmes plantes ne commencent point leur spirale indistinctement à droite ou à gauche. Elles se dirigent constam- ment du même côté dans une même espèce. Ainsi , quand la spi- rale a lieu de droite à gauche , la tige est dite dextrorsùm volu- bilis, comme dans le haricot, le dolichos, le liseron. On dit au contraire qu'elle est sinislror.sùm volubilis quand elle commence DE LA TIGE. 85 sa spirale de gauche à droite : par exemple, le houblon, le chèvre- feuille. 13° Grêle (gracifis), quand elle est très longue en comparaison de sa grosseur : par exemple , la stellaria holostea , Yorchis co- nopsea, etc. \k° Filiforme (filiformes), quand elle est fort grêle et couchée à terre, comme dans le canneberge (vaccinium oxycoccos). C. D'après sa composition, on dislingue la lige en : Sa compos i, 1° Simple (simplex) , lorsqu'elle est sans ramifications mai- ll0 "' quées : exemple, le bouillon-blanc (verbascum thapsus), la digi- tale pourprée (digitulispurpurea). 2° Rameuse (ramçsus), divisée en branches et en rameaux. La lige peut être rameuse dès sa base (bâti ramosus), comme l'ajonc ou landier (ulex europœus), ou seulement vers son sommet (apice ramosus^). 3° Dichotome (dichotomus), lorsqu'elle se divise par bifurca- tions successives : telle est celle de la mâche (valerianella locus- ta), de la stramoine (datura s tram oui uni). h° Trichotome (trichotomus) , se divisant par Irifurcations, comme dans la belle-de-nuit (mjetago Iwrlensis). Quant à la disposition des rameaux, relativement à la tige, comme leurs diverses modifications sont parfaitement analogues à celles que nous observons dans les feuilles , nous croyons inutile d'en parler ici , ce que nous dirons bientôt de la position des feuilles sur la tige pouvant s'appliquer également à celle des bran- ches et des rameaux. D. Suivant sa direction, on dit que la lige est : Sa direction 1° P ertica le ou dressée ' (verticalis, erectus) , quand clleesl dans une direction verticale relativement à l'horizon : par exem- ple , celle de la raiponce (campanula rapuuculus), de la linairc (antirrhin uni linarid). 1 II ne faut pas confondre la tige droite {reclus) avec la tige dressée (ereclus). La première s'élève directement sans former aucune courbure, aucune de\ iation lu. raie, comme dans le bouillon-blanc, par exemple; la seconde, au contraire, n'exprime que l'opposition à tige couchée (prostratus). Une tige dressée peut donc ne point être droite; ne' dul le externe, par opposition au nom de médulle interne qu'il Médulle ex- donne à la moelle. Sa couleur n'est pas propre au tissu cellulaire qui la compose; elle est due aux petits grains de chromule placés dans les cellules , et que M. Dutrochet considère comme des cor- puscules nerveux. L'enveloppe herbacée, ou médulle externe, renferme souvent i e8 E,I rt»ravoK les sucs propres des végétaux, qui sont contenus dans des canaux de M " s P«>P™»- simples ou fascicules, comme dans le chanvre , beaucoup d'Apo- 7 98 ORGANISATION DE LA TIGE DES DICOTYLÉDONS, cynées , etc. , ou dans des réservoirs particuliers , comme dans beaucoup de Conifères. Elle se répare facilement sur la tige des végétaux ligneux ; mais ce phénomène n'a pas lieu dans les plantes annuelles. Elle paraît avoir une organisation et des usages analo- gues à ceux de la moelle renfermée dans l'étui médullaire. C'est cette enveloppe herbacée qui, ayant acquis une épaisseur considé- Liège. rable et des qualités physiques particulières, constitue la partie connue sous le nom de liège dans le quercus suber , et dans quel- ques autres végétaux, tels que l'orme et l'érable. L'enveloppe her- bacée est le siège d'un des phénomènes chimiques les plus remar- quables que présente la vie du végétal. En effet, c'est dans ce tissu, qui entre également dans la structure des feuilles , que, par une cause difficile à apprécier , s'opère la décomposition de l'acide carbonique absorbé dans l'air par la plante. Le carbone reste dans l'intérieur du végétal ; f oxigène, mis à nu, est rejeté à l'extérieur. Remarquons cependant que cette décomposition n'a lieu que lors- que la plante est exposée aux rayons du soleil , tandis que l'acide carbonique est rejeté indécomposé , quand le végétal ne se trouve plus sous l'influence de la lumière solaire. Elle se renou- Cet organe se renouvelle en partie chaque année. Il joue encore veiie. un ro | e trés important d ans i es phénomènes de la végétation ; c'est lui , en effet, qui , au retour de la belle saison , sollicite la sève à monter jusque vers les bourgeons, et devient ainsi un des mobiles les plus puissans de leur élongation aérienne. Il est très facile de découvrir l'enveloppe herbacée sur les jeunes branches d'un arbre ; car c'est elle que l'on aperçoit lorsque l'on a enlevé l'épidémie. File s desse- L'enveloppe herbacée ou la médulle externe ne conserve que che et se fen- p eu d'années la couleur verte qu'elle présente sur les jeunes liges. Au bout de deux ou trois ans, son tissu se sèche ; elle perd son ex- tensibilité, se fendille, ainsi qu'on le voit sur le tronc et les vieilles branches de l'orme, du chêne; d'autres fois môme elle s'enlève par plaques qui tombent chaque année et à des époques fixes, avec l'é- pidémie qui la recouvre, comme dans le platane. DES COUCHES CORTICALES. 99 § 3. Des couches corticales. Toute la partie intérieure de l'écorce au dessous de l'enveloppe couches cor- herbacée se compose d'une suite de feuillets superposés et inti- l,cales mentent unis ensemble, de manière que la coupe transversale de cette partie offre un grand nombre de couches concentriques exces- sivement minces, et qu'on ne distingue que difficilement les unes des autres. On donne à l'ensemble de ces feuillets le nom général de couches corticales. Plusieurs auteurs partagent ces couches en deux portions (PI. h, fig. V, b). Les plus extérieures, qui sont Liber. plus anciennes, plus desséchées, retiennent spécialement le nom de couches corticales, tandis qu'on nomme liber Les plus profondes, qui sont en même temps les plus récemment développées. Mais cette distinction, tout à fait arbitraire, n'est d'aucune utilité, car ces deux parties ont une même origine, une même structure, et sont par conséquent un seul et même organe. Il est assez rare, malgré le nom liber donné à cette partie Le liber n'en intérieure de l'écorce, soit parce qu'elle se compose de feuillets Po^mc- deTu™ analogues à ceux d'un livre, soit parce que ses fibres ont souvent lets servi à fabriquer le papier, que les lames qui la composent se déta- chent aisément les unes des autres. Elles sont au contraire dans le plus grand nombre des cas intimement soudées et confondues. Mais par la macération, on parvient presque toujours à les isoler en détruisant en partie le tissu cellulaire qui les unissait. Si nous examinons la structure anatomique du liber, nous le Sa siiucmre voyons compose de la manière suivante : au milieu d un tissu cel- lulaire, ordinairement peu différent de celui qui forme l'enveloppe herbacée, sont distribués des faisceaux de tubes fibreux. Sur une coupe transversale de l'écorce, sur une branche d'une année par exemple, les faisceaux forment ordinairement de deux à cinq rangées circulaires emboîtées les unes dans les autres. Primitive- ment , c'est à dire dans la branche très jeune ou tout h fait au sommet de la branche d'une année, on ne trouve qu'une seule ran- gée <1<; faisceaux corticaux. Dans le plus grand nombre des cas ces faisceaux sont d'une forme assez irrégulière, inégaux , alongés transversalement et séparés les uns des autres par des espaces cel- lulaires qui sont évidemment une prolongation des rayons niédul- 100 ORGANISATION DE LA TIGE DES D1COTYLÉDONS. Iaires du bois. D'autres fois au contraire, les lubes fibreux foi - ment une couche parfaitement continue. Mais , dans aucun cas, celte couche de lubes fibreux n'est immédiatement appliquée sur le corps ligneux. Elle en est toujours séparée par une couche plus ou moins épaisse de tissu utriculaire, sur laquelle nous reviendrons plus tard avec détail. A mesure que de nouveaux faisceaux corticaux se forment, ceux qui existaient déjà sont rejetés vers l'extérieur et écartés les uns des autres, et comme le corps ligneux augmente aussi en diamètre, les nouvelles zones de faisceaux corticaux se composent graduelle- ment d'un plus grand nombre de ces faisceaux. Il résulte de laque généralement dans une écorce de quatre à cinq ans, ils forment, sur la coupe transversale, comme des espèces de pyramides triangu- laires dont la base est appliquée sur la couche la plus intérieure de l'écorce et le sommet correspondant à la zone la plus extérieure. Cette disposition s'observe très clairement dans l'écorce du tilleul figurée par M. deMirbel (Mém. sur le liber, tab. 2, fig. 1, 7). On la voit aussi très bien dans le poirier et plusieurs autres arbres. Mais il arrive aussi assez souvent qu'on ne peut la constater. Les faisceaux Les faisceaux de tubes fibreux, en s'anaslomosant fréquemment mentunWâu" enlre eux > forment un lacis ou réseau disposé en membranes, et dont les intervalles ou mailles sont remplies par du tissu utricu- laire. De tous les végétaux connus, il n'en est aucun sur lequel celte organisation soit plus remarquable que sur le laghelto de Saint-Domingue. Les feuillets dont se compose son liber sont ex- cessivement nombreux, très minces, et, quand on les a séparés et qu'on les étend, ils forment nue sorte de tissu fin et délicat qui res- semble à une dentelle grossière. De là le nom vulgaire de bois den- telle donné à cet arbrisseau. Fiicis corii- M. de Mirbel (Ami. se. nat., Mars 1SS5, et Cours compl. cTagric. , 7, page 323) a le premier fait Remarquer que les fais- ceaux qui constituent les couches corticales ne sont pas toujours réunis en couches. Quelquefois, dit ce savant, les couches cortica- les sont remplacées par des filets corticaux ', formés par des tubes simples, distincts les uns des autres et sans anastomoses ; ces tubes s'amincissent à leurs extrémités qui se terminent en cœcum. Celte structure s'observe particulièrement dans les Apocynées, beaucoup taux. DES COUCHES CORTICALES. 101 de Légumineuses, le maitoûier d'Inde* des r'hus, des liserons, elc. Nos observations sont parfaitement d'accord avec celle de notre savant collègue. Et, comme nous l'avons dit précédemment, les tu- bes fibreux qui forment les feuillets du liber sont bien plus souvent réunis en faisceaux, isolés/distincts, qu'en zones ou couches conti- nues. Ainsi, indépendamment des exemples cités par M. deMirbel, où les filets corticaux remplacent les couches corticales, nous avons observé la même disposition dans trois espèces de peuplier, le sambucus uigra, le noyer et une foule d'autres arbres. Ainsi les faisceaux fibreux qui forment le liber peuvent donc être séparés et distincts sous la forme de filets corticaux ou réunis en zones circulaires sous la forme de couches corticales. Le réseau formé par l'anastomose des faisceaux du liber entre eux présente généralement des mailles d'autant plus grandes et plus larges, qu'on l'observe dans la partie la plus extérieure de l'écorce. Cet agrandissement est dû à la distension excentrique à laquelle l'écorce est exposée par suite de son accroissement en épaisseur et de celui du corps ligneux. Les mailles de ce réseau, ainsi que nous l'avons dit précédemment, sont remplies par du tissu ulriculaire qui établit ainsi une communication directe entre toutes les parties de l'écorce. En général, on voit les rayons médullaires du corps ligneux se Les . rayons e > j . médullaires se prolonger jusque dans l'épaisseur de l'écorce, où ils ne tardent pas prolongent dans i iè perdre. Sur une tranche transversale très mince d'une lige d'un à trois ans, celte continuité est tout à fait évidente. Seulement les iavons médullaires qui , dans le bois , paraissent comme ail- lant de lignes opaques, se montrent en lignes transparentes dans l'écorce. On trouve quelquefois des tubes ou vaisseaux propres dans l'é- paisseur même des couches ou des faisceaux corticaux, comme dans les sumacs, par exemple. Les tubes fibreux, dont la réunion constitue les faisceaux du li- structura des . , tubes Bbreiu 'i ( ' ber, sont plus ou moins alongés, selon les espèces, terminés en l'écorce, pointe ou en bi/.eau à leurs deux extrémités, qui sont toujours im- médiatement appliquées à l'extrémité d'autres vaisseaux sembla- bles avec lesquels ils semblent se continuer. Quelques observateurs pensent même qu'au point de réunion de deux vaisseaux fibreux il 102 ORGANISATION DE LA TIGE DES DICOTYLÉDONS. y a une communication directe, par le moyen d'une ouverture excessivement petite. M. Slack a surtout émis cette opinion. Je n'ai jamais été assez heureux pour apercevoir cette commu- nication , quelques efforts que j'aie faits pour y parvenir. Les parois des tubes fibreux sont épaisses , parfaitement transpa- rentes , et le calibre intérieur du tube est excessivement petit. Une coupe transversale d'un faisceau fait voir que la membrane qui les constitue est formée de plusieurs feuillets ou mieux de plusieurs tubes emboîtés les uns dans les autres et immédiate- ment soudés entre eux. M. de Mirbel pense que ces différentes couches, dont la membrane des vaisseaux fibreux se compose, ont été formées successivement. Ainsi les parois seraient d'abord assez minces ; mais petit à petit il se déposerait à leur face interne une matière qui , en s'épaississant, forme un nouveau tube appliqué dans le premier. M. de Mirbel a observé ce développement suc- cessif et cet emboîtement des vaisseaux du liber plus particulière- ment sur le laurier rose et le convolvulus ?iei*vosus. Mes obser- vations sur ce point diffèrent sensiblement de celles de cet habile phytotomiste. En effet, en examinant les tubes fibreux du liber dès le moment où ils commencent à se montrer, c'est à dire dans les branches les plus jeunes, je leur ai presque toujours reconnu des parois fort épaisses et une cavité excessivement petite. A cette épo- que, on ne distingue aucune couche distincte dans l'épaisseur de ces parois. Ce n'est que plus tard que des lignes circulaires se montrent sur la coupe transversale de ces tubes. Dès lors, je serais assez porté à croire que la formation de ces tubes est plus souvent le résultat d'une séparation, d'une sorte de dédoublement de parties d'abord soudées dans l'épaisseur du tube. Selon M. de Mirbel, les tubes fibreux qui constituent le réseau des couches corticales, ou les faisceaux des filets corticaux, ne sont rien autre chose que les vaisseaux latexifères de M. Schultz. C'est une opinion que nous ne partageons pas et sur laquelle nous reviendronsplustard, quand nous traiterons des phénomènes de la nutrition et particulièrement de la circulation de la sève dans les diverses parties du végétal. Les nbics cor- Aussi long-temps que la tige ou la branche est jeune, les cou- rSante" 1 lrès ches corticales conservent un caractère herbacé ; mais, avec les DES COUCHES LIGNEUSES. 103 progrès de l'âge , leurs fibres se dessèchent, deviennent dures, li- gneuses, et perdent leur flexibilité et leur extensibilité. C'est alors que l'on voit l'écorce se fendiller, se gercer, et souvent même s'en- lever par plaques ou par écailles. Mais tant que l'écorce jouit encore de toute sa vitalité et de sa force végétative, ses fibres sont douées d'une très grande ténacité, dont on a souvent tiré parti pour les utiliser. C'est ainsi qu'avec les feuillets corticaux du mûrier à papier on fait des toiles et du papier, qu'avec ceux du tilleul on fabrique les cordes de nos puits. Enfin , les deux matières végétales textiles les plus généralement usitées en Europe , le chanvre et le lin , ne sont que les faisceaux de fibres retirées de l'écorce de ces deux plantes. Un grand nombre d'autres végétaux en fournissent de semblables. A l'exception des vaisseaux propres, dont nous avons signalé la présence au milieu des couches corticales de quelques végétaux, l'écorce ne contient pas de vaisseaux proprement dits , c'est à dire ni trachées ni aucune des variétés de formes des fausses trachées. Il faut néanmoins excepter une seule plante de cette disposition géné- rale. Selon M. Lindley, le Nepenthes distillaloria de l'Inde con- tiendrait des vaisseaux spiraux dans l'épaisseur de son écorce. § h. Des couches ligueuses. Le corps ligneux ou le bois est toute la partie de la tige située couches h immédiatement au dessous de l'écorce, jusqu'à l'étui médullaire. & neuses - Dans la jeune lige, l'écorce et le bois sont intimement confondus et unis entre eux; mais, par suite des années, l'écorce se dislingue très nettement du bois, dont on la sépare avec la plus grande facilité. Le corps ligneux, examiné sur la coupe transversale d'une tige , se compose de couches circulaires ou de cercles inscrits les uns dans les autres (Fig. X), disposés aulourd'un point central qu'on appelle le canal médullaire. Sur une coupe longitudinale, au contraire, il montre qu'il est formé d'une suite de cônes très alongés, se re- couvrant les uns les autres, cl augmentant de largeur à mesure qu'on les observe plus vers la partie extérieure. Toutes ces con- clus m, m parcourues par des lignes rayonnant du centre à la cir- conférence, c'est à dire du canal médullaire à l'écorce. On appelle ces lignes les rayons ou impressions médullaires. lOft ORGANISATION DE LA TIGE DES DICOTYLÉDONS. Elles se distin- Si l'on examine une tige de chêne , de pommier, de cerisier, de ft ue bois n P ?opre- noyer, de cytise des Alpes, ou de tout autre arbre dont le bois est plus ou moins coloré, on voit une différence très sensible entre les couches ligneuses les plus intérieures , qui sont plus foncées et d'un tissu plus dense, et les extérieures qui sont au contraire d'une teinte plus pâle et d'un tissu plus mou. On a donné le nom $ aubier à l'ensemble des couches les plus extérieures du bois , et celui de bois , de cœur de bois ou de duramen aux plus intérieures. Distinction de Quelquefois cette différence de coloration entre le bois et l'aubier est extrêmement marquée , et le changement se fait brusquement et sans nuances intermédiaires , comme dans le bois d'ébène , dont le cœur ou duramen est noir et l'aubier blanc, dans le bois de campêche où il est rouge très foncé , tandis que les couches d'au- bier sont pâles et blanchâtres. Mais il arrive aussi fréquemment que cette différence est insensible, et que les couches extérieures ont la même teinte que les internes. C'est ce qu'on observe dans les bois blancs et légers , comme les pins , les sapins , le peuplier, l'érable , le hêtre , etc. L'aubier dans ce cas n'est donc pas distinct du bois par sa couleur, il en diffère seulement par la moindre soli- dité du tissu qui le compose. Néanmoins, même dans ce dernier cas, on donne le nom d'aubier à ces couches plus extérieures du corps ligneux. Nous n'avons pas besoin de faire remarquer que l'aubier est le même organe que le bois proprement dit , mais seu- lement plusjeune, et n'ayant point encore acquispar conséquent tou- tes les propriétés qu'il doit avoir. Par suite des progrès del'acte vé- gétatif, les couches d'aubier les plus intérieures prennent tous les caractères du bois proprement dit et viennent en augmenter la masse , à mesure que chaque année une nouvelle zone d'aubier ou de jeune bois vient s'ajouter à l'extérieur de celle qui avait été formée l'année précédente. Touslesarbres'n'emploientpas le même temps pour que leur aubier parvienne en quelque sorte à sa ma- turité et se change en bois. Il en est dans lesquels cette transforma- tion exige un assez grand nombre d'années; ainsi M. De Candolle a compté jusqu'à cinquante couches d'aubier dans desPbyïtirœa, quipouvaient avoir environ deux cents ans d'âge; dans d'autres ar- bres, au contraire, le changement se fait avec une grande rapidité. Si l'on examine les couches ligneuses en masse, on voit qu'elles DES COUCHES LIGNEUSES. 105 sont d'autant plus dures qu'elles sont plus intérieures. Au con- traire , on a reconnu que chaque couche ligneuse étudiée isolément est d'autant plus compacte, qu'on l'examine plus vers sa partie externe. On peut expliquer ce dernier fait , en remarquant que la partie interne de la couche se forme au printemps , à une époque où les sucs sont à la fois plus abondans et plus aqueux, tandis que la partie externe se développe en été sous l'influence d'une saison plus chaude et de sucs plus élaborés. Les couches ligneuses n'offrent pas toutes la même épaisseur L'épaisseur des dans les différentes parties intérieures de la tige. En général les plus ses varie, intérieures, celles qui se sont formées les premières et à une époque où l'arbre était dans toute sa vigueur, sont plus épaisses que celles qui se sont développées plus tard. D'ailleurs, plusieurs causes peu- vent encore exercer leur influence sur leur plus ou moins d'épais- seur. Ainsi une année à la fois humide et chaude, en favorisant tous les phénomènes de la végétation, devra donner naissance à une couche plus épaisse qu'une année sèche et froide. Une même zone examinée dans tous les points de sa circonférence peut offrir aussi une épaisseur très variable , c'est à dire être mince dans un point et beaucoup plus épaisse dans un autre. Le développement plus considérable se remarque toujours du côté delà lige qui correspond aux plus grosses racines, qui nécessairement y amènent une plus grande quantité de nourriture et en favorisent l'accroissement. Chaque année , avons-nous dit , il se forme une nouvelle couche " sc forme chaque année ligneuse, à 1 extérieur de celles qui constituaient déjà le corps li- un? couche de gneux. Quelques auteurs prétendent que dans quelques circon- stances il peut s'en développer deux, une au printemps , et une seconde à la fin de l'été, quand les phénomènes de la sève d'août se montrent avec beaucoup de force. Dans quelques cas au con- traire il peut arriver que les formations ligneuses de deux années se confondent pour ne former qu'une seule couche. Néanmoins, le nombre de ces zones intérieures de la tige exprime avec assez de justesse l'âge des arbres. Mais pour cela il doit être compté à la partie la plus inférieure de la lige seulement, car ce nombre va en diminuant à mesure qu'on s'élève du collet vers la sommité de la lige. Nous reviendrons sur ce point en traitant de l'accroissement. La disposition du bois en couches ou zones bien distinctes gneux 106 ORGANISATION DE LA TIGE DES DICOTYLÉDONS. n'existe guère que dans les arbres des pays froids ou tempérés, c'est à dire dans ceux où la saison des développeniens n'a qu'une durée limitée, et est suivie d'une période de froid et de stagnation. Mais elle se fait beaucoup moins voir dans les arbres des climats chauds, où la végétation se continue presque sans interruption ou du moins ne s'arrête jamais d'une manière absolue. Alors le bois ne forme plus des zones aussi tranchées ; elles se confondent en quelque sorte les unes avec les autres, et surtout, quand on les dis- tingue, elles sont et plus minces et plus multipliées, et ne peuvent en aucune manière indiquer l'âge des végétaux. Quelle est l'organisation du bois? organisation Un tissu spécial, ou plutôt une modification particulière qui du bois. . ..... , , , semble tenir le milieu entre les utricules et les vaisseaux propre- ment dits, forme la masse du bois. Ce tissu est celui que nous avons précédemment décrit sous les noms de tissu fibreux , de tu- billes, de vaisseaux fibreux, clostres, etc. Cesont des tubes courts î» Tissu li- ou des cellules plus ou moins alongées, très souvent fusiformes, c'est à dire un peu renflées à leur partie moyenne , et amincies in- sensiblement en pointe à leurs deux extrémités; d'autres fois ayant à peu près un diamètre semblable dans toute leur longueur, mais également coupées en bizeau ou en pointe oblique à leurs deux extrémités. Ces tubes réunis ensemble, et appliqués bout à bout les uns à la suite des autres , forment des fibres longitudinales dont la réunion constitue des faisceaux plus ou moins épais, anastomosés en réseau. Leurs interstices sont remplis par le tissu cellulaire qui constitue les rayons médullaires. Au milieu de ce tissu spécial ou tissu vrai du bois, se voient des vaisseaux tantôt épars, tantôt dis- posés avec une sorte de symétrie. Si dans la coupe transversale d'une branche ou d'une lige d'une année nous enlevons une tranche mince pour soumettre la couche ligneuse à l'examen microscopique , nous y observons la structure suivante : La couche ligneuse, dont l'épaisseur sera très variable suivant les espèces ou suivant l'époque de l'année où nous l'exami- nerons, est partagée en un très grand nombre de comparthncns très étroits par des lignes divergeant du centre à la circonférence- Ccslignes sont les rayons médullaires. Lescompartimens ligneux sont sous la forme de triangles étroits et trèsalongés, dont la pointe DES COUCHES LIGNEUSES. 107 un peu ouverte correspond au canal médullaire. Si nous en excep- tons les parois de ce canal, sur lequel nous reviendrons plus tard, chaque compartiment est formé de tissu ligneux aumilieu duquel se voient des vaisseaux aériens, que l'on reconnaît à leur diamètre ex- trêmement considérable, quand on le compare à celui des tubes fibreux. Ceux-ci sont très serrés les uns contre les autres et soudés entre eux ; leur forme est variable et en rapport avec les pressions auxquelles ils sont mutuellement soumis par leur agencement gé- néral. Leurs parois sont épaisses, transparentes, et leur diamètre intérieur est en général assez petit. Ces parois peuvent être simples ou présenter ces enfoncemens poncli formes que beaucoup d'au- teurs considèrent encore aujourd'hui comme des pores. En un mot, quant à l'aspect général , à la structure et à la forme, le tissu li- gneux ressemble tout à fait à celui qui constitue les faisceaux vas- culaires du liber. Seulementen général ses parois sont un peu moins épaisses, et son diamètre intérieur est un peu plus grand. Les vaisseaux qu'on trouve dans le bois sont ( toujours en *> vaisseaux exceptant l'étui médullaire) des vaisseaux ponctués ou des vais- a riens# seaux rayés. Généralement ils sont dispersés sans ordre dans l'é- paisseur de chaque compartiment ligneux, quelquefois soli- taires et présentant alors une aire plus ou moins régulièrement cir- culaire ou elliptique , le plus souvent groupés deux ou trois ensem- ble et ayant leur forme très modifiée par ce contact qui est très immédia t ; le diamètre n'est ordinairement pas le même dansions les vaisseaux d'un même faisceau : le nombre de ces vaisseaux qu'on trouve dans un même compartiment ligneux est fort variable. Dans le plus grand nombre des cas l'espace de ces vaisseaux pris en niasse est plus petit que celui occupé par le tissu ligneux. D'au- tres fois c'est le contraire qui a lieu, comme on l'observe dans le poirierpar exemple, où une lame mince du jeune bois coupé trans- versalement ressemble à une dentelle assez régulière. Il arrive quelquefois que les grands tubes du bois ou vaisseaux aériens sont disposés avec une sorte de symétrie, et que sur la coupe transver- sale (h; la tige ils forment des espèces de lignes circulaires. assez souvent ceux qui ont été les premiers développés, et qui sont par conséquent les plus profonds de chaque couche prise isolément, ont un diamètre pins grand que ceux qui sont plus superficiels. 108 ORGANISATION DE LA TIGE DES DICOTYLÉDORS Très souvent ces vaisseaux poreux sont divisés intérieurement par des cloisons ou des diaphragmes obliques qui les partagent en plusieurs grandes cellules distinctes les unes des autres. Les utricules ligneuses qui avoisinent les tubes ponctués, et qui sont appliquées contre leur paroi externe, sont, par ce contact im- médiat, modifiées dans leur structure. Leurs parois en s'impri- mant sur celle des grands tubes en prennent les caractères, et semblent être également ponctuées; niaisje suisassez porté àcroire que c'est une structure acquise, car on ne l'observe pas dans les utri- cules ligneuses qui ne sont pas en contact avec ces vaisseaux. La description que nous venons de donner de l'anatomie d'une couche ligneuse sur une jeune tige d'une année, s'applique rigoureu- sement à toutes les autres qui se développent successivement cha- que année. Seulement avec le temps les parois du tissu ligneux et des vaisseaux perdent leur transparence ; le diamètre intérieur des tubes du bois diminue, parce qu'il s'y dépose une matière qui leur donne de la force et de la couleur en leur faisant perdre de leur élasticité, et souvent la cavité des vaisseaux aériens est envahie par un développement de tissu utriculaire, dont la présence a été con- statée par MM. Kieser et de Mirbel. La couleur M. Dutrochet s'est assuré, par l'expérience, que le tissu ligneux d-une^maUère avait originairement à peu près la même consistance et la même déposée. nature, dans les bois blancs et tendres comme dans les bois très durs et très colorés. La dureté et la coloration sont dues, comme nous venons de le dire tout à l'heure, à la matière qui, parles pro- grès naturels de la végétation, se dépose dans l'intérieur des tubes ligneux. En faisant bouillir des fragmens de bois d'ébène dans de l'acide nitrique, la matière colorante s'est dissoute et les fibres li- gneuses sont devenues presque transparentes et flexibles. Ainsi une tige ligneuse, quelle que soit son épaisseur, ne présen- tera donc pas une autre organisation que celle que nous venons de décrire. Trois modifications du tissu élémentaire entrent dans sa composition : l°des tubes fibreux constituant le tissu ligneux proprement dit, qui en forment la base; 2° des tubes ponctues ou raye's, jamais de véritables trachées; 3° du ./m» utriculaire qui remplit les mailles du réseau formé par le tissu ligneux et constitue uniquement les rayons médullaires. DES COUCHES LKiJNEL'SI.S. l(l<) Un très habile observateur, M. Dutrochet, a dit que, dans une Les couches , , , , . -i . ,. limeuses ne tige âgée de plusieurs années, chaque couche ligneuse, qui est le sont pas sépa- , ., , , „ , rees par une résultat d une végétation annuelle, est séparée des autres par une couche de tissu eouehe très mince de tissu cellulaire ; ce tissu cellulaire, selon le ce même auteur, représente, pour chaque zone du corps ligneux, une sorte de canal médullaire, et M. Dutrochet fait jouer à ces [détendus dépôts intérieurs de médullc un rôle fort important dans les phénomènes de l'accroissement de la tige en diamètre. Il s'ap- puie particulièrement sur la structure de la tige du rhus typhi- tmm dans laquelle ces zones alternantes de médulle sont très ap- parentes, parce que la moelle est d'une couleur ferrugineuse très marquée. Nous ne partageons pas du tout à cet égard l'opinion du savant physiologiste. Sur aucune des tiges ligneuses que nous avons exa- minées à toutes les époques de leur accroissement, nous n'avons aperçu aucune trace d'une couche, quelque mince qu'on puisse la supposer, de tissu médullaire, interposée entre chaque couche li- gneuse. Nous avons fait entre autres une analyse très soignée de la lige du rhus typhinum, sur laquelle M. Dutrochet fonde en grande partie son opinion, et nous n'y avons rien vu qui pût con- firmer sa théorie. Ses couches ligneuses sont continues les unes aux autres sans interposition d'aucune couche de tissu cellulaire. Seu- lement leur coloration est fort tranchée et chaque couche est net- tement séparée des deux autres au milieu desquelles elle est pla- cée, par une ligne un peu plus foncée. Le tissu de celte ligue plus foncée est plus dense, plus opaque; mais examiné avec soin an microscope, il se montre composé de tissu ligneux identique avi ■<• celui qui constitue la niasse ligneuse et non de tissu Utrieulaire Bemblableà celui delà moelle. Pour compléter la description anatomique des couches ligneuses, nous devons maintenant faire connaître la structure des rayons médullaire». Les rayons médullaire* sont, comme nous l'avons déjà dit, des aayons né- lignes étroites qu on aperçoit sur la coupe transversale l.S FOUGÈRES. 131 Maintenant venons à la structure intime de chacune des parties que nous avons signalées. Les lignes noires sont formées de tissu ligneux, c'est à dire Leur structure, d'ulricules très alongées, pointues aux deux extrémités, ayant leurs parois très épaisses, composées de plusieurs lames super- posées et intimement soudées entre elles. Ces ulricules ont une teinte bistre qui paraît due à un principe colorant qui les a im- prégnées , et nullement à la présence d'une matière qu'on aperce- vrait à travers leurs parois. La partie qui occupe l'intervalle de deux lignes noires dans une des figures de la lige offre : l°des vaisseaux scalariformes, excessive- ment nombreux, pressés les uns contre les autres, souvent sous la forme de prismes hexagonaux (PI. 3,fii^. 9), entremêlés d'utricules plus ou moins irrégulièrement hexagonales, courtes, et dont les pa- rois offrent la môme structure que celles desvaisseaux scalariformes. Les points de cette partie les plus extérieurs, c'est à dire ceux qui sont en contact avec leslames ligneuses et colorées, sont composés d'utriculesalongées inégales, à parois minces, que l'on peut assimi- ler, comme nous l'avons déjà proposé pour les Fougères herbacées, aux vaisseaux propres ou latexifères. Puis on trouve aussi quel- quefois une certaine quantité de tissu utriculaire ordinaire. Toute la masse parenchymateuse qui existe dans l'intérieur de la tige ne montre qu'un tissu utriculaire d'une forme assez varia- ble, à parois minces et incolores, contenant fréquemment des grains de fécule. Enfin la portion dure et noire, située tout à fait à l'extérieur de la lige et qui représente l'écorce, est également constituée par un tissu utriculaire très alongé, également coloré en brun , mais à parois beaucoup plus minces que dans le tissu ligneux proprement dit. Nous ferons remarquer ici, en terminant cette description anato- in i<| ne abrégée, qu'il nous est arrivé plusieurs fois, en déchiran ta ver quelque précaution le tissu ramolli d'une espèce ftalsophila dont nous ignorons la pairie, et que nous avons dans notre collection sous le nom de eyathea heraldica), de voir quelques uns des vais- seaux scalariformes se dérouler en lanières spirales à la manière des véritables trachées. J'ai cru reconnaître que ceux dans lesquels 132 TIGES DICOTYLÉDONES ANOMALES. ce déroulement avait lieu offraient des fentes plus longues et sous ce rapport ayant plus d'analogie avec les trachées. comparaison Comparons actuellement la structure des Fougères à celle des de la tige des Mo- , , , , , , , , . . ,, , nocotjiédoîss. plantes monocolyledonees, dont la plupart des auteurs jusqu a pré- sent l'ont plus ou moins rapprochée. La tige, dans ces deux classes de végétaux, est également formée d'une masse parenchymateuse , dans laquelle sont distribués des faisceaux vasculaires. Dans les Fougères herbacées ou ligneuses, ces faisceaux forment, dans le plus grand nombre de cas, une seule rangée circulaire à la partie externe de la tige ; dans les Monocotylédonés, ils sont épars dans toutes les parties intérieures de la tige, quoiqu'on plus grand nom- bre à la partie externe. Dans les premières, ces faisceaux sont anastomosés entre eux très fréquemment dans leur longueur, de manière à former une sorte de cylindre à parois réticulées; ils sont continus et sans anastomoses dans les seconds. Dans les Mo- nocotylédonés, chaque faisceau vasculaire ou ligneux se compose de trachées, de vaisseaux ponctués ou rayés, de vaisseaux la- texifères, et en dehors de tissu ligneux. Il n'y a jamais de trachées dans les Fougères , et jamais de tissu ligneux dans les Fougères herbacées. Quant aux Fougères en arbre, le tissu ligneux forme ordinairement des faisceaux distincts , qui sous la forme de lames environnent les vrais faisceaux vasculaires. Ces différences, comme on le voit, éloignent singulièrement les Fougères, malgré l'analogie de leurs formes extérieures, des plantes monocotylédonées, envisagées quant à leur structure. Elles repré- sentent donc un type spécial d'organisation , également différent de celui des plantes monocotylédonéeset des plantes dicotylédonées. § VII. De quelques tiges dicotylédonées à organisation excep- tionnelle. Tiges offrant La description que nous avons donnée précédemment de l'orga- "ion exception- nisalion de la tige s'applique, à de très légères modifications près, à toutes les tiges ligneuses des végétaux dicotylédones. Cependant il en est quelques uns dans lesquels les mêmes élémens analomiques sont combinés autrement , et de manière adonner naissance à une structure qui, au premier abord, diffère considérablement de celle nelle. CONIFÈRES. 133 que l'on peut en quelque sorte considérer comme L'état normal , car c'est celui qu'on observe dans l'immense majorité des cas. Nous pensons néanmoins que ces structures anormales peuvent toujours être rapportées à la loi commune , dont elles ne sont que des altérations passagères. Nous allons passer successivement en revue les familles de végétaux où l'on trouve ces anomalies. Il n'y a qu'un petit nombre d'années que l'on a commence'! à signaler ces différences spéciales d'organisation dans la tige de certains végétaux. MM. Kieser, Moldenbaver, de Mirbel, Gaudi- eîiaud, Lindley et Decaisne sont particulièrement ceux qui ont appelé l'attention des physiologistes sur ces anomalies végétales , qui, à l'exception des Conifères, se montrent particulièrement dans des plantes sarmenteuses et grimpantes , vulgairement désignées dans les pays chauds sous le nom de lianes. I. Famille des Conifères. La famille des Conifères, c'est à dire ce groupe naturel de vé- i. conifères. gélaux qui réunit les pins, les sapins, les cèdres , les mélèzes, etc., est une de celles que l'on a d'abord signalées comme offrant des différences dans l'organisation de sa tige. Les auteurs qui se sont spécialement occupés de ce sujet sont Kieser et Moldenhaver d'abord, puis plus tard MM. Link, Hugo Mohl et Adolphe Bron- gniart. Les caractères analoiniques qui distinguent la tige des Coni- ils n'ont pas „,,,., . .. . , , . . . T de vaisseaux dé- fères de celle des autres arbres dicotylédones sont les sm vans : Les riens dans les ... . . , , .. ,. couches ligncu- couenes ligneuses sont uniquement composées de tissu ligneux ses . (PI. 4, lig. 6), sans apparence de vaisseaux aériens. Ces vaisseaux n'existent que dans la partie la plus intérieure delà première couche ligneuse, qui constitue l'étui médullaire. Ce sont des trachées ordi- nairement très grêles, et dont la spirieule est quelquefois rameuse ei forme une spirale un peu irrégulière. Mais, dans les rameaux en- core jeunes, ces trachées ont leur spirieule facilement déroulable. Dsmslepodoearpug2amiœfolius f que nous avons décrit dans noire Florede la Nouvelle-Zélande (/ oyageàeY tstrolabe, part, botani- que), les trachées sont abondantes, inégales, c'est à «lire de diffé- rons calibres , ei les tours de la spirieule , qui sont très facilement iSU TIGES DICOTYLÉDONES ANOMALES. déroulables, ne sont pas immédiatement contigus. Dans les tra- chées plus minces ; ces spires sont très éloignées les unes des au- tres. Mais, en dehors de cet étui , on ne trouve plus d'autre tissu que les tubes fibreux du bois. Les rayons médullaires sont exces- sivement minces et à peine marqués. organes per- Le tissu ligneux se compose de tubes courts ou alongés, ter- minés en pointe à leurs deux extrémités (PI. 2, fig. 6), mais n'of- frant jamais la forme de fuseaux, que l'on rencontre assez souvent dans le tissu ligneux de beaucoup d'autres végétaux. Leurs parois sont généralement épaisses, et se montrent composées de plusieurs couches superposées. Elles offrent, déplus, ces corps singuliers sur la nature desquels on a tant écrit. Ils ont la forme et l'aspect d'une lentille transparente, présentant une perforation à leur centre (PI. 2, fig. 6). Dans le plus grand nombre des cas, ils sont plus marqués ou plus faciles à apercevoir dans des coupes faites parallèlement aux rayons médullaires ; cependant, dans beaucoup de circonstances , on les voit dans tous les points des parois des tubes ligneux. Dans les espèces de nos climats, comme les pins, les sapins, etc., ils forment une seule rangée longitudinale et ont à peu près la même largeur que le tube : dans quelques espèces exotiques (arau caria chilensis, podocarpus zamiœfolius Nob.) ils forment une double rangée longitudinale (PI. 2, lig. 7), et alors tantôt ils sont op- posés ou placés l'un vis à vis de l'autre tantôt ils sont alternes. Leur struc- Chacun de ces corps est bien réellement une excavation circu- laire et superficielle faite aux dépens de la face externe de la paroi, au centre de laquelle est une perforation de l'épaisseur de la mem- brane, qui, à cause de cette épaisseur même , forme un petit canal d'une certaine étendue. C'est un fait pour moi tout à fait hors de doute, et dont j'ai acquisla conviction par l'inspection anatomique &eX araucaria chilensis. Dans cette espèce en effet, comme les parois sont extrêmement épaisses , j'ai pu reconnaître avec la plus grande netteté (PI. 2, fig. 9, 10) l'existence depelits canaux traver- sant toute l'épaisseur de la paroi , et s'étendant ainsi jusqu'à la ligne qui la sépare dccelledu tubecontigu. J'ai constaté l'existence de ces petits canaux non seulement dans des coupes longitudinales, comme celles que représente là figure 9 de la planche 2, mais encore dans des coupes horizontales (Fig. 10). L'araucaria chilentis, la seule lUIV CONIFÈRES. 1 35 espèce du genre que j'aie examinée, esi aussi la seule plante de la famille des Conifères où j'aie reconnu avec autant de neitetécette organisation des pores des Conifères. Un fait non moins remar- quable, c'est que l'excavation circulaire au centre de laquelle est placée la perforation se fait aux dépens de la face externe du tube ligneux, et que, réunie à celle du vaisseau contigu, elles for- ment à elles deux un espace lenticulaire et creux, dans lequel viennent aboutir chacun des deux petits canaux qui traversent ho- rizontalement l'épaisseur. C'est ce que j'ai parfaitement reconnu dans des coupes longitudinales et tangenlielles du corps ligneux. Ainsi quand, dans une coupe parallèle aux rayons médullaires, on aperçoit l'ouverture des petits canaux sous la forme d'une simple perforation entourée comme d'une sorte de bourrelet lenticulaire, celui-ci, au lieu d'être saillant à la face interne du tube ligneux, n'est qu'une excavation de sa surface extérieure. La transpa- rence des parois complète l'illusion , et fait croire à l'existence d'un corps transparent, lenticulaire et saillant. Ainsi, la nature de ces corps nous paraît devoir être à peu près définitivement fixée par les recherches auxquelles nous nous sommes livré. On doit donc rejeter l'opinion des auteurs qui les avaient considérés comme des espèces de vésicules lenticulaires remplies de résine fluide et sans perforation , admettant à toit que le point lumineux qu'on voit à leur centre était le résultat de la concentration des rayons lumineux parle corps lenticulaire. L'existence des canaux traversant toute l'épaisseur des parois détruit de fond en comble celle manière d'envisager ces corps. Nous ne nous étendions pas davantage sur ce point, ayant l'intention de publier plus tard le ré- sultat des observations quenous avons faites sur cette intéressante famille. L'entrée du canal pariétal est tantôt circulaire, tantôt ovale ou même linéaire. Quelquefois l'excavation arrondie manque, ou du moins ae m- fait nullement sentir, et on ne voit que la perfora- tion ou l'entrée du canal qui traverse la paroi du tube ligneux. Quelques plantes de la famille des Conifères se distinguent par certaines particularités de leur organisation, qui ont été déjà très Mm décrites et figurées par Kiéser, dans sou mémoire mu L'organisation des Conifères, et dont mes propres observations m'ont fait reconnaître toute la justesse. Ainsi dans l'if (taxvu l»i<- 136 TIGES DICOTYLÉDONES ANOMALES. cataL.)(P\. 2, fig. 7), leslubesligneux, indépendamment desper- forations deleurs parois qu'ils ont en commun avec les autres Coni- fères, présentent intérieurement une ou deux spiricules filiformes, roulées en hélice et dont les tours sont écartés les uns des autres. Ephedra. Le genre ephedra, qui diffère tant des autres Conifères par la singularité de son port, présente aussi une organisation spéciale. La partie ligneuse de sa tige, indépendamment des tubes ligneux (PI. 2, fig. 9) qui ont la même structure que celle des autres plantes de la famille, offre de très gros vaisseaux, irrégulièrement épars dans le tissu ligneux, coupés de diaphragmes de distance en distance, et dont les parois peu épaisses offrent d'énormes perfo- rations irrégulièrement arrondies, et disposées ordinairement sur deux lignes longitudinales. Ainsi le genre ephedra diffère des au- tres Conifères par l'existence de gros tubes perforés au milieu du tissu ligneux, et de tous les autres végétaux connus par la gran- deur démesurée de ces perforations. Cette organisation paraît être propre à toutes ou à presque toutes les espèces de ce genre; car elle a été d'abord signalée par Kiéser dans V ephedra distachya qui croît sur nos côtes; dans une espèce indéterminée du Chili par M. Lindley; et mes observations ont été faites sur V ephedra al- tissima que j'ai recueilli en Sicile, entre Terranova et Biscari. II. Famille des Sapindacées. (ces h Sapinda- M. Gaudichaud est le premier qui ait indiqué (Areh. de Bot., 2, p. 81. — 1833) la singulière structure que présente la lige dans celte famille, qui se compose en entier de végétaux exotiques , la plupart sarmenleux et grimpans. Autour de la tige principale , qui est ordinairement cylindrique, on en observe plusieurs autres de même forme, d'un diamètre plus petit, et qui sont intimement soudées avec elle. Il résulte de cette disposition, qu'au premier abord cette lige semble formée de plusieurs branches qui, très rapprochées les unes contre les autres, se seraient mutuellement entregrefîées. C'est même de cette manière que sa formation a été expliquée par quelques auteurs. Le nombre des tige, latérales ainsi soudées à la tige centrale est variable ; on en compte deux, irois, et même jusqu'à cinq et six. En général c'est la tige centrale SAPINDACÉES. 137 qui conserve le plus de grosseur, les latérales élant souvent in- comparablement plus petites. D'autres fois, les liges latérales sont à peu près égales à celle qu'elles entourent. La tige centrale a son écorce parfaitement entière dans tout son contour, même aux points sur lesquels sont appliquées les tiges surnuméraires. Là cette écorce est commune à la lige prin- cipale et à celles qui sont appliquées sur elle. Mais, dans la partie extérieure et libre de celles-ci, on voit une écorce mince qui se confond avec l'écorce principale. La tige centrale a un canal mé- dullaire placé vers son centre, et ayant une forme à peu près cylin- drique. De ce canal partent des rayons médullaires excessive- ment minces, très rapprochés et très nombreux. Les tiges laté- rales ont au contraire un canal médullaire très comprimé de de- hors en dedans, se montrant, dans une coupe transversale, sous la forme d'une simple ligne celluleuse. La disposition des rayons médullaires est en rapport avec la forme de ce canal, et n'est pas aussi régulière que dans la lige principale. Dans quelques espèces, les tiges latérales nous ont paru dépourvues de canal médullaire (Gaudich. Collect. de tiges, n° 53); et même ces tiges, de même que la principale, manquent aussi de rayons médullaires, bien que cette dernière ait un canal médullaire très apparent. On voit quelquefois ces tiges, ou, pour parler plus exactement, ces faisceaux ligneux corticaux se bifurquer, c'est à dire se divi- ser en deux branches distinctes; de sorte que la coupe transver- sale d'une même tige faite à différentes hauteurs ne présente pas toujours le même nombre de faisceaux ligneux corticaux. Du reste, ces tiges offrent la même composition anatomique que les antres tiges normales de Dieotylédons. On peut très bien se rendre compte de cette organisation , en examinant, comme nous l'avons fait, la tige jeune et encore her- bacée des plantes de la famille des Sapindacées. La tige ou les jeunes rameaux sont ordinairement anguleux , et le nombre des angles est variable. Dans ce cas, on voit sur une coupe trans- versale que chaque angle saillant présente un faisceau vascu- laire, entièrement distinct de la couche ligneuse de la tige. Il en esi séparé par une zone transparente , a laquelle nous avons déjà donné le nom de couche génératrice. Le liber, sons la forme d'une 138 TIGES DICOTYLÉDONES ANOMALES. zone parfaitement continue, recouvre également ces faisceaux. Ce n'est donc que plus tard que s'organise l'écorce qui doit sé- parer les faisceaux ligneux corticaux du corps ligneux central. Nous n'avons pas pu suivre les progrès de ce développement. Dans les espèces dont la tige est cylindrique, on observe aussi de semblables faisceaux ligneux dans l'épaisseur de l'écorce. Calycanihus. Cette organisation de la tige des Sapindacées nous rappelle celle du calycanthus floriclus qui a été décrite et figurée par M. de Mirbel (Ann. Se. nat. ïh y p. 367, t. 13). Elle nous rappelle éga- lement l'organisation de la tige d'un grand nombre de plantes herbacées, dans laquelle nous avons souvent trouvé, surtout quand elle était anguleuse, des faisceaux vasculaires développés dans l'épaisseur de l'écorce , et différens de ceux qui en consti- tuaient le liber. Nous remarquerons seulement une différence, c'est que ces faisceaux n'étaient formés que de tubes fibreux , sans apparence de vaisseaux aériens. On trouve encore dans quelques Sapindacées (Gaud. Collect. de tiges, n°ll) une autre modification de l'organisation delà tige. Il n'y a plus de lige principale ou centrale, mais seulement trois gros faisceaux séparés les uns des autres par une écorce commune, brune et assez épaisse , et formant par leur réunion un seul et même corps à trois angles très arrondis. Chacun de ces faisceaux est plus ou moins sinueux dans son cùlé externe. Aucun d'eux ne présente de canal médullaire , et les rayons médullaires très peu marqués ont une direction un peu irrégulière du centre de la tige vers la surface externe. III. Famille des Bignoniaeées. Le corps ligneux est entamé dans sa surface externe par quatre échancrures très profondes, mais qui n'atteignent jamais jusqu'à sa partie centrale, de sorte que sa coupe transversale offre la figure d'une croix de Malle très régulière. Ces échancrures sont remplies par un tissu tout a fait semblable à celui qui forme l'écorce , c'est à dire qu'il esi composé de tissu utriculaire contenant de très gros faisceaux de tissu fibreux. La différence entre le tissu ligneux et celui qui forme l'écorce et remplit les échancrures du corps li- UÉNISPERHÉES. 139 gueux est excessivement tranchée. Cependant on voit quelquefois les rayons médullaires du corps ligneux se prolonger sans inter- ruption dans le tissu cortical des échancrures , connue au reste cela s'observe fréquemment dans une foule d'autres végétaux li- gneux, où les rayons médullaires du bois pénètrent dans l'épais- seur de l'écorce. IV. Famille des Malpighiacées. M. Gaudichaud a encore mentionné une disposition remar- iv. Malpighia- cées. quable dans la forme du corps ligneux de quelques tiges sarmen- teuscs de Malpighiacées. Sa surface est parcourue dans toute sa longueur par des enfoncemens plus ou moins profonds , égaux ou inégaux , remplis également par du tissu cortical ; de sorte que le bois se trouve partagé en compartimens plus ou moins considé- rables et séparés les uns des autres par ces productions corticales intérieures. Comme ces tiges sont quelquefois tordues sur elles- mêmes , elles représentent alors assez bien des espèces de cordes ou de câbles. V. Familles des Ménispermées et des Aristoloehiées. M. Decaisne a présenté récemment à l'Académie des Sciencesde l'Institut un mémoire sur l'organisation des Ménispermées e\ des 4ristolochiées . Nous donnerons ici un aperçu rapide deses ob- servations, en transcrivant une note qu'il a eu l'obligeance de nous communiquer. «Le bois des Ménispermées présente un développement différent Ménispermées. de celui des autres végétaux dicotylédones , par l'absence de cou- ches concentriques régulièrement formées chaque année; les fais- ceaux ligneux y restent simples et ne se divisent point dans leur longueur, comme cela a lieu dans les autres dicotylédones, mais S'alongent chaque année, parla formation d'une nouvelle couche en dehors de la première et en dedans du liber. Celui-ci , place en dehors de chacun de ces faisceaux ligneux, cesse de s'accroître après la première année de végétation mendspermwneanadt n ••Dans quelques Ménispermées (cissampelos pareira, cocculiM laurifolius, etc.), des faisceau* nouveaux, semblables en àppa- Arislolocïics 140 TIGES DICOTYLÉDONES ANOMALES. rence , mais dépourvus de vaisseaux spiraux et de liber, se mon- trent au bout de plusieurs années en dehors des premiers et for- ment un cercle concentrique au premier ; cette formation peut se répéter plusieurs fois , et il en résulte l'apparence de plusieurs couches concentriques. Dans ce cas, le liber (n'appartenant qu'au cercle de la première formation), au lieu de se trouver placé à la circonférence de la tige , comme dans tous les végétaux dicotylé- dones jusqu'ici connus, l'est au centre et près de la moelle. »I1 est encore à remarquer qu'au moment où une seconde couche de faisceaux fibreux vient à entourer la première, le cambium de celle-ci cesse de s'organiser, et persiste à l'état de tissu cellulaire alongé. » Il résulte encore de ces observations quel'écorce, généralement formée par le liber, ne prend aucun développement; c'est l'épi- démie qui en lient lieu, et recouvre la partie externe des tiges sous la forme d'une croûte mince et herbacée. »Le gui offre également un développement analogue à celui du menispermum canadense. «Les aristoloches, dans certaines espèces (A. sipho, etc.), pré- sentent des couches concentriques , et dans d'autres (A. labiosa, clematitis) on voit les faisceaux se diviser par l'interposition de rayons cellulaires incomplets, convergeant vers le centre à la ma- nière des branches d'un éventail. «Ces deux modifications, d'après les exemples cités, ne parais- sent point dépendre des climats et des saisons inégalement distri- bués, puisque l'espèce commune au climat de Paris nous offre la même organisation que l'espèce tropicale , avec cette légère diffé- rence cependant, que cette dernière présente un développement excessif de 1'épiderme ou médulle externe, semblable à celui du liège, déforme, etc., tandis que VA. clematitis , dont la tige est souterraine , ne nous offre rien de semblable. Cette différence au reste est d'une très mince importance, puisque, dans des végétaux placés dans les mêmes conditions , on voit cette partie se dévelop- per ou s'atrophier complètement. «Les aristoloches présentent encore un point d'organisation es- sentiel à faire connaître, celui de la portion du liber qui se montre sous la forme de petits faisceaux opposés à ceux du bois. Ces fais- BAUHINIÂ. ilil ocaux du liber persistent et se multiplient en même temps que ceux du bois , puisque, à toute époque, ils sont en nombre égal ou op- posés. » Depuis long-temps M. de Mirbel avait signalé la présence- de faisceaux ligneux au centre de la moelle dans les nyctago; depuis, des observations analogues ont été faites sur les poivriers, etc. , et je lai constatée l'année dernière sur plusieurs tiges de Mélaslomacées. Je ne sache point que , pour les poivriers, on ait remarqué que le nombre des faisceaux fibreux se trouvât en rapport avec l'âge de la plante; ainsi, dans une tige d'une année, on trouve un faisceau, puis deux, trois, etc. » Il résulte de toutes ces observations que les végétaux qui y ont donné lieu ne montrent aucun passage entre l'organisa- tion des Monocotylédonés et des Dicotylédones, comme l'ont avancé MM. Lindley , Schultz , Mohl , etc., et que ces deux types de végétaux, dont la démonstration est un des plus beaux titres de gloire de l'école française , restent parfaitement limités. » VI. M. Lindley a décrit et figuré (Introd. to botany, 78, f. 35) une tige comprimée d'une espèce indéterminée du genre Bauhinia (fa- mille des Légumineuses), dans laquelle les fibres ligneuses ne sont pas disposées par couches concentriques. Elles forment des espèces de lames verticales et irrégulières séparées par du tissu cellulaire, et le canal médullaire est tout â fait excentrique. J'ai eu occasion d'examiner une espèce du même genre , rap- portée de Rio-Janeiro par M. Gaudichaud, et la tige, également comprimée et alternativement concave et convexe sur ses deux fa- ces, offrait une organisation encore plus anormale. Les fibres li- gneuses forment des faisceaux très inégaux et très irréguliers , en- tourés de tous côtés de tissu cellulaire. Ces faisceaux , souvent sinueux dans leur contour , offrent des rayons médullaires dirigés dans des sens très variés. Je n'ai pu reconnaître la présence d'un canal médullaire. Le petit nombre d'exemples que nous venons de présenter suf- lira pour faire voir que, bien que l'organisation de la tige des ar- bres dicotylédones soit, dans le plus grand nombre des cas , telle que nous l'avons exposée , cependant elle souffre quelques excep- Jîauhinia. 142 ORGANISATIOH DE LA TIGE DES DICOTYLÉDONS. lions notables qui méritent d'être connues, et dont il serait surtout fort important de rechercher le mode de formation. APHORISHES SUR L'ORGANISATION DES TIGES. I. Tige des Dicotylédones. I. La tige ligneuse des végétaux dicotylédones est composée de couches concentriques emboîtées les unes dans les autres. II. Ces couches forment deux parties bien distinctes zVécorce, qui est en dehors, et le coi'ps ligneuse, placé sous l'écorce. III. L'écorce est composée de trois parties superposées et conti- nues : l'épiderme, l'enveloppe herbacée , les couches corticales ou le liber. IV. L'épiderme est une membrane celluleuse distincte du tissu sous-jacent ; celui qui recouvre les branches est souvent composé d'un plus grand nombre de couches de cellules que celui des feuilles. Il offre de même des stomates. V. L'enveloppe herbacée est une couche plus ou moins épaisse de tissu utriculaire placée sous l'épiderme, contenant en général, dans les jeunes branches, beaucoup de granulations vertes. VI. Elle se régénère facilement quand elle a été enlevée, et par les progrès de l'âge elle se dessèche et se détruit. Elle communique avec la moelle par le prolongement des rayons médullaires. VII. Les couches corticales et le liber sont un seul et même or- gane. Ce sont des espèces de lames ou de feuillets superposés et dont les plus récens sont plus intérieurs. VIII. Le liber se compose de faisceaux de vaisseaux anastomo- sés entre eux, et formant un réseau dont les mailles sont remplies liai' du tissu cellulaire. IX. Ces faisceaux du liber sont quelquefois réunis en cou- ches continues, ou restent distincts et forment des fi Jets corti- caux. Ces couches ou ces filets sont environnés de toutes parts de tissu cellulaire. X. Les faisceaux corticaux sont formés de tubes à parois transparentes et fort épaisses, souvent composées de plusieurs mem- ORGANISATION DE LA TIGE DES DU.OTYLÉDONS. 143 branes souciées cl à diamètre fort petit, terminés en pointe ou en bi/eau à leurs deux extrémités XI. Ces faisceaux paraissent différens de ceux que M. Schultz a nommés vaisseaux latexifcres. Ils contiennent la sève élaborée. XII. L'écorce ne contient pas de trachées ni de fausses trachées. XIII. La couche la plus intérieure de l'écorce est toujours com- posée de tissu ulriculaire, et continue sans interruption avec la couche la plus superficielle du corps ligneux. XIV. Le corps ligneux est sous la forme d'étuis ou de cônes très alongés emboîtés les uns dans les autres et intimement unis , de sorte que la coupe transversale de la tige présente une suite de couches circulaires inscrites les unes dans les autres. XV. Les plus extérieures de ces couches, qui sont les plus ré- centes, et dont le tissu est plus mou et plus humide, portent le nom d'aubier; les plus intérieures celui, de bois, de cœur de bois ou dur amen. XVI. Quelquefois la transition entre le bois et l'aubier est pres- que insensible, c'est à dire qu'on n'observe pas de différence marquée entre les deux parties. C'est ce qui a généralement lieu dans les bois blancs et mous. D'autres fois elle est très tranchée, le bois étant beaucoup plus coloré et plus dur que l'aubier. XVII. Vers le centre du corps ligneux on trouve le canal médul- laire, composé de l'étui médullaire qui en forme les parois, et de la moelle qui en occupe la cavité. XVIII. Toute l'épaisseur du corps ligneux est partagée en com- partiment triangulaires et très alongés par des lignes nommées rayons médullaires, qui, partant du canal médullaire, traversent le corps ligneux, et vont se perdre dans l'épaisseur de l'écorce. XIX. Parmi les rayons médullaires, les uns sont complets, étendus du canal médullaire à l'écoice ; les autres sont incomplets et vont d'une couche ligneuse à une autre. XX. Chaque année il se forme une nouvelle couche, qui s'a- joute a la face externe du corps ligneux. XXI. On peut en général reconnaître l'âge d'un arbre par le nombre des couches de bois et d'aubier qui composent saline XXII. La distinction entre les différentes couches annuelles est moins marquée dans les végétaux des régions tropicales 146 ORGANISATION DE LA TIGE DES MONOCOTYLÉDONS. XXIII. Les couches ligneuses se composent de trois modifica- tions de tissu : 1° de tubes fibreux courts, terminés en pointe à leurs deux extrémités, à parois épaisses, formant la masse ou la trame du tissu ligneux, et réunis en faisceaux longitudinaux dis- posés en réseau. 2° De vaisseaux aériens, fausses trachées, c'est àdire vaisseaux ponctués ou rayés, dispersés dans le tissu ligneux. 3° De tissu utriculaire ahmgé transversalement, et formant les rayons médullaires, qui remplissent les interstices du tissu ligneux formant des lamesperpendiculaires. XXIV. Les couches ligneuses sont unies enlreelles sans l'inter- médiaire d'une couche de tissu utriculaire. XXV. L'étui médullaire est formé par la partie la plus intérieure des compartimens ligneux. XXVI. Il est la seule partie de la tige dans laquelle on trouve des vraies trachées unies aux tubes ponctués et au tissu ligneux. XXVII. La moelle est un tissu cellulaire, régulier, verdâtre et rempli de liquides dans les jeunes tiges , desséché et plein d'air dans les tiges au delà de la première année. XXVIII. Elle est quelquefois parcourue par des faisceaux lon- gitudinaux de tubes latexifères. XXIX. Elle peut se détruire en partie ou en totalité avec le temps, et le canal offre des cavités ou lacunes plus ou moins grandes. II. Tige des Monoeotyle'donës. I. La tige des plantes monocotylédonées est composée de fais- ceaux ligneux ou fibres vasculaires, éparses au milieu d'un tissu utriculaire qui forme sa masse, sans apparence de couches em- boîtées. II.L'écorcey existe également, quoique moins distincte que dans les Dicotylédones. III. Elle se compose : 1° d'un épidémie ; 2° de tissu utriculaire; 3° et enfin, de faisceaux de tubes fibreux (qui manquent quelque- fois), mais ne formant jamais de feuillets. IV. Le corps ligneux est une masse utriculaire, dans laquelle sont ORGANISATION DE LA TIGE DES FOUGÈRES. 145 éparses des faisceaux vasculaires distincts les uns des autres, plus nombreux, plus rapprochés et plus durs vers la partie externe de la tige. V. Il n'y a dans la tige monocotylédonée ni canal médullaire ni rayons médullaires. VI. Chaque faisceau vasculaire se compose : 1° de vaisseaux aériens ; 2° de tubes fibreux ; 3° de vaisseaux propres ; k° de tissu utriculaire. 1° Les vaisseaux aériens (trachées, vaisseaux rayés ou ponctués) occupent en général le centre du faisceau. 2° Les vaisseaux propres (lalexifères) sont placés en dehors des vaisseaux aériens. 3° Les tubes fibreux forment ordinairement deux faisceaux : l'un externe, regardant du côté de l'écorce, que M. Mohl compare au liber; l'autre interne, placé au côté intérieur des vaisseaux aériens, comparé au tissu ligneux. Ces deux faisceaux communi- quent quelquefois ensemble , et entourent les vaisseaux propres et aériens. VII. Les faisceaux vasculaires se lignifient avec le temps. VIII. Les plus intérieurs sont plus récens que les externes. IX. Leur direction dans l'intérieur de la lige est partout à peu prèsla même. Ils forment, à partir delà base des feuilles auxquelles ils vont tous aboutir, des arcs très alongés, à convexité tournée vers le centre. Leurs deux extrémités sont donc dirigées vers la partie la plus extérieure de la lige. X. Dans toute leur longueur, ces faisceaux n'ont pas la même organisation. A leur extrémité inférieure, ils ne sont composés que de tubes fibreux ; plus haut, se montrent d'abord les lalexifères, puis les vaisseaux aériens, d'abord les fausses trachées, et enfin les trachées véritables. III. lige des Fougères. La tige des Fougères peut èlre herbacée ou ligueuse. La lige herbacée esi communément souterraine ou horizontale La tige ligneuse est dressée, et analogue dans ses caractères extérieurs au stipe des Palmiers. 10 1/|G ORGANISATION DF. 1. A ÏIGB BES POUGÈRES. 2V«7e herbacée. I. Elle est formée de tissu cellulaire dans lequel sont placés des faisceaux vasculaires. IL Ces faisceaux vasculaires peuvent présenter trois disposi- tions générales : 1° Ils sont épàrs dans l'intérieur de la lige ; 2° Ils sont disposés circulairement de manière à former une zone circulaire ; 3° Ils sont réunis au centre de la lige et forment un faisceau unique. III. Dans tous les cas, ces faisceaux , dans leur trajet, s'anasto- mosent entre eux et forment une sorte de réseau à mailles très lâches. IV. Chaque faisceau se compose de vaisseaux aériens nom- breux, du genre de ceux qu'on nomme scalariformes, quelquefois ponctués, entourés d'une zone de tubes fibreux. V. Il n'y a pas d'écorce distincte dans la tige des Fougères. lige ligneuse. VI. La tige ligneuse des Fougères est aussi composée de tissu ulriculaire et de faisceaux vasculaires. VIL Les faisceaux vasculaires sont groupés et réunis de manière à former des lames diversement contournées, suivant les espèceg, mais avec une sorte de régularité ou de symétrie dans la même espèce. VIII. Les lames ligneuses, en se réunissant, forment le corps li- gneux situé à l'extérieur de la tige ; l'intérieur, rempli par du tissu utriculaire, est quelquefois vide: IX. Toutes ces lames se soudent entre elles dans leur longueur, excepté dans quelques points. X. Ces lames se réunissent ordinairement deux par deux, lais- sant entre elles un espace rempli par un tissu moins coloré , pour former ces figures bizarres que montre la coupe transversale. XI. Elles sont formées de tissu ligneux ou tubes fibreux à parois épaisses, colorés par une matière brune. ORGANISATION DE LA RACINE. 1^7 XII. Le tissu placé entre les lames noires et perpendiculaires se compose : 1° de vaisseaux scalari formes très nombreux, entremêlés d'uirieules courtes et assez régulières ; 2° De vaisseaux propres ou ulrieulcs très alongécs, inégales , et à parois minces. • XIII. Toute la masse parenchymatcuse est formée de tissu utri- culaire. XIV. La tige des Fougères diffère de celle des plantes monoco- lylédonécs : 1° par ses faisceaux ligneux moins nombreux, ou sous la forme de lames longitudinales et diversement contournées. 2" Les faisceaux vasculaires ou ligneux des Fougères sont ana- stomosés entre eux, de manière à former une sorte de réseau. Ceux des Monocotylédonés ne le sont pas. 3° Enfin les Fougères ne contiennent jamais de véritables tra- chées. § VIII. De l'organisation delà racine. Nous suivrons encore ici la distinction que nous avons établie . organisation 1 m de la racine. précédemment pour la tige, c'est à dire que nous étudierons la racine dans les végétaux dicotylédones d'abord, puis dans les monocotylédonés. 1. Racines des végétaux dicotylédones. > i. Racines des " ° végétaux dico- tylédones. A. Racines lianeusei. Racines u- •' , gneuses. Nous avons déjà'cxposé dans le chapitre 1 er nos idées sur le sens Limité que nous donnons au mol de racine. Pour nous, eu effet , on doit appeler ainsi l'ensemble des libres capil- laires qui naissent des diverses ramiiicalions de la souche , ou partie, inférieure et descendante de l'axe végétal, fibres spécialement destinées à absorber dans le sein de la terre une partie des lluides qui doivent nourrir le végétal. Quant à la sou- «li*- elle-mèine, nous la considérons comme la continuation de la tige aérienne. File offre en effet la même Structure générale. Ainsi, on y trouve dans les végétaux ligneux une éoorce com- posée de feuillets superposés , essentiellement formes par les 148 ORGANISATION DE LA RACINE. fibres corticales. Le bois est aussi sous la forme de couches con- centriques, moins distinctes, il est vrai , que dans la lige, séparé également en compartiniens triangulaires et étroits par des rayons médullaires partant du centre. Mais ce centre de la souche n'est pas occupé par un étui et un canal médullaires, ou du moins ils n'existent que dans des cas rares. Cependant nous en avons con- staté l'existence dans la souche de quelques plantes ligneuses, mais dans leur jeunesse seulement, comme dans le marronnier d'Inde par exemple. D'ailleurs le canal médullaire existe aussi dans plu- sieurs plantes herbacées. Ainsi, on ne peut pas dire d'une ma- nière absolue que cet organe manque toujours dans la racine, et que c'est là un des caractères qui la distinguent le mieux de la tige. Le corps ligneux des racines offre la même composition que celui de la lige. Il est essentiellement formé par du tissu ligneux; c'est à dire par des utriculcs alongées, à parois épaisses , et ter- minées en pointe à leurs deux extrémités. Au milieu de ce tissu sont des vaisseaux aériens généralement d'un diamètre plus petit que dans la lige. Ces vaisseaux sont des tubes rayés ou ponctués. Jamais , je crois, on n'a pu trouver de véritables trachées dans les racines ligneuses. Quant aux rayons médullaires, ils sont, comme dans la lige , tantôt très minces et à peine marqués , tantôt larges et épais , toujours composés de tissu ulriculaire alongé dans le sens transversal, et dontlcs utricules forment des lignes ou séries parfaitement horizon laies. L'épiderme qui revêt extérieurement les racines ne présente pas de stomates. Entre l'écorce et le corps ligneux, on trouve ici cette couche génératrice dont nous avons déjà signalé l'existence quand nous avons parlé de la structure des liges. C'est une zone transparente qui unit l'écorce et le bois, et dans laquelle se passent les phéno- mènes de l'accroissement du corps ligneux et de l'écorce. Racines lier- B. Jiarines herbacées. La racine dans les plantes herbacées est organisée comme celle des végétaux ligneux , c'est à dire qu'elle se compose des mêmes parties, mais seulement modiliées. Ainsi on y trouve un corps ligneux, une écorce et des rayons médullaires sans canal médul- RACINE DES DICOTYLÉDONES. 149 laire. Cependant, de même que dans les racines ligneuses, ce der- nier'eXiste quelquefois, et, parmi les plantes où il offre les dimen- sions les plus grandes , nous citerons ici L'épurge (euphorbia la- thyris L.) où il est extrêmement grand, ayant une forme étoilée , à cause des comparlimens ligneux dont l'angle interne fait des saillies plus ou moins considérables. L'écorceet le corps ligneux sont ordinairement plus ou moins intimement unis; quelquefois cependant ils sont bien séparés , même par une zone ou couche génératrice , comme dans l'épurge par exemple. Le corps ligneux a plus ou moins d'épaisseur et de solidité. Il est composé de tissu cellulaire alongé , à parois beaucoup moins épaisses et moins résistantes que dans les racines li- gneuses. Les vaisseaux aériens ont une disposition moins régulière que dans les liges, et même que dans les racines ligneuses. Tantôt ils sont solitaires, tantôt ils forment des faisceaux. Au lieu d'être pa- rallèles et généralement droits, ils sont flexueux , irréguliers, cl semblent formés de parties coupées par des diaphragmes cl ajoutées les unes à la suite des autres. Ces vaisseaux offrent tantôt des cn- foncemens poncliformes , tantôt des enfoncemens linéaires cl transversaux ; en un mot ils sont ou ponctués on rayés. J'y ai aussi très fréquemment constaté l'existence des vaisseaux réiiculaires, qui avait été mise en doute par beaucoup d'auteurs. Ces vaisseaux paraissent être une modification des trachées , dans laquelle la spiriculc est plus on moins rameuse , et dont toutes les branches se soudent ensemble de manière à former un réseau irrégulier, dans lequel il est néanmoins facile de reconnaître la spiricule principale contournée en hélice. On peut voir très facilement ces vaisseaux dans la racine dn pavot blanc, de la betterave et du bouillon blanc. L'écoree est généralement très ('paisse, sans eouelies distinctes, et ne contenant aucunes granulations vertes. Elle se compose d'une niasse de tissu utrieulaire , alongé dans la portion la plus rap- prochée dn corps ligneux , ayant souvent ses utricules taillées en pointe à leurs extrémités, mais diminuant insensiblement de longueur mis la partie externe. Quelquefois lesrayons médullaires 150 ORGANISATION DE LA RACINE. du bois se prolongent jusque dansl'écorce où ils viennent se per- dre. Dans l'épaisseur de cette niasse ulriculaire on aperçoit, dans quelques plantes, des vaisseaux du suc propre. Ajoutons enfin que les racines contiennent souvent une grande quantité de granules d'amidon dans l'intérieur de leurs utricules. II. Racine des végétaux monocotylédonc's. il Racines Dans les Monocolylédonés la racine se compose en général d' un d monocotjTédo- x nombre plus ou moins considérable de fibres charnues ou ligneuses, nes * cylindriques, alongées, blanches, simples ou ramifiées à leur ex- trémité, et naissant soit de la base souterraine d'une tige aérienne, soit d'un rhizome ou souche horizontale, soit enfin d'une tige charnue souterraine excessivement courte, et nommée plateau dans les bulbes ou ognons. Dans ces deux derniers cas elles partent ordinairement de la face inférieure de cette souche , dont la face supérieure est nue ou simplement couverte d'écaillés ; c'est ce que l'on voit, par exemple, dans les iris et la plupart des plantes delà famille des Liliacées. Dans les Graminées et les Cypéracées à tiges rampantes sous le sol, les carex, les arundo, etc., les racines naissent seulement des nœuds de la tige souterraine , les entre- nœuds en étant tout à fait dépourvus. Leur structure. Chacune de ces fibres radicales, dont la grosseur varie beau- coup , offre la structure suivante : le centre est occupé par une zone circulaire et fort petite de faisceaux vasculaires dont le nombre varie, et qui sont généralement assez nombreux et assez rapprochés pour former une zone continue. Chaque faisceau se compose d'un nombre variable de vaisseaux aériens, un, deux, trois ou davantage , placés en une ligne rayonnante, se touchant Lestrachéesy souvent immédiatement entre eux, quelquefois séparés, maisréunis existent. par des utricules alongées. Ces vaisseaux sont généralement des vaisseaux rayés, dont le diamètre est variable. Dans le plus grand nombre des cas, le plus extérieur ou les plus extérieurs de ces vaisseaux , dont le diamètre est beaucoup plus petit que celui des autres, sont de véritables trachées. La spirieule forme des tours plus ou moins écartés, et généralement n'est pas déroulable , bien qu'elle soit parfaitement continue : cependant je suis parvenu quel- RACINES ADVESTIVES. 151 qucfois à la dérouler, mais jamais aussi complètement que dans les trachées de la tige. Néanmoins l'existence de ces vaisseaux, ne saurait être mise en doute dans les racines des piaules monocoty- lédonées. La zone circulaire de faisceaux vasculaires circonscrit un espace qui occupe le centre de la racine et qui se compose en total i le de tissu fibreux, c'est à dire d'ulricules alongées et à parois épaisses. En général, le faisceau vasculaire général qui occupe ainsi le centre de la racine se confond insensiblement par sa surface externe avec le tissu cellulaire qui forme la masse de la racine. Dans Y iris germanica au contraire ce faisceau reste parfaitement distinct du tissu ulriculaire. Il est d'abord formé dans son contour par une rangée d'utricules alongéeselà parois épaisses, très serrées les unes contre les autres et comprimées, coupées carrément à leurs deux extrémilés et présentant à leur surface interne des espèces de plis ou de rides transversales. Les vaisseaux aériens très grands, au lieu d'être disposés en séries rayonnantes et de former une zone circulaire , sont épars presque sans ordre clans le tissu con- tenu dans l'intérieur de la zone extérieure. Les vaisseaux les plus gros sont des vaisseaux pondues. Enlreeuxct la face interne de nyadevéri- l'éiui du faisceau sont de véritables trachées très grêles. Le tissu a e " lra ' ' qui remplit l'étui se compose d'ulricules alongées grêles, également ponctuées : celles qui occupent la partie centrale ne présentent pas ces enfoncemens porifonnes. Enfin, dans l'asperge commune, j'ai vu une zone de tubes fibreux à parois très épaisses occupant la partie la plus externe de la racine. De celte description générale il résulte : 1° Que les racines dans les plantes monocotylédonées ne sont pas organisées connue les tiges, ainsi qu'on ledit généralement, puisque leurs faisceaux vas- culaires, au lieu d'être épars dans toute l'épaisseur pon- RACINE L'ES DICOTVLK iôô - no soot foncées que par du t i>sn utriculaire. Le fai- de vaisseaux qui existent dans l'intérieur de la racine s'arrondit à son extrémité inférieure , qui est obtuse comme celle de la ra- cine; une couche de tissu utriculaire, continuation de la zone corticale, recouvre cette terminaison du faisceau vasculaire. Ainsi la spongiole ou l'extrémité même de la fibre radicale n'est com : que de tissu utriculaire. comme au reste M. Dutrochet l'avait déjà reconnu. APHORISMES SUR LA STRUCTURE DES RACINES. I. L'axe central ou le corps de la racine n'est que la prolon- gation souterraine de la tige, et en offre l'organisation p raie. II. Les racines ligneuse* dans les Dicotylédones sont comp i i d'une écorce, d'un corps ligneux, et très rarement d'un canal médullaire. III.Lecorcese compose d'un épidermesans stomates, de fibres corticales représentant le liber, et de beaucoup de tissu utricu- laire : ces parties sont soudées et ne fanent pas de couches dis- tinctes, comme dans la tige. IV. Le corps ligneux est par couches . mais moins distinctes que dans la tige. Il se compose également de tissu ligneux . de vaisseaux aériens rayés ou ponctues, d de rayons médullaires. V. On n'y a pa; encore trouvé de mies tracL- - VI. Les racines annuelles offrent également uneécoree, mais sans fibres corticales, un corps ligneux, et rarement un canal médullaire. ¥EL Le corps ligneux contient, au milieu du tissu ligneux. jux ponctués, rayés el réticulaires. VIII. Les fibres radicales dans les M noeotylédonés contien- nent, dans leur partie centrale, des faisceaux vasculaires formant une rangée circulaire ou une sorte d'étui dont tout l'interieu occupé par des tubes fibreux. IX. Chaque lai><- ( au vasculaire se compose de vaisseaux : • t de vraies mchèes t'-ujor ii ta lenreôté même. X- 1^» 1 ! nrif fn OH adventiv.-s unt la menu- organi- sation que les raci: - - 154 ACCROISSEMENT DE LA TIGE. XI. Les spongioles ou extrémités des fibres radicales ne sont formées que de tissu utriculaire. SECTION DEUXIEME. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L'ACCROISSEMENT DES VÉGÉTAUX ET EN PARTICULIER SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA TIGE. Accroissement Tous les corps de la nature tendent à s'accroître. Cette loi est en général. . . commune aux corps inorganiques aussi bien qu aux êtres organisés. Mais l'accroissement présente des différences très marquées, sui- vant qu'on l'étudié dans ces deux groupes primitifs des corps de la nature. Dans les minéraux , en effet, il n'offre point de limites dé- terminées : ces corps s'accroissent continuellement , jusqu'à ce qu'une cause fortuite vienne mettre un terme à leur développe- ment. Les animaux et les végétaux ayant en général une existence dont la durée est déterminée, chez eux l'accroissement est toujours en rapport avec la durée de leur existence. Dans les minéraux ce sont de nouvelles molécules qui s'ajoutent extérieurement à celles qui existaient déjà et qui en constituaient le noyau primitif; en sorte que la superficie de ces corps se renouvelle à chaque instant et à mesure que leur volume augmente. De là la dénomination de jit.rta-posi/ioti donnée au mode particulier de l'accroissement dans les corps bruts. Si au contraire vous étudiez l'accroissement dans les êtres doués d'organisation , vous verrez qu'il a lieu de l'intérieur vers l'extérieur, que ce sont ou des parties primitive- ment existantes qui s'alongent , ou des organes nouveaux qui se forment dans l'intérieur des premières et se développent en tous sens, pour augmenter la masse et le volume du corps. Aussi a-t-on nommé intus-susception celte manière de croître, particulière aux animaux et aux végétaux. L'accroissement ne présente pas des différences moins frap- pantes lorsque l'on compare entre eux sous ce rapport les végé- taux et les animaux. Dans les premiers, en effet , l'accroissement n'est pas renfermé dans des limites aussi rigoureusement détermi- nées que dans les seconds. Le volume du corps aussi bien que le nombre de ses parties constituantes ne sont point fixes. L'art et ACCROISSEMENT EN DIAMÈTRE. 155 la culture peuvent exercer sur le développement des végétaux, l'in- fluence la plus marquée. Il suffit , pour s'en convaincre , de com- parer entre eux deux arbres d'une même espèce, dont l'un vit abandonné dans un terrain sec et rocailleux, tandis que l'autre est cultivé dans un terrain substantiel et profond. Le premier est petit, ses rameaux sont courts, et ses feuilles étroites; le second, au contraire, élève majestueusement son tronc couronné de branches longues et vigoureuses, et ornées d'un feuillage épais. Dans les animaux , le volume et la forme générale du corps, le nombre des parties qui doivent le constituer, sont plus fixes et sujets à moins de variations; tandis que dans les végétaux il est en quelque sorte impossible de trouver deux individus de la même espèce qui offrent un nombre égal de parties. Si maintenant nous cherchons à étudier les phénomènes de l'ac- croissement dans les végétaux en particulier , nous verrons que ces êtres se développent en deux sens, c'est-à-dire qu'à mesure que leur hauteur augmente , leur diamètre devient plus considérable. Nous avons vu, en traitant de l'organisation de la tige, que les arbres dicotylédonsetles arbres monocolylédons étaient loin d'a- voir la même structure intérieure , et qu'il existait entre eus des différences extrêmement tranchées. Ces différences dépendent évi- demment du mode particulier suivant lequel les végétaux de. ces deux grandes séries se développent. Aussi traiterons-nous sépa- rément de l'accroissement dans les arbres monocolylédons et dans les arbres dicolylédons. § I. Accroissement de latifje des arbres dicolylédons. Accroissement La tige peut s'accroître dans trois sens différons : 1° en diainè- cotylédons ' "' tre ou en épaisseur ; 2" en largeur latérale ; 3° en hauteur. 1. Accroissement en diamètre. Tous les végétaux s'accroissent en diamètre. Tl suffit '/' ■ Vtf/^ /////r///' . .i<>\ i(> - . TM ÉOK I K l'Ii - n »1ÏÉ>'1 Ul'K DE M ■ • ' A r M CI l.\ l' b, ACCROISSEMENT DE LA TIGE. 167 IL Théorie photogénique de M. Charles Gaudicïtaud. Nous allons résumer ici la théorie de M. Gaudichaud, en la pré- Théorie <\* sentant sous la forme de propositions générales. Nous ferons voir M(jaudichaud - ensuite en quoi les idées phytogéniques de notre savant ami diffè- rent de celles de Du Petil-Thouars. M. Gaudichaud résume ainsi ses théories sur l'organogénie , et spécialement sur la composition des tiges des végétaux phané- rogames, sur leur accroissement en hauteur et en largeur, etc. 1° Tout, dans les végétaux, monocotylédonés cl dicotylédones, se forme dans les embryons et dans les bourgeons. 2° Le végétal phanérogame le plus simple et le plus réduit (l'individu vasculaire) est représenté par une feuille colylédo- naire (Fig. 1). 3" Une feuille cotylédonaire se compose primitivement, en ou- tre de ses autres tissus, d'un système vasculaire qui peut être di- visé en supérieur (Fig. 1, b) et inférieur (Ib. a). U° Le système supérieur se divise à son tour en trois parties ou mérithalles , qui sont : le mérilhalle inférieur ou ligellaire (fig. 2, a), le mérilhalle moyen ou pétiolaire ( Fig. 2, /;), le mé- rithalle supérieur ou limbaire (Fig. 2,c). 5° Les lignesde démarcation de ces mérithalles sonl : le méso- phyle qui sépare la tigeile du pétiole ; le mésophylle qui sépare le pétiole du limbe. 6° Le système descendant des embryons (Fig. 2, é) ne se dé- veloppe que dans l'acte de la germination. En sorte que jusqu'à ce moment l'embryon tout entier appartient au système ascendant. La ligne qui sépare le système ascendant du système descendant est le mésocauléorhize (Fig. 2, ni). 7° Les vaisseaux des deux systèmes partent donc du même point (2. m) , et se développent en sens contraire. Ils sont alter- nes entre eux , ainsi que ceux des mérithalles qui changent de di- rection dans les mésophyles et les rnésophylles. Ils sont aussi diversement nombreux el réticulés, selon les grou- pes végétaux. 8° Dans quelques cas , la radicule et la tigeile avortent en totalité 168 ACCROISSEMENT DE LA TIGE. ou en parlic ; dans d'autres, ce sont le pétiole ou le limbe , ou tous les deux. 9° Dans un embryon monocotylédoné , il n'y a originairement qu'un système vasculaire mérithallien enveloppant. 10° Il y en a deux ou plusieurs dans les embryons dicotylédones ou polycotylédonés. 11° Un système vasculaire est l'ensemble des vaisseaux primi- tifs d'une feuille quelconque considérée comme plante distincte. 12° Les cotylédons s'associent dans les embryons dicotylédones (4, c, e) ou polycotylédonés , comme les sépales dans les calices monosépales ; comme les pétales dans les corolles monopétales ; comme les étamines dans les plantes monadelphes, diadelphes et polyadelphes ; comme les carpelles dans les ovaires composés ; enfin comme les feuilles elles-mêmes, les stipules, les bractées, etc. Ces sortes de soudures ont lieu par les bords comme par les deux surfaces. 13° Du nombre des cotylédons, puis des feuilles , de la dispo- sition de leurs tissus vasculaires, résultent les deux ordres prin- cipaux d'organisation des tiges phanérogames et leurs modifica- tions diverses. ïk° Ce qu'on a dit de l'embryon s'applique surtout au bour- geon. 15° Indépendamment du bourgeon axifère, chaque nœud vital (mésocauléorhize, mésophyte, mésophylle) peut dans les plantes vivaces donner naissance à des bourgeons axillaires. 16° Il y en a normalement un dans les embryons monocoty- lédonés. 17° Il y en a deux ou plusieurs dans les embryons dicotylédones, un pour chaque feuille. 18° Ces bourgeons axillaires avortent souvent dans les em- bryons des deux grands ordres de végétaux, les Monocolylédons et les Dicotylédons, mais rarement à l'aisselle de leurs feuilles. Leur nombre peut s'accroître par des causes accidentelles. 19° Les bourgeons axifères et axillaires représentent des scions ou rameaux à l'éla.t rudimentaire. 20° Ils sont composés d'un nombre déterminé de feuilles régu- lièrement disposées en spires, en verticilles. ACCROISSEMENT DE LA TIGE. 169 21° Ces feuilles, selon qu'elles croissent dans la terre, dans les eaux ou dans l'air, où elles éprouvent des modifications diverses , selon leur position ou leur état particulier de développement, peu- vent être dites : feuilles bulbeuses, tubéreuses, squammuleuses, primordiales, propres ou normales, terminales, écailleuses, sti- pulâmes, bractéales, calicinales, nectarifères , discoïdes, tuni- siennes, pétaloïdes, staminales, carpellaires, ovulaircs; et ces dernières se divisent en funiculaires ou arillaires, en priminaires , secondinaires , lercinaires ou nucloïnes, quarlinaires(?), quinti- naires, einbryofères et eolylédonaires. 22° Elles ne sont que les divers étals de modification d'un or- gane originel unique, l'individu vasculaire , ou ph y ton. 23° Elles se divisent comme les cotylédons en système inférieur et en système supérieur, et ce dernier en trois mérithalles. 24° Elles se développent de bas en haut à partir d'un point donné, et constituent le système ascendant des végétaux, système caractérisé par la présence de vaisseaux particuliers , au nombre desquels sont des trachées (les véritables trachées ne se rencontrent que dans le système ascendant). 25° L'accroissement des mérithalles est simultané et régulier dans quelques cas, isolé et très irrégulier dans d'autres. 26° Toutes les parties de la feuille peuvent subir les modiiiea- tions exprimées au paragraphe 7. 27° De la base du système ascendant ou aérien de chaque feuille , part un système descendant ou terrestre qui se distingue par des vaisseaux tubuleux, qui tous sont plus ou moins dérou- iables, naturellement ou par déchirement, mais qui ne sont pas des trachées. 28° Chaque espèce de feuille a son système descendant propre, sa racine. 29° Ce système descendant, dont l'abondance ou la rareté dé- pendent des corps appcndieulaires d'où ils proviennent, glisse dansdes voies particulières (par exemple, entre l'écorce et le !><>is dis végétaux déjà formés), et contribue pour une grande partie à la formation des couches ligueuses du bois et fibreuses de l'é- coree, ou autrement dit, à L'accroissement en épaisseur du tronc des végétaux dicotylédones vivacesetde leurs racines. 170 ACCROISSEMENT DE LA TICE. 30° D'après cela, une tige ligneuse de dicotylédone est formée de feuilles régulièrement ou irrégulièrement opposées, et situées les unes au dessus des autres (d'où l'accroissement en hauteur), dont les mérithalles inférieurs ou tigellaires persislans et plus ou moins développés sont successivement couverts par les tissus radi- culaires ou descendans des feuilles de tous les verticilles supé- rieurs , soit de l'année , soit des années subséquentes , et par des couches également successives de tissu cellulaire, d'où l'accrois- sement en largeur des tiges, et en épaisseur des couches concen- triques. 31° Les tiges ligneuses des Monocotylédons sont, à peu de chose près, comme celles des Dicotylédons, et elles s'accroissent de la même manière, c'est à dire par un système ascendant, par un système descendant et par un développement utriculaire excen- trique improprement nommé rayonnement médullaire. 32° Un embryon monocotylédoné n'a primitivement qu'un sys- tème vasculaire enveloppant , parce qu'alors il n'est formé que d'une seule feuille rudimentaire roulée. Au centre de cette pre- mière feuille, centre uniquement formé de tissu cellulaire naissant, il s'en développe bientôt une seconde, puis une troisième, et enfin un nombre déterminé, normal pour chaque espèce végétale. 33° De la base de la première feuille part une radicule ou racine colylédonaire (2, e). oh° De la base de la seconde feuille, base indiquée dans le tissu cellulaire naissant par des points sphéroïdes transparens, fluides ou gélatineux, et qui sont en rapport avec les nervures de la feuille, partent obliquement, de haut en bas et du centre vers la circonfé- rence, des sortes de tubes vermiculés, dichotomes d'abord, puis rameux, à rameaux généralement sinueux, anastomosés, qui vont sortir au dessous du pétiole de la première feuille, entre les vais- seaux de son mérithallc tigellaire, et descendent ainsi, extérieure- ment et parallèlement à ces vaisseaux, jusque dans la racine. Les vaisseaux descendans de la troisième feuille s'agencent avec ceux de la seconde, comme ceux-ci l'ont fait avec les vaisseaux de la première, et ainsi de suite. 35° Ces vaisseaux tubulcux ou radiculaires ne descendent pas loujours aussi régulièrement jusqu'à la racine. 11 arrive souvent, ACCROISSEMENT DE LA TIGE. 171 surtout dans les tiges articulées, creuses, et à mérithalles ordi- nairement très développés, que, rencontrant sur certains points des voies plus humides ou plus convenablement préparées, elles se détournent de leur route naturelle pour se porter, en tout ou en partie, tantôt à la circonférence des tiges pour former des fais- ceaux ligneux particuliers ou des racines (3,/", f), tantôt vers le centre pour former des articulations, des diaphragmes, des cloisons. 36° Comme dans les Monocotylédons , le mérithalle tigellaire ou inférieur de la feuille est généralement très réduit ou manque totalement, les vaisseaux du système descendant ou radiculaire des feuilles supérieures se croisent immédiatement avec ceux du système ascendant des feuilles inférieures ; d'où résultent ces lacis inextricables offerts par presque toutes les tiges des grandes Monocotylédones ligneuses dans leur coupe verticale. A l'aide des principes dont je viens de donner le résumé , M. Gaudichaud explique à sa manière tous les phénomènes de l'or- ganographie et de la physiologie végétale. Celle théorie , comme il est facile de le reconnaître, a une très grande analogie avec celle de Delahire et de Du Petit-Thouars. En effet, c'est au développement des bourgeons que M. Gaudi- chaud attribue la formation des fibres et des couches ligneuses, et par conséquent l'accroissement en épaisseur de la tige dans les végétaux 'monocotylédones comme dans les végétaux dico- tylédonés. Mais ce qui distingue spécialement sa théorie, c'est qu'il admet deux systèmes différons de vaisseaux : 1° Le sys~ terne ascendant , qui se compose de trachées et de tous les vaisseaux qui forment le canal médullaire. C'est par son dé- veloppement qu'a lieu l'accroissement en hauteur de la tige ; 2° le système desrendant formé de tous les vaisseaux rayés, ponelués, ou tubes ligneux qui descendent de la base des bourgeons, et don- nent naissance aux couches ligneuses et aux feuillets vaseulaires de l'écorce. Les objections que nous avons faites au système de Du Petit- Thouars subsistent toutes contre celui de M. Gaudichaud. Cepen dant nous ne saurions dissimuler (pie quand on voit les prép&~ rations et les observations nombreuses que ce savant a faites, on se 172 ACCROISSEMENT DE LA TIGE. scnl ébranlé par sa conviction. Mais comme la plupart des faits sur lesquelsil s'appuiepeuvent aussi bien être expliqués dans une hypo- thèse entièrement opposée, on reste dans le doute et l'incertitude. C'est justement ce qui nous arrive; notre conviction n'est pas assez intime pour nous porter à adopter cette théorie ; mais cependant nous convenons que, telle qu'elle a été modifiée par 31. Gaudi- chaud , elle apparaît avec une force qu'elle n'avait point encore. Les faits nombreux que ce savant infatigable vient de recueillir dans ses nouveaux voyages viendront sans doute corroborer sa théorie et en faire disparaître les pointsdouteux qui ont pu en em- pocher l'adoption générale. Pour notre part, nous désirons ardem- ment que par leur publication 31. Gaudichaud nous mette à même de nous inscrire parmi les partisans de sa théorie photogénique. Les deux théories dont nous venons de faire l'exposition ne peu- vent donc pas être adoptées dans leur entier , comme donnant une explication rigoureuse de tous les phénomènes de l'accroissement en diamètre dans les végétaux dicolylédons. En effet, celle de Du- hamel est essentiellement fondée sur la transformation annuelle du liber en aubier, et sa régénération au moyen de la couche de cam- bium. L'expérience par laquelle ce célèbre physicien dit qu'ayant fait passer un fil d'argent dans le liber, il l'a retrouvé l'année sui- vante dans l'aubier, est tout à fait inexacte. En effet, tous ceux qui après Duhamel ont cherché à la répéter n'ont pu obtenir le même résultat; et lorsque le fil d'argent avait été réellement passé à tra- vers le liber, on l'a toujours retrouvé dans cet organe, et non dans l'aubier. Cette théorie ne saurait être défendue aujourd'hui. Pré- sentons-en une autre qui nous paraît réunir en sa faveur bien des probabilités. 3° La formation annuelle des couches ligneuses est duc au cambium , qui , chaque année , fournit les matériaux d'une nouvelle couche de l'aubier, et d'une nouvelle couche du liber. Grew peut être considéré comme ayant le premier émis celle idée , bien qu'elle ne soit nettement formulée dans aucune partie de son excellent ouvrage. 31ais quand on le médite avec soin , on voit que c'élait là le fond de sa pensée. ACCROISSEMENT DE LA TIfiE. 173 Celte opinion est celle qu'en dernier lieu avaient professée MM. Kieser et de Mirbel, et que ce dernier savant a brièvement fait connaître dans une note publiée en 1816 dans le Bulletin des Sciences de la société pliilomatique. Bien que cette théorie soit comme on voit fort ancienne, elle a Théorie de 1 , (irew, elc. été néanmoins mal comprise et mal exposée dans tous les ou- vrages subséquens ; et beaucoup d'auteurs ont fait dire à M. de Mirbel, par exemple, toute autre chose que ce qu'il a dit et écrit. Les belles planches que l'auteur a publiées depuis celle époque sur l'origine du bois et du liber ont de nouveau rappelé l'attention des phytotomislcs sur celle noie succincte. Le liber, que l'on avait pendant long-temps considéré comme M ^ a ™ du l'organe le plus essentiel de la végétation, comme celui qui opérait chaque année l'augmentation en diamètre du tronc des arbes di- colylédons , ne remplissant pas le rôle qu'on lui avait assigné, on doit chercher une autre explication des phénomènes de l'ac- croissement en diamètre. Si l'on examine une jeune branche à l'époque de la végétation , c'est à dire quand la sève circule abondamment dans toutes les parties du végétal , voici ce que l'on observe : Entre le liber et l'aubier, on trouve une couche d'un fluide d'abord clair et limpide , qui peu à peu s'épaissit et prend de la consistance ; ce fluide , ou le cambium, est formé par la sève, descendante, mélangée à une partie des sucs propres des végétaux. Telle était l'opinion généralement admise par tous les physiologistes, depuis Grcw et Duhamel, sur la nature du cam- bium, et telle est celle qu'on avait encore prêtée à M. de Mirbel. Cependant, dès 1816, il avait émis une opinion tout à fait cou- C'est un tissu . . , naissant. traire sur ce point important. Pour lui , en effet , le cambium n est point un liquide qui s'épanche entre le bois et l'écorce, c'est un vé- ritable tissu qui naît à la fois de ces deux parties de la lige. Il se forme , dit-il, entre le liber et le bois une couche qui esl la conti- nuation du liber. Celle couche régénératrice a reçu le nom de cambium. Le cambium n'est donc point une liqueur qui vienne d'un endroit ou d'un autre: c'est un tissu 1res jeune qui continue h; tissu plus ancien. Il est nourri et développé à deux époques de l'année, entre le bois et l'écorce, au printemps ci en automne. Son organisation paraît identique dans tous ses points; cependant 17/l ACCROISSEMENT DE LA TIGE. la partie qui touche à l'aubier se change insensiblement en bois, et celle qui touche au liber se change insensiblement en liber. Cette transformation est perceptible à l'œil de l'observateur. Ainsi donc l'aubier n'est pas formé par le liber, qui s'épaissit et prend plus de consistance , mais par le cambium , qui chaque année fournit les matériaux nécessaires à la formation d'une cou- che d'aubier et d'une couche de liber, toutes deux distinctes l'une de l'autre. Lorsque Duhamel a retrouvé dans l'aubier le fil d'ar- gent qu'il avait cru voir engagé dans le liber, c'est que ce fil avait été passé à travers la couche organique du cambium. Il suit également de là que , chaque année , le liber s'accroît en épaisseur par sa face interne. En effet, elle produit , comme celle de l'aubier, une couche d'un tissu d'abord à] peine organisé , qui petit à petit acquiert tous les caractères des feuillets du liber. C'est pour celte raison que cet organe se trouve formé de plusieurs lames ou feuillets , réunis les uns aux autres par une couche ex- cessivement mince de tissu cellulaire. Ainsi donc , pour résumer cette théorie , il se forme chaque an- née dans le tronc des arbres dicotylédons une nouvelle couche ligneuse et une nouvelle couche d'écorce. Ces nouvelles couches sont une production de l'aubier et du liber qui s'organise et se so- lidifie. L'aubier formé l'année précédente acquiert plus de den- sité et se change en bois. Mais le liber n'éprouve aucune transfor- mation ; seulement il se répare et s'accroît par sa face interne au moyen du cambium, et forme successivement de nouveaux feuillets. C'est par ce mécanisme qu'a lieu , selon M. de Mirbel , l'accrois- sement en épaisseur des tiges des Dicotylédons. Nous adoptons entièrement celle théorie de l'accroissement en diamètre du tronc des végétaux dicotylédons. Cependant nous croyons devoir la modifier en un point. Nous admettons que les nouvelles couches qui se forment sont une production , une sorte d'extension de la face externe de l'aubier et de la face interne du liber. Mais nous ne saurions donner le nom de cambium à ce tissu de nouvelle formation. Pour nous, le cambium est toujours ce fluide nutritif , produit de la sève élaborée , qui s'épanche au printemps et en automne entre le bois et l'écorce. Mais nous n'admettons ACCROISSEMENT DF. LA TIGE. 17.") pas pour cela que ce soil lui qui se transforme , d'une pari , eu une nouvelle couche d'aubier, d'aulre part, en une nouvelle couche de liber. Le canibium est le fluide essentiellement nourricier du végétal , comme le sang pour les animaux. Mais, de même que ce dernier fluide ne se transforme ni en muscles , ni en tissu cellu- laire, ni en graisse, en un mot en aucun des élémens organi quesdes animaux, mais que seulement il fournit à chacun de ces organes les matériaux propres à leur développement, à leur en- tretien , de même aussi nous pensons que le cambium , dont on ne peut nier la similitude avec le sang des animaux , fournil à la fois et à l'aubier et au liber, dont il baigne les surfaces libres , les principes , les alimens nécessaires à leur développement. Il ne devient pas tissu cellulaire ni tissu vasculaire; mais ces tissus déjà existans y puisent les principes au moyen desquels ils se multi- plient et s'accroissent. L'observation confirme d'ailleurs pleinement la nouvelle théorie que nous émettons ici. En effet, que l'on examine attentivement une jeune branche d'un arbre , quand , au printemps , l'afflux du cambium; en détermine l'accroissement en diamètre. On verra que la surface externe de l'aubier et la surface interne de l'écorce sont en quelque sorte dans un état de turgescence. Elles sont re- couvertes chacune d'unecouchc plus ou moins épaisse d'un tissu cellulaire à l'état naissant, abreuvée d'une quantité de sucs. Ce ii>sn de nouvelle formation, semblable à cette couche de bour- geons charnus qui s'élèvent de la surface d'une plaie tendant à se eieutriser, est non seulement adhérent aux deux surfaces sur les- quelles on le voit, mais en est évidemment une production, une vraie continuation. C'est , en effet , le tissu de l'aubier et du liber qui, recevant alors une plus giande nourriture, produit à sa surface ce nouveau lissu. Ce mode de multiplication ou de formation d'un nouveau tissu cel- lulaire entre tout à fait dans le mode de développement auquel M. deMirbel, dans son Mémoire sur l'anatomie du rharchantia, a donné le nom de développement extra-uiriculaire. Si c'était le cambiun qui s'organisât chaque année, au prin- temps, en nouvelles conclus ligneuses et corticales , il devraH nécessairement former entré le bois et l'écorce une masse continue. 176 [ssKMKïrr r>r la tige. qui réunirait, souderait même ees deux parties de la branche : c'est cependant ce qui n'a pas lieu. A aucune époque de l'année, ainsi que tout le monde le sait . l'éeoroe ne se détache plus facile- ment de la surface dm bois qu'au printemps et en automne, c'est à dire au moment où se forment les couches ligneuses. Loin d'être une masse continue interposée entre ces deux parties de la bran- che, le nouveau tissu cellulaire forme deux couches qui n'ont ensemble aucune connexion. De ce qui précède, nous pouvons, je crois, tirer cette consé- quence, que l'accroissement en épaisseur de la tige des arbres di- cotvledons provient de nouvelles couches que la surface externe de l'aubier et la surface interne du liber produisent, et dont le cambium leur fournit les matériaux. M. Dutrochet a émis, sur l'accroissement en épaisseur, une opi- nion que nous sommes loin de partager, mais que néanmoins nous croyons devoir faire connaître ici. Les couches ligneuses de nou- velle formation, dit ce savant, qui se développent chaque année, sont séparées des anciennes par une couche mince de medulle ou tissu utriculaire. Ces couches de médulle, qui isolent les couches ligneuses les unes des autres, ne sont pas toujours faciles à aper- r. mais elles sont très visibles dans quelques arbres, dans le rhu* typhinum par exemple, où leur couleur plus foncée les fait distinguer au premier coup d'œil des couches de bois qui sont plus claires. Au printemps, toujours selon AI. Dutrochet, l'accroisse- ment en épaisseur commence par la formation de cette couche mince de tissu cellulaire ou de medulle. Bientôt, par sa propriété de donner naissance a des fibres longitudinales, cette couche de moelle produit des vaisseaux qui l'environnent et constituent ainsi une sorte de canal médullaire, destiné à devenir plus tard la nou- velle couche ligneuse. Mais cette théorie ingénieuse ne saurait être adoptée. Nous avons déjà, en exposant la structure des couches ligneuses, fait voir que jamais il n'existait entre elles aucune couche, quelque mince qu'on la suppose, de tissu utriculaire ou de médulle. L'ana- tomie soiguee que nous avons faite de la tige durhu* typhinum lui-même nous a înoniie qu'elle en était également dépourvue. La théorie fondée sur l'existence de cette couche de medulle doit ROISSEMENT EN LARGEUR. dune s'écrouler, puisque l'organe que l'on considère eomme p nteor n'existe pas. Et d'ailleurs, quand la moelle donne naissance à des vaisseaux pour eu constituer un canal médull a - i ais- seaux sont en grande partie des trachées. Or ces trachées nVxis- tent jamais dans aucune des craches ligueuses qui se torment la première année. § 2. Accroissement en largeur. Pour terminer ici tout ce qui a rapport à l'accroissement en Ae diamètre de la tige dans l»rs végétaux dicotylédones, il nous reste à faire connaître le résultat des observations publiées par M. Datrochet [Me'm. du Muséum , vol. vn et vin . Pendant long-temps on n'avait généralement admis l'accroissement en dia- mètre que comme résultant des nouvelles couches qui s'ajoutent chaque année entre l'aubier et l'écorce. Cependant , des 1 M. de Mii bel avait dit, dans sa note insérée dans le Bulletin des Science* de la Société philomatique, que le système cortical croît en largeur par le développement successif de tissu cellu- laire alongé et de tissu cellulaire régulier : d'où il rearite qu'elle devient plus ample dans toutes ses parties. Depuis lors. KL Du- trochet a prouvé, l'un des premiers, que les couches ligneuses s'accroissent également en diamètre en deux a as, savoir : i° en épaisseur, par la formation de nouvelles couches entre l'écorce et l'aubier; î!° en largeur, par le développement latéral de la nou- velle couche et la formation de nouveaux faisceaux de fibres. Cet accroisseanent, dans le sens de l'épaisseur et de la largeur, a lieu également dans les racines et dans les liges. Mais nous devons faire remarquer que le professeur Link, dans son Anatomie des plantes, et plus tard dans sa Philosophie botanique, a également établi que la tige - —ait non seulement ssoa centre et sa périphérie, mais encore tau ralenient par la multiplicatiou des faisceanx vascalaîres. [Vojes Link, Grundl. d. Anat. f. d. Pfl., p. 146, t.:>>, 60.) sur la tige de la clé-mati faits BCOaDJteU ni. lit TcfrmsudmmÊÈUk tréaùté d'une jea ae de » stomatite, en trrare qu'elle - 12 178 ACCROISSEMENT T)E LA TTGE. compose de six faisceaux de libres longitudinales, sépares les uns des autres par des rayons ou espaces médullaires assez larges. Peu à peu, et par les progrès de la végétation, il se forme au centre de chaque espace médullaire un nouveau faisceau de fibres longi- tudinales qui acquiert bientôt le même volume que les faisceaux. primitifs; en sorle qu'à la fin de la première année la tige se trouve composée de douze faisceaux de fibres séparés par autant de rayons médullaires. Pendant la seconde année, chacun des six faisceaux primitifs se divise en trois par la production médiane d'un nouveau faisceau de fibres longitudinales séparé des deux autres, au milieu desquels il s'est développé , par deux rayons médullaires incomplets, qui n'atteignent pas jusqu'à la moelle centrale; d'un autre côté, les six autres faisceaux secondaires de la première année se divisent cha- cun en deux par la formation médiane d'un nouveau rayon mé- dullaire incomplet : d'où il résulte qu'à la fin de la seconde année il y a trente faisceaux de fibres, distingués les uns des autres par autant de rayons ou espaces médullaires, dont douze seulement , savoir, ceux qui existaient à la fin de la première année, sont seuls complets, et établissent une communication directe entre la mé- dulle externe et l'interne. Pour peu qu'on réfléchisse avec quelque attention à la manière dont les faisceaux de fibres longitudinales se sont multipliés, on verra que l'accroissement s'est fait latéralement. En effet, la pro- duction médiane de nouveaux faisceaux au centre des rayons mé- dullaires , ou celle de nouveaux rayons médullaires au centre des faisceaux de fibres, a dû nécessairement dilater latéralement, et par conséquent augmenter la largeur de la couche circulaire dans laquelle ce développement s'est opéré. Or, c'est cette dilatation latérale qui n'avait point encore été aperçue avant MM. deMirbel, Link et Dulrochei , dont nous faisons connaître ici les résultats. Dans la vigne. Celle augmentation de l'épaisseur de la lige par la division et la multiplication de ses faisceaux vasculaires est extrêmement remar- quable et curieuse dans la vigne. Dans une jeune branche, les faisceaux vasculaires y sont fort distincts les uns des autres , sé- parés par des rayons médullaires très marqués. Petit à petit, au milieu de chaque faisceau se montre une ligne de tissu cellulaire ACCROISSEMENT EN HAUTEUR. 179 rempli de granulations vertes et parallèle aux rayons médullai- res. Cette ligne n'occupe d'abord qu'une faible étendue du faisceau ligneux ; mais elle finit par s'alonger de proche en proehe, et au bout de peu de temps le faisceau se trouve séparé en deux faisceaux distincts par une lame verticale de tissu cellulaire, qui perd graduellement ses granulations vertes et ne peut plus être distinguée des autres rayons médullaires. Ainsi, au bout de peu de temps , le nombre des faisceaux vasculaires se trouve doublé, et chacun des nouveaux faisceaux qui résultent de celte duplicature ayant au moins la même largeur que eeux dont ils proviennent, le diamètre de la tige doit se trouver doublé. L'accroissement en largeur s'arrête dans les parties, dès l'instant qu'elles se sont solidifiées. Ainsi il n'a plus lieu dans les couches ligneuses; mais il se continue dans l'écorce, et c'est ainsi qu'elle permet l'accroissement en épaisseur des couches ligneuses. L'accroissement en largeur a également lieu dans les racines , , ï] s , e fait aussi J a * dansles racines. ainsi que nous l'avons déjà annoncé. Mais dans cet organe il com- mence toujours par la production médiane de nouveaux rayons médullaires au centre des faisceaux de fibres. Plus tard, ces nou- veaux espaces médullaires donnent eux-mêmes naissance à d'au- tres agglomérations des fibres. D'après ce qui précède , on voit que les élémens organiques des végétaux ont une tendance naturelle à la production médiane. Ainsi , les faisceaux: de fibres tendent à produire dans leur partie moyenne de nouveaux rayons médullaires ; d'un autre côté, les layons médullaires tendent à produire de nouveaux faisceaux de fibres longitudinales. § III. Accroissement en hauteur. A l'époque de la germination, la radicule s'enfonce dansla terre, Accroissement 110 /en hauteur. tandis que le caudex ascendant sélève vers le ciel. La partie li- gneuse et la partie corticale se séparent et s'isolent avec les ca- ractères qui leur sont propres. Vers l'automne, quand elles sont organisées en aubier et en liber, leur accroissement s'arrête. Mais la jeune tige esl couverte de bourgeons qui se sont formés à l'ais- selle de ses feuilles. Quand au retour du printemps la végétation 180 ACCROISSEMENT DE LA TICE. recommence , le tissu végétal est gorgé de fluides nourriciers qui vivifient les bourgeons. Celui qui termine la Lige à son sommet se développe, s'alonge , et donne naissance à une jeune branche ou scion qui se compose , comme la lige de l'année précé- dente, d'un étui médullaire , d'une couche ligneuse et d'une cou- che d'écorce ; mais en même temps cette lige de l'année précé- , dente s'est augmentée, et d'une nouvelle couche déjeune bois qui s'est ajoutée à l'extérieur de celle qui existait déjà , et d'une nou- velle couche d'écorce à la face interne de celle formée l'année pré- cédente. Chaque année un nouveau bourgeon terminal , en se développant, donne naissance à un nouveau scion qui augmente ainsi successivement la hauteur de la tige. Le imnc se Le tronc se trouve donc formé par une suite de cônes très alon- Ses'aiongés em- gés , dont le sommet est en haut , cl qui sont superposés les uns dausfes autres, aux autres. Mais le sommet du cône le plus intérieur s'arrête à la base de la seconde pousse, et ainsi successivement ; en sorie que ce n'est qu'à la base du tronc que le nombre des couches ligneuses correspond au nombre des années delà plante. Ainsi, par exem- ple, une tige de dix ans offrira à sa base dix couches ligneuses. Elle n'en présentera que neuf, si on la coupe à la hauteur de la seconde pousse, que huit à la troisième, et enfin qu'une seule vers son sommet. C'est pour cette raison que le tronc des arbres dico- tylédons est plus ou moins conique , le nombre de ses couches ligneuses étant graduellement plus considérable , à mesure que l'on descend du sommet vers la base. Il est des arbres sur lesquels ce développement en hauteur est des plus manifestes : dans les pins et les sapins, par exemple. Au bout de la première année, on voit au sommet de la tige un bourgeon conique, d'où part un verlicille déjeunes rameaux, au centre des- quels en est un qui s'élève verticalement; c'est lui qui est destiné à continuer la tige. A la fin de la seconde année, de son sommet part également un semblable bourgeon qui présentera les mêmes phé- nomènes dans son développement. Ainsi l'on peut connaître dans ces arbres le nombre de leurs années par le nombre des verticilles de rameaux qu'ils présentent sur leur lige. ACCROISSEMENT DE LA TIGE. 1S1 § IV. Accroissement de la tige des Monocotylédonès . Jusqu'à présent presque tous les auteurs qui ont parlé du mode Accroissement de formation primitive et du développement de la tige ligneuse des monocoryicdo- arbres monocotylédonès nous paraissent avoir commis une erreur n grave. Tous, en effet, affirment qu'un palmier, par exemple, qui se développe par suite de la germination d'une graine, n'a d'abord pas de lige , et que cet organe se forme à la fin de la première année par suite de la soudure de la base du petit nombre de feuilles qui résultent de l'évolution de la gemmule. Duhamel me paraît être le premier qui ait émis cette opinion ; les observations que j'ai faites me portent à la croire erronée. Le palmier qui commence à se développer a bien réellement une tige dès la première année, et cette tige n'est pas formée par la soudure de la base des feuilles qui persisteraient, et qui, réunies et soudées ensemble, constitue- raient une sorte d'anneau, base de tous ceux dont le développe- ment successif doit former le stipe. En examinant un jeune palmier pendant la première année de sa végétation, j'ai reconnu qu'il offrait les organes suivans : 1° Une tige ; 2° des fibres radicales ; 3° des feuilles. La tige se présente sous la forme d'un corps charnu, cylindri- Mode de (or- que, très court, arrondi à son extrémité inférieure, qui est nue et n ' a '° n tronquée. De son tiers inférieur naissent un assez grand nombre de libres radicales cylindriques et ramifiées. Dans ses deux tiers supérieurs, elle donne naissance à de larges écailles redressées, terminées en pointe à leur sommet, puis à cinq ou six feuilles lon- guement péliolées, ayant leur pétiole élargi cl membraneux à sa partie inférieure, quiestsemi-amplexicaulcLesécaillesextéricuies et inférieures dont nous venons de parler sonl bien évidemment des feuilles rudimcnlaires. La partie centrale et terminale de la tige est occupée par une longue gaine coupée obliquement à son sommet, de laquelle sortent deux feuilles. Enfin, dans l'intérieur de cette gatne, el entre les Ikiscs des deux feuilles qu'elle entoure, se trouve un bourgeon terminal trèsalongé, destiné au développe- ment ascensionnel qui aura lieu l'année suivante. Il y a doue iei bien évidemment une tige de laquelle nais- 182 ACCROISSEMENT DE LA TIGE La tige existe sent les fibres radicales', les écailles , les feuilles et le bour- primitivement, , ■ - . . ... comme dans les geon terminal. Cette tige offre la même organisation que celle des autres plantes monocotylédonées , seulement elle est beaucoup plus courte. Elle n'est pas soumise à cette clou galion ascendante que détermine le développement de la gemmule ou premier bour- geon de la jeune plante, non seulement dans les plantes dicoty- lédonées, mais encore dans les plantes monocotylédonées à liges herbacées. Ainsi , sous ce rapport , il n'y a aucune distinction essentielle entre le jeune monocotylédoné destiné plus tard à of- frir un slipe ou lige ligneuse et celui qui ne présentera qu'une tige herbacée. C'est donc à tort que tous les pliytotomistes ont dit jusqu'à présent que la tige ligneuse des Palmiers et autres Mono- cotylédonés était formée par les bases des feuilles , qui en se sou- dant constituaient une sorte d'anneau. Accroissement A la fin de la première année, la tige monocotylédoné destinée à en hauteur. devenir ligneuse est très courte et comme charnue. De sa partie inférieure naissent les fibres radicales. Ses parties latérales et ex- térieures sont recouvertes par le petit nombre de feuilles et d'é- cailles qui se sont développées. Son sommet est occupé par un bourgeon terminal. Celui-ci, l'année suivante, se développe de la même manière , c'est à dire excessivement peu en hauteur. Les feuilles de la première année sont rejetées plus en dehors par l'accroissement excentrique delà portion de tige qui les supporte. Il y a donc ici, comme dans toutes les autres tiges, simultanément développement en épaisseur et développement en hauteur. L'axe du jeune bourgeon, sur lequel les feuilles rudimenlaires qui le composent étaient attachées, étant la continuation delà lige de l'année précédente, c'est par le moyen de ces as.es successifs, qui sont ainsi la suite les uns des autres, qu'a lieu l'accroissement en hauteur. Et comme chacun de ces axes est très court , envi- ronné de tous côtés par un certain nombre de feuilles qui finissent par se détacher, ils forment en quelque sorte autant d'anneaux superposés, de telle manière que la tige semble constituée par une suite de disques empilés les uns sur les autres. Mais, en exa- minant avec plus d'attention les cicatrices laissées par les feuilles sur la lige au moment où elles sont tombées, on reconnaît qu'elles ne constituent pas des anneaux , mais des lignes spirales et en- DES MONOCOTYLÉDONS. 183 roulées, disposition qui est celle des feuilles dans les plantes nio- nocotylédonées , comme dans les plantes dicotylédonées. Cet accroissement en hauteur est ordinairement très lent dans la plupart des Monocolylédonés , et particulièrement dans la fa- mille des Palmiers. On le conçoit très bien quand on songe à la brièveté de l'axe ou support des feuilles. Aussi la plupart des Palmiers exigent-ils une longue suite d'années pour que Leur slipe acquière une certaine hauteur, et quelques uns même, comme le chamœrops humilis, ont-ils une lige qui reste constamment à l'état rudimenlaire , excepté dans quelques cas rares où elle ac- quiert une hauteur plus ou moins considérable. D'autresfois, au contraire, la tige ligneuse des Monocotylédonés s'accroît avec assez de rapidité, comme dans certains dracœna par exemple. C'est qu'alors l'axe central du bourgeon offre une élongation plus considérable, et qui le rapproche sous ce rapport de la tige herbacée des autres Monocotylédonés. De ce que nous avons dit précédemment, il résulte que si on Effets de i*a- vient à enlever le bourgeon terminal d'un palmier , non seule- geontènrinSf ment on arrête son accroissement en hauteur, mais le plus sou- vent on le tue, parce qu'on en retranche la seule partie vérita- blement végétante. C'est ce qui arrive en effet, comme chacun sait, pour ceux de ces palmiers dont on mange le bourgeon ter- minal sous le nom de chou-palmiste. L'arbre péril dès qu'on l'en a retranché. Cependant il arrive quelquefois que celle ablation de l'organe végétant d'une lige ligneuse de monoeolylédone n'est pas suivie de la mort de l'individu. 'Dans les draccena, par exem- ple, l'enlèvement du bourgeon terminal amène ordinairement l'apparition et le développement de quelques bourgeons adven- tifs, qui finissent par former des branches destinées à remplacer la tige principale qui cesse de croître en hauteur. Oit sait en ellei que les plantes monocotylédonés, tout en différant, pour la plupart, des piaules à deux cotylédons, parce qu'elles n'offrent point de bourgeons latéraux à l'aisselle de leurs feuilles, bourgeons destinés à donner naissance à des rameaux, jouissent cependant de la pro- priété de pouvoir dans certains cas former des bourgeons acci- dentels ou adventifs, donl le développement produit des ramifi- cations. C'est ainsi (pie se forment les branches dans lKS ARBRES. 7° Un voyageur moderne rapporte qu'il y a à Bujukdérë près de Conslantinople, un platane de quatre-vingt-dix pieds de hau- teur et de cent cinquante pieds de circonférence. Il est creusé in- térieurement d'une cavité de quatre-vingts pieds de circonférence qui occupe un espace de cinq cents pieds carrés. Noyer. 8° Il y avait à Saint-Nicolas , en Lorraine, au rapport de Scam- mozzi (in Evelyn. Syh.,éd. 2 , vol. il, page 186) , une table d'un seul morceau de noyer, qui avait vingt-cinq pieds de largeur sur une longueur et une épaisseur proportionnées. En 1479, l'empe- reur Frédéric III avait donné un repas somptueux sur celle table colossale. On estime que l'arbre qui avait fourni ce bloc pouvait avoir environ 900 ans d'âge. ifs. 9° L'if (Jaxus baccatcî) est un des arbres indigènes qui crois- sent avec le plus de lenteur et arrivent quelquefois à une énorme grosseur. On a estimé que son diamètre n'augmentait pas de plus d'une ligne par année. On peut d'après cela juger de la vétusté de quelques arbres de cette espèce qui ont été mentionnés par les auteurs. Pennanl a mesuré au cimetière de Forheingal, en Ecosse, un if de cinquante-huit pieds et demi de circonférence; ce qui donne un diamètre de 2588 lignes et un nombre d'années à peu près égal. A Braburn, dans le comté de Kent, il y avait en 1660, au rapport d'Evelyn , un if dont la circonférence était de cinquante-huit pieds neuf pouces, ce qui portait le diamètre à 2880 lignes et l'âge à près de trente siècles. De la durée des arbres. lues. Durée des ai- Les arbres placés dans des terrains qui leur conviennent , dans une situation appropriée à leur nature , sont susceptibles de vivre pendant des siècles. Ainsi , l'olivier peut exister pendant trois cents ans; le chêne environ six cents. Les cèdres du Liban pa- raissent en quelque sorte indestructibles. D'après des calculs fort ingénieux, Adanson estime que les baobabs, dont nous venons déparier tout à l'heure, pouvaient avoir environ six mille ans. Dans les arbres dicotylédons , on peut connaître l'âge d'un arbre par le nombre des couches ligneuses qu'il présente sur la coupe trans- versale de son tronc. En effet, comme chaque année il se forme une nouvelle couche de bois, on conçoit qu'un arbre de vingt ans. USAGE DES TIGES ET DES ÉCORCES. 1!*-" 1 par exemple , doit offrir, mais à sa base seulement, vmgl zones concentriques de bois , et ainsi successivement. Usages des tiges et des écorce*. Le bois est employé à tant d'usages variés dans l'économie do- Usages des u pes el des écor- mestique et les arts, il est tellement indispensable à la construction l(S denosbàtimens de terre et de mer, de la plupart de nos machines el de nos instrumens, qu'il n'est aucune partie des végétaux qui puisse lui disputer à cet égard la supériorité. Beaucoup de tiges herbacées sont usitées dans la nourriture de l'homme et des animaux. La tige du saccharum officinarum fournit une grande par- tie du sucre répandu dans le commerce , el qu'on nomme sucre de cannes. Beaucoup de bois sont employés dans la teinture : tels sont le santal, le bois de Campêche, le bois de Brésil, etc. C'est avec les écorces du chêne, et en général avec toutes celles qui renferment une grande quantité de tannin el d'acide gallique, que l'on tanne les cuirs. Sous le rapport des propriétés médicales, les liges, le bois et les écorces occupent un des premiers rangs dans la thérapeutique. Qui ne sait, en effet, qu'à cette classe d'organes se rapportent les quinquinas, la cannelle, l'écorccde Winter, le sassafras, le gayac, et tant d'autres médicamens qui jouissent d'une réputation si bien méritée? Suivant leurs propriétés chimiques les plus remarqua- bles, on peut diviser ainsi les principales écorces et les bois em- ployés en médecine : 1° Ecorces et Bois amers. Le Simarouba (JSvmaroriba Guyaftensig). Le Quassia (Quassia amara). 2° Amers, asiringens el légèrement aromatiques. L'Angusture [Epvdîa febrifuga). Le Quinquina gris (Cinehona Condaminea, llumb. el Bonph PI. équinox.). 19Û j»i:s bourgeons. Le Quinquina rouge (Ctnch&na oblongifolia, Mutis); Le Quinquina jaune (Ginchona cordifolia, Mutis). Le Quinquina orangé (jdnehona lancifolia, Mutis). Le Quinquina blanc (Ctnchona ovalifolia, Mutis). La Cascarille {Croton Cascarilld). 3° Astringens. L'écorce de chêne {Quercus robur). Le Sumac {Rhus coriaria). Le Marronnier d'Inde {/Esculus hippocasfanum). U° Aromatiques. La Cannelle {Laurus Cinnamomum). L'écorce de Winter {Dry mis Winterï). La Cannelle blanche {Cannella albd). Le Sassafras {Laurus Sassafras). Bois et écorce de Gayac (Guaiacum officinale). 5° Acres. Le Garou {Daphne Mezereum). CHAPITRE III. DES BOURGEONS. Bourgeons. Sous le nom général de bourgeons, nous comprenons : 1° les Bourgeons proprement dits ; 2° le Turion; 3° le Bulbe; 4° le Tubercule; 5° les Bulbilles, dont nous allons traiter successive- ment. § 1. Des Bourgeons proprement dits. Les bourgeons proprement dits {gemmai) sont des corps de forme, de nature et d'aspect variés, généralement formés d'écaillés étroitement imbriquées les unes sur les autres, et renfermant dans BOURGEONS PROPREMENT DITS. 197 leur intérieur les nidimens des liges, des branches, des feuilles et des organes de la fructification. Ils se développent toujours sur les branches, dans l'aisselle des feuilles, ou à l'extrémité des rameaux. En général il n'y a qu'un seul boulon à l'aisselle d'une feuille ; plus rarement il y en a deux ou plusieurs. L'abricotier commun est un exemple de cette pluralité de bourgeons à l'aisselle d'une même feuille. Ils sont ovoïdes, coniques ou arrondis, composés d'écaillés superposées les unes sur les autres et imbriquées, souvent couvertes a l'extérieur, dans les arbres de nos climats, d'un enduit visqueux et résineux, et garnis à l'intérieur d'un tissu tomenleux et d'une sorte de bourre destinés à garantir les organes qu'ils renfermenldes ligueurs du froid : aussi n'observe-t-on point d'enveloppe de celle sorte sur les arbres de la zone torride, ni sur ceux qu'on abrite dans nos serres : mais les végétaux exotiques, qui en sont dépourvus, ne peuvent pas en général résister aux froids de nos hivers, et pé- riraient immanquablement si on les y laissait exposés. Si l'on fend longitudinalement un bourgeon, on voit qu'il se Leur structure compose d'un axe central, sur lequel sont attachées et très rappro- chées les unes des autres les jeunes feuilles contenues dans le bourgeon. Cet axe est le rudiment de la jeune branche ou du scion qui résulte du développement du bourgeon, et de son alongemcnl. viendra l'écarlement des feuilles dont les intervalles ou me'ri- thalles étaient d'abord comme confondus. La partie centrale du jeune scion est occupée par un canal médullaire qui communique directement avec celui de la branche sur laquelle le bourgeon s'est développé. Les bourgeons commencent à paraître en été à l'aisselle des Leur appari- feuilles, c'est à dire à l'époque où la végétation est dans son plus grand étal de vigueur et d'activité ; ils portent alors le nom d'yeux. Ils s'accroissent un peu en automne, constituent des boutons, et restent slalionnaires pendant l'hiver. Mais au retour du printemps ils suivent l'impulsion générale communiquée aux autres parties de la plante ; ils se dilatent, se gonflent; leurs écailles s'écartent, et laissent sortir les organes qu'ils protégeaient : c'est alors qu'on les appelle proprement Go;) également masculin nous avons cru devoir lui conserver le même genre en français. DU BULBE. 201 nœuds sont excessivement rapprochés. Dans quelques circon- stances rares, cette tige s'alonge, dans Yalliuni senescens et le lilium caitadense par exemple , et l'on a une sorte de souche souterraine simple ou rameuse analogue à celle des iris. Par sa face supérieure , le plateau ou la tige donne naissance aux écailles et aux feuilles , et par sa face inférieure aux fibres radicales. Ainsi un ognon ou bulbe est la réunion de trois organes distincts : 1° la tige, vulgairement appelée le plateau ; 2° la racine ; 3° le bour- geon composé d'écaillés. Ces écailles sont d'autant plus épaisses, charnues et succulentes , qu'on les observe plus à l'intérieur du bulbe ; les plus extérieures, au contraire, sont sèches, minces et comme papyracées. Tantôt ces écailles sont d'une seule pièce , et s'emboîtent les unes dans les autres , c'est à dire qu'une seule embrasse toute la cir- conférence du bulbe, comme dansl'ognon ordinaire (allium cepo), la jacinthe (Jiyacinthus orienlalis). On les nomme alors bulbes à tuniques (bulbi tunicati). D'autres fois ces écailles sont plus petites, libres par leurs côtés , et ne se recouvrent qu'à la manière des tuiles d'un toit : on dit alors qu'elles sont imbriquées : par exemple > dans le lis {lilium candiduni). Ils consti- tuent dans ce cas les bulbes écailleux (l) ttlbi squammosi , hnbricati). (Fig. XIV.) Enfin quelquefois le plateau est extrême- ment développé , a une forme globuleuse ou déprimée, et les écailles ou gaines des feuilles qui naissent de sa surface externe sont minces et mem- braneuses. C'est à cette sorte de bulbe qu'on a donné le nom de bulbe solide , et qu'on a décrit à tort jusqu'à présent comme formé par les écailles soudées en une masse charnue. Presque tout le bulbe solide est constitué par le plateau très développé. Ex. : sa- fran , (j/aïeul. Les bulbes ont en générai une l'orme ovoïde ou globuleuse; quel- quefois cependant ils sont plus ou moins alongés et comme cylin- dracés, ainsi qu'on l'observe dans quelques espèces d'ail , et en particulier dans le poireau (allium porrwri). Dans le bananier, le bulbe esl nés alongé, cylindrique ei en forme «l< - lige. A tuniques. Imbriques. Soliii< 202 DES TUBERCULES. Le bulbe est tantôt simple, c'est à dire formé d'un seul corps, comme celui de la tulipe , de la scille ; Ou bien il est multiple , c'est à dire que , sous une même enve- loppe , on trouve plusieurs petits bulbes réunis, auxquels on donne le nom de caïeux ; par exemple dans l'ail (allium sativum). Leur mode de L es bulbes, étant les bourgeons de certaines plantes vivaces, reproduction. »■■■■• ,,, , doivent se régénérer chaque année. Mais cette régénération n a pas lieu de la même manière dans toutes les espèces. Quelquefois les nouveaux bulbes naissent au centre même des anciens, comme dans l'ognon ordinaire (allium cepa); d'autres fois de la partie latérale de leur substance , comme dans le colchique , Vomitho- galum minimum , etc. ; ou bien les nouveaux se développent à côté des anciens, comme dans la tulipe , la jacinthe ; ou au dessus d'eux , dans le glaïeul ; ou au dessous , dans un grand nombre d'ixias, etc. A mesure qu'un bulbe pousse la tige qu'il renferme , les écailles extérieures diminuent d'épaisseur, se fanent et finissent par se dessécher entièrement. Elles paraissent donc 'fournir à la jeune tige une partie des matériaux nécessaires à son développement. § k. Des tubercules . Tubercules. Les tubercules (tubercula) sont des tiges souterraines très courtes et charnues, appartenant à certaines plantes vivaces. Ils sont tantôt simples , et ne développent qu'une seule tige , comme dans les orchis ; Tantôt composés , c'est à dire que d'un tubercule simple il sort plusieurs tiges, comme dans la pomme de terre, le topinambour. Les tubercules ou bulbes solides des Orchidées sont quelquefois Fig. XV. ovoïdes, globuleux cl parfaitement entiers, comme dans les orchis DES BULBILLES. 203 marie, militari*, mascula, etc. (Fig. XV.) On dit alors qu'ils sont didy mes ou testicules. L'un de ces tubercules est plus petit , ridé et en partie flétri : c'est lui qui a donné naissance à la tige qui s'est développée ; l'autre , au contraire , est ferme et plus gros , et c'est lui qui renferme dans son intérieur , ainsi que le montre la coupe que nous en figurons ici , le bourgeon qui doit reproduire la tige l'année suivante. D'autres fois ces tubercules sont partagés presque jusqu'au mi- lieu de leur hauteur en digitations plus ou moins nombreuses. Ils sont alors palmés, comme, par exemple, dans Yorchis maculata. Fig. xvi. Quand ces digitations sont très profondes et qu'elles atteignent presque la base de chaque tuber- " cule, on les nomme tubercules digi- tés. Le satyrum albidum nous en a offre un exemple. (Fig. XVI) a, le tubercule qui a produit la lige ; h, le tubercule qui produira une nou- velle tige ; c, le bourgeon de cette nouvelle lige ; d , d, fibres radicales ; e, base de la tige de l'année. § 5. Des Bulbilles. ( )n nomme bulbilles ( hulhilli) des espèces de petits bourgeons BuibiB« solides ou écaillera naissant sur différentes parties de la plante, et qui peuvent avoir une végétation à part , c'est à dire que , déta- chés de la plante-mère, ils se développent et produisent un vé- gétal parfaitement analogue à celui dont ils tirent leur origine. Les plantes qui offrent de semblables bourgeons portent le nom de vivipares {planta 1 vivipares). Ils existent dans l'aisselle des feuilles , comme ceux du lis bulbifère (li/ium bulbiferum) : dans ce cas , ils sont axillaires; D'autres fois ils se développent à la place des fleurs, comme dans ['orniihogahim viviparum, Vallium carinatum, etc. On a dit aussi que les bulbilles pouvaient quelquefois se déve- lopper dans l'intérieur du péricarpe et occuper la place «les graines. Mais nous avons fail voir (./un. des Sciences itat . iv'i '2QU DES BOURGEONS. que ces prétendus bulbilles ne sont autre chose que les véritables graines, qui ont acquis, souvent aux dépens du péricarpe lui- même, un développement extraordinaire. Mais leur organisation intérieure reste absolument la même que celle des véritables graines. La nature des bulbilles est semblable à celles des bulbes pro- prement dits; tantôt ils sont écailleux, comme dans le lilium bul- biferum : tantôt solides et compactes. Les sporuies On doit regarder comme des espèces de bulbilles les petits corps des agames sont . , , , ..„,, , , des espèces de qui se développent dans différentes parties des plantes agames, telles que les Fougères , les Lycopodiacées , les Mousses, les Li- chens , etc., et que l'on a nommés des graines. Quoique ces corps, que nous nommons sporuies, soient susceptibles de reproduire une plante analogue à celle dont ils se sont détachés, on ne peut les confondre avec les véritables graines. En effet , le caractère essentiel de la graine est de renfermer un embryon , c'est à dire un corps complexe de sa nature , composé d'une radicule ou ru- diment des racines , d'une gemmule ou germe de la tige et des feuilles , et d'un corps cotylédonaire. Par l'acte de la germination , l'embryon proprement dit ne fait que développer les parties qui existaient déjà en lui toutes formées. Ce n'est pas la germination qui leur donne naissance; elle ne fait que les mettre dans une circonstance propre à leur accroissement. Dans les bulbilles au contraire , et surtout dans les sporuies des Agames , il n'y a pas d'embryon. Il n'y existe nulle trace de radicule , de cotylédons et de gemmule. C'est la germination qui crée ces parties. Ce ne sont donc pas de véritables graines. Usages des Bourgeons , des Bulbes, etc. Usages des Plusieurs bourgeons sont employés dans l'économie domestique comme alimens : tels sont , par exemple , les turions de l'asperge et de plusieurs aulres plantes de la même famille. Tout le monde connaît l'emploi journalier que l'on fait des différentes espèces du genre allium, telles que l'ognon commun (allium cepa) , l'ail (allium, sativuni), le poireau (allium porruni), l'échalotle (al- liant asca/onicurn), etc. DES FEUILLES. 205 La thérapeutique emploie aussi les bourgeons ou bulbes de quelques végétaux. Ainsi c'est avec les bourgeons de la sapinette (pinuspicea), infusés dans la bière, que se prépare la bière sa- pinette. Les squammes du bulbe de la scille (scilla maritima) sont un puissant diurétique. On l'emploie également comme excitant de l'organe pulmonaire. L'ail , comme on sait, est un ex- cellent anthclmintique. Le colchique est diurétique, etc. C'est avec les tubercules de certaines espèces d'orchis, lavés, blanchis à l'eau bouillante , puis séchés , que l'on prépare le salep. CHAPITRE IV. DES FEUILLES Avant leur entier développement , les feuilles sont toujours renfermées dans les bourgeons. Elles y sont diversement arran- gées les unes à l'égard des autres , mais toujours de la même ma- nière dans toutes les plantes de la même espèce , souvent du même genre , quelquefois même de toute une famille naturelle. Celte disposition des feuilles dans le bourgeon a reçu le nom de préfoliation. On peut souvent en tirer de fort bons caractères pour la coordination des genres en familles naturelles. Les modifications principales des feuilles ainsi disposées, avant leur évolution, sont les suivantes : 1° Elles peuvent être plie'es en longueur, moitié sur moitié, c'est à dire que leur partie latérale gauche est appliquée sur la droite, de manière que leurs bords se correspondent parfaite- ment de chaque côté, comme dans le syringa (jphdladelphus coro?iarius). 2° Elles peuvent être plie'es de haut en has , plusieurs fois sur elles-mêmes , comme dans l'aconit (aconilum napellus). Feuilles. l'réfoliation. 1 Folia, lut. ; pvAÀa, gr. 206 NES FEUILLES. 3° Elles peuvent être plissées , suivant leur longueur, de ma- nière à imiter les plis d'un éventail , comme celles des groseillers, du poirier , etc. h° Les feuilles peuvent être roulées sur elles-mêmes en forme de spirale, comme dans certains figuiers, dans l'abricotier, etc. 5° Leurs bords peuvent être roulés en dehors ou en dessous : telles sont les feuilles du romarin. 6° D'autres fois ils sont roulés en dedans ou en dessus , comme celles du peuplier, du poirier, etc. 7° Enfin les feuilles peuvent être roulées en crosse ou en volute : c'est ce qui a lieu , par exemple, dans toutes les plantes de la fa- mille des Fougères. Etudions maintenant les feuilles quand elles se sont déve- loppées, nifinition. Les Feuilles sont des organes ordinairement membraneux , planes , horizontaux , naissant sur la tige et les rameaux, ou par- tant immédiatement du collet de la racine. Elles présentent toutes les nuances de vert , depuis le plus foncé jusqu'au plus clair. Par les pores nombreux qu'elles présentent à leurs surfaces, les feuilles servent à l'absorption et à l'exhalation des gaz propres ou devenus inutiles à la nutrition du végétal. Les feuilles semblent formées par l'épanouissement d'un fais- ceau de fibres provenant de la tige. Ces fibres, qui sont des vais- seaux , en se ramifiant diversement , et en s'anastomosant entre elles , constituent une sorte de réseau , qui représente en quelque manière le squelette de la feuille , et dont les mailles sont remplies par un tissu cellulaire plus ou moins abondant, qui lire son origine de l'enveloppe herbacée de la tige. Lorsque le faisceau de fibres caulinaires, qui par son épa- nouissement doit constituer la feuille , se divise et se ramifie aussitôt qu'il se sépare de la tige , la feuille lui est alors attachée sans le secours d'aucun support particulier , et est désignée sous le nom de feuille sessile ( folium sessile), comme dans le pavot, pétiole. Si , au contraire , ce faisceau se prolonge avant de se ramifier, il forme alors une espèce de pédicclle, nommé communément queue de la feuille , et auquel on donne , en botanique , le nom de pétiole (petto tus). Dans ce cas , la feuille est dite vétiotée (folium DBS FEUILLES. 207 pe/io/u/um) : par exemple dans le tilleul , le tulipier , le marron- nier d'Inde , etc. Cette disposition étant la plus générale , on peut considérer la , jml)( . feuille comme formée de deux parties , savoir : le pétiole et le dis- que ou limbe, c'est à dire celte partie , le plus souvent plane et verdâtre , qui constitue la feuille proprement dite. De même que le pétiole manque dans un grand nombre de phyiiod.- 01 feuilles , de même aussi le limbe lui-même peut quelquefois avor- P el,ole fol,ace - ter ; la feuille ne se compose alors que du pétiole , qui souvent se dilate et prend la forme elles caractères d'une feuille sessile. C'est ce que l'on observe, par exemple, dans toutes les espèces d'a- cacia à feuilles simples de la Nouvelle-Hollande ; il est même pro- bable que , dans les buplevrum , les feuilles ne sont que des pé- tioles élargis. On a donné à ces pétioles élargis et en quelque sorte transfor- més en feuilles , qu'ils remplacent, le nom de phy Modes (phyl- îodia). Plusieurs espèces d'acacia dans leur jeunesse, et l'acacia lieterophylla surtout, montrent parfaitement cette origine des phyllodes , qu'on voit s'élargir à mesure que les folioles disparais- sent, et se transformer en feuilles. On distingue à la feuille une face supérieure ordinairement plus lisse, plus verte , couverte d'un épidémie plus adhèrent , et offrant moins de pores corticaux; une face inférieure , d'une couleur moins foncée, souvent couverte de poils ou de duvet, dont L'épidémie est plus lâchement uni à la couche herbacée, présen- tant un grand nombre de petites ouvertures nommées stomates ou pores corticaux. C'est surtout par leur face inférieure que les feuil- les absorbent les fluides qui s'exhalent de la terre, ou qui sont répandus et mêlés dans l'atmosphère. On distingue aussi dans la feuille : sa base, ou la partie par la- quelle elle s'attache à la lige ; son sommet, ou le point oppose à la base ; sa circonférence , ou la ligne qui détermine extérieu- rement sa surface. La face inférieure de la feuille est encore remarquable par un Nervures grand nombre de lignes saillantes disposées en divers sens , qui ne sont que des divisions du pétiole, <-t qu'on appelle nervure* nervi). 208 DES FEUILLES. Parmi les nervures , il en est une qui offre une disposition presque constante. Elle fait suite au pétiole, offre ordinaire- ment une direction longitudinale , et divise la feuille en deux parties latérales assez souvent égales entre elles. Elle a reçu le nom de côte ou nervure médiane. C'est de sa base et de ses par- lies latérales que partent en différens sens , et en s'anastomosant entre elles , les autres nervures. Suivant leur , épaisseur et la saillie qu'elles forment à la face inférieure de la feuille, les nervures prennent différens noms. Elles conservent celui de nervures proprement dites (iiervi) quand elles sont saillantes et très prononcées ; on les appelle vei- nes (vence), lorsqu'elles le sont moins; enfin, les dernières ra- mifications des veines , qui s'anastomosent fréquemment , et con- stituent , à proprement parler, le réseau de la feuille, sont appelées veinules (ventilée). Les nervures, malgré la ressemblance de leur nom , n'ont au- cune analogie de structure ou d'usage avec les nerfs des animaux. Ce sont des faisceaux de vaisseaux ponctués, de trachées et de fausses trachées, enveloppés d'une certaine quantité de tissu cellulaire. Quelquefois les nervures se prolongent au delà de la circonfé- rence du disque de la feuille , et forment alors , quand elles ont une certaine rigidité , des épines plus ou moins acérées , comme on le voit, par exemple , dans le houx (ilex aquifolimn). Leur disposi- La disposition des nervures sur les feuilles mérite la plus grande li0 "- attention. En effet, elle peut servir à caractériser certaines divi- sions des végétaux. Ainsi , par exemple , dans la plupart des Mo- nocotylédons , les nervures sont presque toujours simples , peu ramifiées, et souvent parallèles entre elles '.Dans les Dicotylédons, elles peuvent offrir cette disposition; mais elles sont le plus fré- quemment très ramifiées et anastomosées entre elles. On peut rapporter aux suivantes les variétés les plus remar- quables de la disposition des nervures : 1° Les nervures peuvent partir toutes de la base de la feuille, 1 Les Aroïdécs et certaines Asparaginées font exception à cette règle presque constante. TïiiS FEUILLKS. 209 et se diriger vers son sommet, sans éprouver de division sensible : par exemple , dans un grand nombre de plantes monocotylé- donées. Les feuilles qui présentent une semblable disposition sont ap- pelées feuilles basinerves ou digitiner'ves (folia basinervia, di- gitinervid). 2° Quand , au contraire , les nervures naissent des côtés de la nervure médiane , et se dirigent, soit horizontalement, comme dans le bananier {musa paradisiaca), soit obliquement vers son sommet, comme dans X Amo muni zerumbet,les feuilles prennent le nom de lale'rinerves ou pe nninerves (folia laterinervia, pen- ni nervi à). 3° Si les nervures naissent à la fois de la base et des parties la- térales de la nervure médiane, les feuilles sont dites alors mixti- nerves (folia mi.rtinervia), comme on l'observe dans beaucoup de Nerpruns. h" Quelquefois les nervures partent toutes en divergeant du centre de la feuille vers la circonférence , on dit alors que les feuilles sont pcltinerves (folia peltinervia) ; par exemple dans f écuelle d'eau (hydroeotyle vulgaris), la capucine, etc. Toutes les autres dispositions que les nervures des feuilles sont susceptibles d'offrir peuvent se rapporter à quelqu'un des types principaux que nous venons d'établir , ou n'en sont que de légères modifications. Une feuille , sessile ou pétiolée , peut être fixée de différentes M ." lle , da(| - r 7 l nexioii de la manières à la tige ou aux branches qui la supportent. Quelquefois feuille* la lige, elle y est simplement articulé r e, c'est à dire qu'elle ne fait pas im- médiatement corps avec elles par toute sa base, mais y est simple- ment fixée par une sorte de rétrécissement ou d'articulation , comme dans le platane, le marronnier d'Inde. Ces feuilles sont alors caduques, et tombent de très bonne heure. D'autres fois la feuille est tellement unie à la lige, qu'elle ne peut s'en séparer sans déchirure. Dans ce cas, ces feuilles persistent aussi long-temps que les brauchesqui les supportent, comme dans le lierre , etc. La manière dont les feuilles sessiles sont attachées à la tige mérite également d'être étudiée. 1': L'10 DES FEUILLES. Ainsi , quelquefois la nervure médiane s'élargit , et embrasse la lige dans environ la moitié de sa circonférence. Les feuilles sont alors appelées semi-amplexicaules (folia semi-amplexicaulia). On dit au contraire de la feuille qu'elle est aviplexicaule (folia jn amplexicaule) quand elle embrasse la lige dans loute sa circon- férence : par exemple dans le salsifis sauvage (fragopogon pra- tense), le pavot blanc (papaver sûmmferunï), etc. Souvent encore la base de la feuille se prolonge en formant une gaîne qui circonscrit entièrement la tige et l'enveloppe dans une certaine longueur. Dans ce cas , ces feuilles sont nommées en- gainantes (folia vaginantia), comme dans les Graminées , les Cypéracécs , etc. Cette gaîne peut être regardée comme un pé- tiole très élargi, dont les deux bords se sont quelquefois soudés pour former une espèce de tube. Le point de réunion du limbe de la feuille et de la gaîne a reçu le nom de collet. Tantôt il est nu, tantôt garni de poils , comme dans le pua pi/osa, ou d'un petit appendice membraneux nommé ligule ou collure : c'est ce que l'on observe principalement dans les Graminées. La forme de la ligule est très variée dans les différentes espèces , et fort souvent elle est employée comme un bon caractère spécifique. La gaîne est ordinairement entière,- d'autres fois elle est fendue longiludinalemenl : ce caractère distingue, à très peu d'exceptions près , la famille des Graminées de celle de Cypéracées ; les pre- mières ayant , en général , la gaîne fendue , tandis qu'elle est en- tière dans les Cypéracées. Quelquefois le limbe de la feuille , au lieu de se terminer à son point d'origine sur la lige, se prolonge plus ou moins bas sur cet organe , où il forme des espèces d'ailes membraneuses. Dans ce cas, les feuilles sont (Mies décurrentex {folia decurrentià), el la tige est appelée ailée (caulis alatus), comme dans le bouillon- blanc (rerhaseuni iliapsus), la grande consolide (sympïnjlanr officinale), etc. **& XYM On nomme feuille per foliée (Joli u m perfolialum) (Fig. XVII) celle dont le disque est en quelque sorte traversé par la tige, comme dans le buphurumro- tundi/oliuni, etc. posée. DES FEUILLES. 211 Fi ? xvm On a donné le nom do feuilles ^— -^ conne'es ou conjointes (fol in con - /' nntn, coadnntd) (Fig. XVIII) %^ . / aux leudlcs opposées qui se reu- vf "^-Sës^ Missent ensemble par leur base, m de manière que la lige passe au milieu de leurs limbes soudés; telles sont les feuilles supérieures du chèvrefeuille (lonicera ea- prifolium), celles du chardon à foulon (dipsneus fullonum) , de la saponaire (saponaria officinalis). On appelle feuille simple (folium simplex) celle ilonl\c pétiole Feuille simple, n'offre aucune division sensible , et dont le limbe est formé d'une seule et même pièce : par exemple, le lilas, le tilleul , l'orme, etc. La feuille composée, au contraire (folium composition), ré-- Feuille com- sulte de l'assemblage d'un nombre plus ou moins considérable de petites feuilles isolées et distinctes les unes des autres , qu'on ap- pelle folioles, toutes fixées ou réunies sur les parties latérales, ou au sommet d'un pétiole commun, qui, dans le premier cas, porte le nom de rnchis. Chaque foliole peut être sessile sur le ruchis, c'est à dire attachée par la base seulement de sa nervure moyenne; ou bien elle peut être portée sur un peut pétiole particulier, qui prend le nom dcpétiolule . telles sont les feuilles de l'acacia, du marronnier d'Inde, etc. On distingue les feuilles composées en urticulées et en non ar- ticulées. Les premières sont celles dont les folioles sont fixées au pédale commun au moyen d'une sorte d'articulation susceptible de mobilité, comme on l'observe dans l'acacia, les casses, et en gé- néral dans la plupart des plantes de la famille des Légumineuses. Ce sont les seules dans lesquelles ait lieu le phénomène que Lin- Njeus désigne sous le nom de sommeil des feuilles, les autres, qui Boni privées d'articulations, ne le présentant pas. Entre la feuille situ pic et la feuille composée, il existe une série de modifications qui servent en quelque sorte à établir le passage insensible de l'une à l'autre. Ainsi, il y a d'abord des feuilles den- h'e.s ■ d'autres qui sont divisées jusqu'à la moitié de leur profon- deur en lobes distincts ; d'autres enfin doiil les incisions pan ieu - iimi presque jusqu'à la nervu re médiam , el simulent ainsi une 212 DES FEUILLES. feuille composée. Mais il sera toujours facile de les bien distin- guer de la feuille vraiment composée , en remarquant que dans celle-ci on pourra détacher chacune des pièces dont elle est for- mée sans endommager aucunement les autres ; tandis que dans une feuille simple, quelque profondément divisée qu'elle soit , la partie foliacée , ou le limbe de chaque division , se continue à sa base avec les divisions voisines, en sorte qu'on ne peut en sépa- rer une sans déchirer les deux autres, entre lesquellesellese trouve placée '. Toutes les feuilles d'une plante ne présentent pas toujours une figure parfaitement semblable. Il y a même à cet égard, dans cer- tains végétaux , une différence des plus marquées. Ainsi , tout le monde a dû observer que le lierre (Jiedera hel/'.r), le mûrier à papier, etc., offrent des feuilles entières, et d'autres qui sont pro- fondément lobées. En général, les plantes qui ont des feuilles par- tant immédiatement de la racine, et d'autres naissant des différens points de la tige, les ont rarement semblables. La valériane phu a les feuilles radicales découpées latéralement , tandis que les feuilles de sa tige sont entières. Les feuilles varient encore suivant le milieu dans lequel elles végètent. Les plantes aquatiques ont ordinairement deux espèces de feuilles; les unes nageant à la surface de l'eau, ou un peu éle- vées au dessus de son niveau ; les autres, au contraire, constam- ment plongées dans ce liquide. Ainsi, par exemple, la renoncule aquatique (ranunculns aqu-atilis) a des feuilles lobées qui sur- nagent, et des feuilles divisées en lanières extrêmement étroites et très nombreuses , plongées dans l'eau. Il en est de même d'un grand nombre d'autres plantes analogues. Nous allons considérer maintenant les nombreuses modifica lions de figure , de direction , de nature , etc. , que peuvent pré- senter la feuille simple et la feuille composée. 1 On peut encore reconnaître une feuille composée en ce que chacune de si folioles a une base rétréeie, et ne s'attache au rachis que par sa nervure moyenne ou le pétiole qui le continue; tandis qu'une feuille simple, même profondément divisée» s'y attache toujours par une portion pins ou moins larije de sa partie foliacée. DLS FEUILLES. 21 o § I. De la feuille simple. ./. Relativement au lieu d'où elles naissent, les feuilles sont : D'où elles nais- sent. 1° Séminales (folia seminaiia), quand elles sont formées par le développement du corps cotylédonaire. D'après cela, on voit. qu'il peut en exister une ou deux , très rarement un plus grand nombre. 2° Primordiales (fol. primordialia) : ce sont les premières qui se développent après les feuilles séminales. Elles sont formées par les deux folioles extérieures de la gemmule. 3° Radicales (fol. radioalia); celles qui naissent immédiate- ment du collet delà racine, comme dans le plantain (plantago major), le pissenlit (taraxacum dens leonis), etc. h° Caulinaires (fol. eaulinaria), celles qui sont fixées sur la lige. 5° Jiamaires (fol. ramealia, rameà), quand elles naissent sur les rameaux. 6° Florales (fol. floralia); celles qui accompagnent les fleurs et sont placées à leur base, mais qui n'ont pas changé de forme ni de nature, comme dansle chèvre-feuille. Quand les feuilles florales diffèrent beaucoup des autres feuilles, elles portent alors le nom de bractées. Nous parlerons bientôt des bractées, en traitant des or- ganes floraux. B. Suivant leur disposition sur la lige ou les rameaux, elles Leur disposi- tion, sont : 1° Opposées (fol. oppôsita), disposées une à une à la même hau- teur sur deux points diamétralement opposés de la tige, connue dans la sauge (salvia officinalis), et toutes les Labiées, la véro- nique (veronica officinalis), le lilas, etc. On dit des feuilles qu'elles sont opposées en croix (crudatim opposita, s. decussatd), quand les paires de feuilles superposées se croisent de manière à former des angles droits, comme dans répurge (euphorbia lathyris). 2° Verticillées (fol. verticillata), lorsqu'elles naissent plus de deux à la même hauteur , autour de la tige, ou sur les rameaux, comme dansle laurier-rose (nerium oleander\ la garance (ru- hia tinclorum . etc. 214 DES FEUILLES. Suivant le nombre des feuilles qui forment chaque verticille, on dit qu'elles sont : Ternc'es (fol. terna), quand le vcrtieille est formé de trois feuil- les , comme dans la verveine à odeur de citron (verbena triphrjl- /«), le laurier-rose, etc. Quaternées (fol. quatema), quand le verticille est composé de quatre feuilles : par exemple dans la croisette (valantia cru- ciata). Quittées (fol. quitui), verticille de cinq feuilles : plusieurs caille-laits, le myriophyllum verticillatum. Senées (fol. send), verticille de six feuilles, comme dans le ga- lium uliginosum. Octonées (fol. octona), verticille de huit feuilles : par exemple celle de l'aspérule odorante (asperula odoratd). 8° Alternes (fol. alterna), naissant, seule à seule , en échelons et à des distances à peu près égales, sur différens points de la tige, comme dans le tilleul (tilia europœa). U° Eparses (fol. sparsa), quand elles n'affectent aucune dispo- sition régulière, et qu'elles sont en quelque sorte dispersées sans ordre sur la tige, comme dans la linaire (linaria vulgaris), etc. Il ne faut pas croire cependant que, comme semble l'indiquer le nom ft eparses , les feuilles ainsi disposées n'offrent aucune régu- larité dans leur position. Grew, et plusieurs autres botanistes très anciens, mais surtout Bonnet , avaient déjà fait remarquer que les feuilles alternes ou éparses n'étaient que des feuilles disposées en spirale autour de la tige ; de telle sorte que dans le plus grand nombre des cas, en suivant les feuilles superposées sur une lige, on voit que la cinquième correspond à la première, la sixième à la seconde, et ainsi de suite. D'où il résulte que chaque spirale se compose de cinq feuilles. On a aussi donné, à cette disposition quinaire des feuilles qui est la plus fréquente , le nom de feuilles en quinconce. Quelquefois cependant les feuilles sont disposées de telle sorte que la troisième se trouve naître au dessus de la première, la qua- trième au dessus de la seconde. Dans ce cas, les feuilles sont ré- gulièrement disposées de chaque eolé de la lige , et un les nomme feuilles distiques , comme dans l'orme. DES FEUILLES. 515 Il arrive au contraire que dans d'antres végétaux la spirale se compose d'un nombre plus considérable de feuilles. Ainsi , quel- quefois, chaque spirale exige six, sept, huit, et même un bien plus grand nombre de feuilles pour être complétée. Nous devons également faire remarquer que dans certains vé- gétaux plusieurs spirales marchent parallèlement les unes à côté des autres , comme dans le pandanus , par exemple , qui en offre trois. M. le docteur Braun a publié (Nov. act. nat. curios., Bonn, XV, page 197) un travail très curieux et très étendu sur celte dis- position spirale non seulement des feuilles sur la tige, mais des écailles qui composent les involucres, les cônes des pins et des sa- pins , etc. , écailles qui ne sont que des feuilles modifiées , comme nous le montrerons plus tard. Un extrait de ce mémoire , par 31. Marlins, a été imprimé dans les archives de botanique (an- née 1833). Il est important , comme le remarque M. Braun , non seulement d'observer de combien de feuilles la spirale complète se compose , c'est à dire quel est le rang dans la spire ascendante de la feuille qui correspond à la première , mais encore de déter- miner combien de fois les feuilles intermédiaires, entre la pre- mière et la dernière, font le tour complet de la lige. Pour éclairer ce point, prenons pour exemple la disposition la plus fréquente, la disposition quinconciale , celle dans laquelle la sixième feuille correspond à la première. Dans ce cas, les quatre feuilles inter- médiaires pourraient être disposées de manière à ne faire qu'un seul tour en hélice autour de la lige , ou en faire deux ou même trois, selon que la spire monterait plus ou moins rapidement. Ces différences sont importantes el ont besoin d'être notées. M. Braun les exprime eu combinant deux nombres, le premier indiquant le nombre de tours de la lige pour se compléter , et le second le nombre des feuilles qui composent la spire. Ainsi 2/5 exprime la disposition quinconciale dans laquelle la spire se compose de cinq feuilles . taisant deux fois le tour de la lige pour se com- pléter; 1/2 esi la disposition distique dans laquelle la spire se compose de deux feuilles formant un seul cercle autour de la lige. En poursuivant ce genre de recherches, on peut arriver a des ■2lù DES FEUILL1 S. nombres assez compliqués, mais qui sont d'autant moins con- slans qu'ils s'élèvent davantage. Ainsi 3/8 est une disposition en- core assez fréquente; c'est celle du lis, du laurier, etc. 8/21 est plus rare; c'est celle des écailles du sapin, ahies taxifolia 21/55 s'observe dans les écailles du cône dupinus pinaster. Cette disposition spirale des feuilles sur la lige paraît avoir pour objet de permettre que toutes les feuilles soient exposées à l'action directe de la lumière solaire, qui exerce, comme on sait, une si grande influence dans les phénomènes de la nutrition. 5° Géminées (fol. gemina), naissant deux à deux, l'une à côté de l'autre , du même point de la lige. Les feuilles supérieures de la belladone (atropa belladona) , de l'alkékenge (Physaliê alkek&ngt). 6° Distiques (fol. disticha), disposées sur deux rangs opposés l'un à l'autre, comme dans l'orme. 7° Unilatérales (fol. unilateralia) , quand elles sont toui- llées toutes d'un seul et même côté; par exemple* le convallaria multiflora, etc. 8° Ecartées (fol. remota) , quand elles sont très éloignées les unes des autres. 9° Rapprochées (fol. approximata, conferta), naissant à une très petite distance les unes des autres. (Ces deux expressions ne s'emploient jamais isolément; elles servent toujours à exprimer une comparaison avec d'autres es- pèces connues.) 10° Imbriquées (fol. imbricata), quand elles se recouvrent en partie , à la manière des tuiles d'un toit , comme dans certaines espèces d'aloès, les thuya, etc. On dit des feuilles imbriquées qu'elles sont bisériées , quand elles sont disposées sur deux lignes longitudinales. Trisériées (fol. triseriata), disposées sur trois rangées longi- tudinales. Quadrisériées (fol. quadriseriata), formant quatre séries lon- gitudinales ; telles sont celles du thuya. Enfin on dit qu'elles sont imbriquées de tous côtés , quand elles n'offrent aucun ordre régulier. 11° Fasciculées fol. faseiculata) , naissant plus de deux en- DES FEUILLES. 217 semble du même point de la tige, comme dans le cerisier (oerasus communis), lemélèsc (larix vulgaris), Vépiner-yinelle (berberis vu/garis) , etc. Le plus souvent les feuilles fascieulées sont pro- duites par un rameau qui ne s'est pas alongé. 12° Couronnantes {fol. coronantia, terminantia) , réunies en forme de bouquet, au sommet de la tige, comme dans les Palmiers, le papayer (carica papa y a). 13° Roselées ou en rosette (fol. rosellata) , alternes et rappro- chées en forme de rosace, comme dans la joubarbe (sempervivuni tectorum), le pissenlit, etc. C. Quant à leur direction relativement à la tige, les feuilles sont : 1" Dressées (fol. erectd) , formant un angle très aigu avec la partie supérieure de la tige, comme dans la masselle (typha lo- ti fol i à). 2° opprimées (fol. adpressa) , quand le limbe de la feuille est appliqué contre la lige. 3° Étalées ou ouvertes (patentia) , quand elles forment avec la tige un angle presque droit , comme dans le lierre terrestre (glechoma hederacea) , l'androsème (hypericuni androsœ- muni), etc. U° Infléchies (fol. inflexa), quand elles sont fléchies en de- dans , comme celles de plusieurs Malvacées. 5° Involute'es (fol. involuta), lorsq